mercredi , 28 juillet 2021

Divided States…et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force…(Le Coran 8 :46)

Les Etats-Unis sont destinés d’être, selon Abraham Lincoln, le pays du gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Il doit être le plus influent au monde politiquement, économiquement, technologiquement et culturellement. C’est la seule superpuissance suite à la chute du mur de Berlin. Militairement, personne ne peut rivaliser avec les USA sur terre, en mer et dans les airs aux quatre coins de la planète. Certes, la géopolitique évolue avec l’émergence de nouvelles forces mais le rêve américain demeure convoité, synonyme du ‘ tout est possible’. Avec Donald Trump, il a été prouvé que, vraiment, rien n’est impossible. Pour le meilleur comme pour le pire.

L’élection en 2016 de Trump avait été une surprise, mais vite les causes de la défaite d’Hilary Clinton devenaient évidentes. Il y avait aussi les multiples engagements non-tenus par le prédécesseur de Trump, Barack Obama. Pourtant, celui-ci reçut, aussitôt installé à la Maison Blanche, le prix Nobel, sans avoir rien accompli de concret. L’élection en 2020 de son vice-Président d’alors, Joe Biden, fera-t-elle de Trump une simple parenthèse de l’histoire ? Rien de la sorte, semble-t-il…

Perdre pour gagner

Quelque 10 millions personnes de plus ont voté en 2020 pour Trump qu’en 2016. Il est la personnalité politique le plus admirée aux USA, devançant Obama et Biden. Certes, il a perdu les présidentielles, mais sauf des exceptions, le camp Républicain s’est rallié derrière lui très majoritairement alors qu’il n’est pas l’un des leurs fidèles. Il restera dans l’histoire comme le seul Président soumis à deux exercices de destitution, mais aussi le seul qui les aurait survécus.

Avec un bilan économique loin d’être catastrophique, il a tenu bon pendant tout son mandat. Un vrai exploit, car en face il n’y avait pas seulement des Démocrates, les uns plus acharnés que les autres, mais aussi des média vouées à s’opposer à sa personne comme à sa politique. Au niveau international, des adversaires de taille l’attendaient tant sur le champ diplomatique que commercial. Avec Modi ou Netanyahu comme seuls proches, et une drôle d’entente avec le dirigeant totalitaire nord-coréen Kim Jung-un, Trump n’a pas plié, défiant tout sur son passage. Rejetant l’accord de Paris sur le climat, celui sur le nucléaire avec l’Iran, le droit international comme sur le cas des Chagos ou la question palestinienne, il est allé jusqu’à faire avaler au monde un plan de paix pour ces derniers, sans ces derniers.

Si certains pensent qu’il aurait été réélu sans l’arrivée de ce qu’il a appelé le ‘virus chinois’, n’empêche que ce qui est extraordinaire avec Trump est le fait qu’il est resté le même, jusqu’au bout fidèle à lui-même. Assez réfractaire à ce qui est logique, refusant souvent ce qui est conforme au bon sens, adepte régulier de la contradiction et sans grande affection, voire respect, pour ceux qui ne se courbent pas devant ses caprices, il a quand même bien occupé le Bureau Oval pendant quatre ans. Le miracle est qu’il l’a fait en y étant beaucoup plus rarement que le temps passé sur les terrains de golf ou devant son écran de télé. Il a fait de ses tweets des discours politiques prenant de court ses opposants, mais aussi ses collaborateurs parmi lesquels nombreux ont été limogés, souvent avec beaucoup de bruits.

Trumpisme

Le dernier coup en date de Trump, sans doute pas son dernier tout court, a mené indirectement, sinon directement selon certains, à la prise d’assaut du Capitole, le temple de la démocratie américaine. Mais ce qu’il a surtout brillamment accompli, au-delà de sa défaite aux présidentielles, c’est la division des Etats-Unis. Nous savions que les démocrates n’allaient lui faire aucun cadeau après l’invasion du Capitole, mais la façon qu’ils veulent le faire partir souligne toute la déchirure d’une nation.

Hier, il y avait une fracture bipartisane qui était surtout idéologique. Aujourd’hui, il y a un fanatisme primaire qui appelle à la haine des noirs, des musulmans ou des étrangers et incite une frange de la population blanche qui souffre financièrement. Demain, il n’y aura plus de Trump, mais le ‘trumpisme’ sera toujours là. Pour rester au pouvoir, un trumpiste n’a pas besoin d’une majorité car, souvent, un tiers de la population suffit. Au fait, il ne lui faudra surtout pas une majorité afin que la division fasse son affaire.

Est-ce si bizarre que certains dirigeants proches de Trump, comme Modi et Netanyahu, se donnent aussi à une forme de trumpisme depuis longtemps? Soyons vigilants car c’est si facile de voir des pays scindés en deux entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Il ne s’agit pas de plaire ou de déplaire à un camp ou l’autre. Encore moins de rester neutres. Quand le fanatisme s’installe et les gens oublient leurs principes pour se laisser emporter par des considérations purement partisanes, il faut qu’une communauté se lève pour ordonner le bien, interdire le mal et rappeler la foi en Dieu.

Contre le trumpisme, l’anti-trumpisme n’est pas la solution, quel que soit l’endroit au monde. Il faut des gens qui sont sur un juste milieu, la voie de l’équilibre et non celle qui annule un extrême par un autre. Il ne faut surtout pas saisir l’occasion pour devenir opportuniste, semer la zizanie ou jeter de l’huile sur le feu. Consciemment, personne ne pense le faire, mais faisons attention au piège de l’instrumentalisation inconsciente.

Il faut construire, concilier et apaiser afin ne pas provoquer des divisions irréversibles. Sans jamais accepter d’être parmi les injustes, il faut aussi apprendre à pardonner, à faire preuve de générosité et à s’élever dans l’amour de notre prochain au-delà de la petitesse du monde matériel. L’ère post-COVID ne sera pas mieux aux Etats-Unis, et ailleurs, parce que Trump n’est plus à la Maison Blanche. Mais parce que nous ne ferons pas d’IN GOD WE TRUST seulement une devise.

Par DR KHALIL ELAHEE

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