samedi , 11 juillet 2020
Ibrahim Koodoruth et Ghirish Bucktowarsingh
Ibrahim Koodoruth et Ghirish Bucktowarsingh

Budget de «solidarité et de partage» : les avis divergent

Un budget de « solidarité et de partage ». Tels sont les mots utilisés par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour qualifier le Budget présenté le jeudi 4 juin par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy. Des propos qui ne font toutefois pas l’unanimité. Ibrahim Koodoruth, sociologue, et Ghirish Bucktowarsingh, activiste social, nous livrent leur point de vue.

Ibrahim Koodoruth : «On ne peut pas encourager l’assistanat»

Ibrahim Koodiruth est d’avis que le plus gros défi du Budget, soit la préservation de l’emploi, n’a pas été adressé. Il juge d’ailleurs plusieurs mesures contradictoires. Il estime qu’il n’y a rien comme mesure pour soutenir les « self employed ». Or, il est d’avis qu’une crise sociale, si elle a lieu, est plus à même de venir de cette tranche de la population. « Ce budget prévoit une allocation chômage. Mais pour combien de temps ? Une personne se sent ‘normal’ lorsqu’il a un travail. On ne peut pas encourager l’assistanat », dit-il. Dans cette optique, il est d’avis que la main d’œuvre locale doit être privilégiée pour le secteur de la construction à Maurice. « Cela permettra à ceux qui ont perdu leur emploi d’en trouver un, en leur donnant les formations nécessaires. On dit que les Mauriciens ne veulent pas faire de travaux manuels. Mais kan pena manzé ek vent pe crié, li pa pu travay ? » demande-t-il.

Aussi, le sociologue est d’avis qu’il faut protéger le secteur du tourisme à travers le tourisme interne en permettant, par exemple, aux Mauriciens d’aller séjourner dans les hôtels à des prix abordables. « Ce qui permettrait une fois de plus de sauvegarder l’emploi de ceux qui sont déjà dans le secteur », dit-il. Selon lui, ce n’est pas en permettant aux hôteliers de vendre des villas que l’emploi sera préservé.

Ghirish Bucktowarsingh : «Des mesures importantes»

L’activiste social et ancien président du MACOSS, Ghirish Bucktowarsing, estime que ce budget comporte « des mesures importantes ». Le défi, dit-il, réside cependant dans leur implémentation. Il cite en exemple la mesure visant à construire 12 000 logement sociaux, avec une subvention de l’État jusqu’à 80% du prix du logement. Il revient aussi sur les mesures fiscales visant à imposer les riches. Tout en se disant favorable à cette idée, il est toutefois d’avis que la taxe aurait dû être progressive. « Dans le fond, c’est bien, car on taxe plus ceux qui perçoivent plus. Mais dans la forme, il faudrait peut-être revoir le système de sorte à ce que ça soit progressif », souligne-t-il.

La réforme sur le paiement de la pension est aussi considérée comme une mesure importante par Ghirish Bucktowarsingh. «  C’est connu que dans sa forme actuelle, le paiement de la pension n’était pas soutenable. À un moment ou un autre, il aurait fallu y pencher. Avec la Contribution Sociale Généralisé, ceux qui perçoivent plus devront contribuer plus. Ce qui est une bonne chose », dit-il. Il suggère cependant que la pension de vieillesse doit être éligible à partir de 65 ans. Enfin, il se réjouit que les chômeurs puissent percevoir une allocation pour éviter, dit-il, une crise sociale. « Il faut garantir un minimum aux plus méritants, soit à ceux qui se sont retrouvés à zéro à cause de la Covid-19 », déclare-t-il.

Quelques mesures de solidarité

Le ministre des Finances a annoncé que le gouvernement allait préserver :

  • Le Basic Retirement Pension (BRP) à partir de 60 ans;
  • Le salaire minimum;
  • Le bonus de fin d’année;
  • La subvention sur les frais d’examens pour le SC et le HSC
  • Le prix du gaz ménager passe de Rs 210 à Rs 180.
  • Une prime de Rs 15 000 aux « Frontliners » – policiers et personnels hospitaliers.
  • Une allocation aux chômeurs techniques d’un montant Rs 5100 par mois pour les prochains 6 mois.

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