samedi , 11 juillet 2020

Budget 2020-2021 : vers une vraie relance du secteur des PME

Le Budget 2020-21 a fait la part belle aux petites et moyennes entreprises (PME) avec une série de mesures d’accompagnement et d’encadrement à leur intention. Cela concerne la promotion des produits locaux ainsi que des emprunts à des taux préférentiels.

En annonçant une pléiade de mesures autour des prêts aux PME, le ministre des Finances a mis fin à un gros problème auquel sont souvent confrontés les entrepreneurs : l’accès au financement. Ainsi, les petites et moyennes entreprises (PME) dont les chiffres d’affaires tournent autour de Rs 10 millions pourront obtenir des emprunts à un taux préférentiel de 0,5 % par an. Aussi, la Development Bank of Mauritius (DBM) disposera de Rs 10 milliards pour venir en aide aux PME et aux sociétés coopératives en difficulté. La DBM fournira des facilités de prêt aux opérateurs de taxi basés dans les hôtels.

Concernant la production locale, la subvention one-off, dont bénéficient les entreprises pour la certification sous le label Made in Moris, passe de Rs 5 000 à un montant maximal de Rs 50 000. Les PME détenant le label Made in Moris bénéficieront d’une marge de préférence de 40 % au lieu de 30 % dans le cadre des marchés publics (Public Procurements). Aussi, le Procurement Policy Office exigera des organismes publics qu’ils achètent des biens et des services spécifiques aux PME uniquement. Autre mesure phare : les organismes publics paieront les PME dans les 14 jours à compter de la date des factures relatives à la fourniture de biens et de services.

Le Budget 2020-21 a aussi mis l’emphase sur l’innovation pour les PME. De ce fait, un fonds pour la technologie et l’innovation (Technology and Innovation Fund) sera créé. Il permettra d’investir jusqu’à Rs 2 millions en fonds propres (equity) dans des projets recommandés par le Mauritius Research and Innovation Council.

Par ailleurs, dans un élan de promouvoir une culture d’entrepreneuriat auprès des étudiants d’universités, la DBM intensifiera son concours Campus Entrepreneur Challenge. Les 10 meilleurs projets seront financés à un taux concessionnel de 0,5  % par an pour un montant pouvant atteindre Rs 500 000 chacun.

Autres mesures pour aider les PME :

  • Pour faciliter la trésorerie des PME, l’élargissement de l’accès aux facilités d’affacturage à travers la MauBank est encouragé.
  • L’ISP Ltd subventionnera 50 % des frais d’affacturage par facture pour les PME.
  • Les PME et les coopératives recevront une subvention de 15 % sur le coût des actifs jusqu’à un maximum de Rs 150 000 sous le DBM Enterprise Modernisation Scheme.
  • Pour stimuler la production locale, le Cooperatives Development Fund accordera une subvention pouvant atteindre Rs 50 000 aux sociétés coopératives pour :
  • l’achat de bétail et ;
  • l’acquisition d’équipements destinés à la production de denrées alimentaires.

Sunil Bholah, ministre des PME : «Jamais autant n’a été fait pour les PME»

Pour le ministre du Développement Industriel, des PME et des Coopérative, Sunil Bholah, ce Budget vient résoudre deux problèmes majeurs des PME : le marché et le financement. « Jamais autant n’a été fait pour les PME dans un Budget », déclare d’emblée le ministre Bholah. Il juge « très bien » la mesure qui vise à réserver 10% des rayons des supermarchés aux produits locaux ou l’obligation des ‘public bodies’ à faire certains de leurs achats auprès des entreprises locales. « Sans compter que le paiement doit se faire dans un délai de 14 jours. Une aubaine pour les PME qui font souvent face à des problèmes de liquidité », dit-il.

Cela dit, le ministre des PME et des Coopératives demande aux entrepreneurs locaux de s’assurer que leurs produits soient de qualité et qu’ils fournissent un bon service clientèle. Les emballages seraient tout aussi important, selon lui, afin que les produits soient plus attrayantS et trouvent ainsi preneurs plus facilement. Le ministre se réjouit aussi que la DBM ait obtenu une enveloppe de Rs 10 milliards pour venir en aide aux PME. Plus généralement, le ministre Sunil Bholah souligne que le Budget a été préparé dans un contexte particulier. « Il faut avouer que le gouvernement n’avait pas beaucoup de marge de manœuvre, car l’économie est, pour ainsi dire, à genoux », dit-il.

Tariq Sohawon, entrepreneur : «Il faut taxer davantage les produits importés»

Bien qu’il qualifie le Budget d’ « équilibré », le directeur de Polytol Paints Ltd, Tariq Sohawon, est cependant d’avis que celui-ci manque de mesures pour protéger la production locale. Selon lui, étant donné que le pays vient tout juste de sortir d’une crise sanitaire qui a grandement impacté notre économie, il est donc plus logique de la soutenir avant de la développer. Il se désole cependant que le budget n’ait pas fait plus de provision pour la protection des produits fabriqués localement face à ceux qui sont importés. Quelque chose qui aurait pu être fait, selon lui, à travers l’implémentation des Tax barriers. « Il faut taxer davantage les produits importés dits sensibles si nous voulons promouvoir la production locale. Il faut, par la même occasion, décourager les compétiteurs étrangers de venir inonder notre marché avec leurs produits », dit-il.

Tariq Sohawon est d’avis qu’en protégeant les entreprises locales, cela permet aussi de sauvegarder les emplois, « surtout en cette période de pandémie ». Au cas contraire, dit-il, les compagnies locales seront appelées à fermer, causant des pertes d’emplois au passage. Pour ce qui est de la peinture pour les bâtiments, secteur d’activité de Polytol Paints Ltd, Tariq Sohawon explique qu’il y a déjà une taxe de 15% sur l’importation de ce produit, ce qui fait l’affaire des producteurs locaux.

Dr Yousouf Ismaël, de la MCCI : «Que les mesures soient mises en œuvre rapidement»

Pour la MCCI, ce Budget va dans le bon sens. L’institution fait ressortir qu’elle a toujours plaidé en faveur de la réindustrialisassions de Maurice, notamment en faisant la promotion de la production locale dans les domaines de l’industrie manufacturière, de l’industrie maritime, de l’agro-industrie, du textile innovant, de l’économie numérique, des produits pharmaceutiques et des exportations. « Ce budget contient énormément de mesures qui permettront la relance de l’économie et la préservation de l’emploi, et ce, tout en engageant le pays dans des réformes structurelles courageuses qui assureront une mise en œuvre efficace de la stratégie annoncée », déclare Dr Yousouf Ismaël, secrétaire général de la MCCI. Ce qui importe désormais, selon lui, c’est que « les mesures soient mises en œuvre rapidement ». Il recommande d’ailleurs un suivi conjoint du secteur privé et public pour veiller à la mise en œuvre des mesures. Au-delà du soutien financier accordé au secteur des PME et la promotion de l’esprit d’entreprise, la MCCI est d’avis que la facilitation de l’accès aux organismes publics, pour des biens et services, ouvrira des opportunités dans le secteur. S’agissant des pertes d’emplois, l’institution aurait souhaité que tous ceux qui se retrouvent au chômage puissent acquérir de nouvelles compétences à travers des formations, avant d’être redéployés dans d’autres secteurs.

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