mardi , 2 mars 2021

Bibi Sarah Bundhoo, centenaire : une vie spirituelle bien remplie

Native de Phoenix, Bibi Sarah Bundhoo, née Somally, entourée de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, a soufflé ses 100 bougies le mercredi 6 janvier.

C’est dans la sobriété que les proches de « Dadi Sarah » avaient organisé une petite fête pour lui faire plaisir. Après une prière le matin, un repas a été servi aux démunis et dans l’après-midi une petite fête a eu lieu pour que la nouvelle centenaire puisse partager quelques moments de bonheur avec ses proches et ceux qui lui sont chers. Alitée depuis cinq mois, Bibi Sarah Bundhoo était quand même assise dans son fauteuil roulant pour couper son gâteau d’anniversaire.

Bibi Sarah Bundhoo est née le 6 janvier 1921 à Midlands. Mariée à Hossen Bundhoo à l’âge de 16 ans, elle a suivi celui-ci à Phoenix pour vivre une vie remplie de bonheur malgré les difficultés financières. Le couple a eu 10 enfants dont deux ont quitté ce monde. Dadi Sarah a donné naissance à quatre fils : Amanoulah, Taleb, Shariff et Fazal. Les filles ont pour noms Saberoune, Badroune, Nazmoon, Hafezoon, Sehnaz et Nazlee.

Dadi Sarah et son époux ont tout le temps guidé leurs enfants dans le chemin de la droiture, de la discipline et du respect des personnes âgées. Avec les maigres revenus de son époux qui était charpentier, Dadi Sarah a pu faire bouillir la marmite familiale et éduquer les enfants. « Zamais nou fine manque narnien et zamais nous fine conne la misère malgré banne période difficile  », nous dit un de ses fils.

Vie spirituelle

Bibi Sarah Bundhoo était une femme robuste quand elle était jeune. Trois fois par semaine elle faisait le trajet aller-retour entre Phoenix et le marché de Vacoas à pied avec une grosse tente de légumes sur la tête. Les chemins à cette époque étant rocailleux, souvent elle traversait une rivière pour prendre un raccourci. Après le décès de son époux en 1985, elle a vécu entourée de ses enfants. Dadi Sarah s’adonna à une vie spirituelle et ne manquait jamais à ses devoirs religieux. Disciple du très regretté maulana Abdool Aleem Siddiqui (ra), Dadi Sarah ne manquait jamais les programmes de ce haut dignitaire religieux quand il était de passage à Maurice. Elle adorait assister à des programmes spirituels les jeudis à la Dar-ul-Uloom Aleemiah.

La centenaire a accompli le hadj en 1996 et depuis elle ne manquait jamais de raconter l’émotion et la joie qu’elle a ressenties en posant pour la première fois son regard sur la Ka’aba Shareef. « Tous les jours, mama lever 3 heures du matin pou faire wazou avec de l’eau frais et li faire namaz tahajud et lire zikr ziska namaz fajr », laisse entendre un proche. Un autre membre de la famille nous raconte aussi que « Dadi » restait en état de wazou toute la journée et observait le jeûne en dehors du Ramadan. C’est après l’âge de 96 ans qu’elle a commencé à ressentir de la fatigue et passait son temps sur le lit à accomplir le namaz et lire des versets de Coran.

Aucune formule magique

Ses enfants sont unanimes à dire qu’il n’y a aucune formule magique ni aucun secret à la longévité de leur mère. « Allah ki fine mette moi lors la terre pou donne moi mo nourriture et zour ki mo nourriture fini lors la terre Allah pou faire banne anges vine cherche moi », leur disait-elle. Dadi Sarah ne consomme pas de nourriture grasse ni de riz. Elle se contente d’une purée qu’elle boit avec peine. C’est sa fille Nazlee qui s’occupe d’elle et comprend ses moindres gestes. Mais les autres enfants viennent eux aussi aider à mettre leur mère à l’aise. Aujourd’hui, la centenaire passe son temps sur le lit à réciter des zikr et accomplit le namaz par des signes.

Le destin de Dadi Sarah est écrit en lettres d’or, car ses enfants, ses 22 petits-enfants et 32 arrière-petits-enfants et 6 arrière-arrière-petits-enfants l’adorent. Très appliquée et disciplinée, elle disait toujours à ses proches de nourrir leur foi et de se mettre en présence de Dieu. « Nourriture ki pli plein ventre c’est namaz et sincérité envers le Créateur », leur disait-elle. Elle avait le cœur sur la main et appelait à ceux autour d’eux à faire montre de générosité. « Kan ene dimoune vine devant la porte donne li manger avant li aller et Allah pou multiplier ou richesse par 100. Aukaine la porte pas pou fermé kan ou ena sincérité et la foi dans Allah », disait-elle aussi.

Dans le lit où elle se repose, elle ouvre les yeux pour nous regarder et nous prend la main pour souffler quelques mots. Malgré ses récents ennuis de santé, ses proches apprécient sa présence dans la maison. « C’est un bonheur de l’avoir parmi nous. C’est notre ange protecteur et c’est notre devoir de veiller sur elle et de la gâter », disent ses enfants.

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