dimanche , 21 janvier 2018
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Zoya Janabadi

Zoya Janabadi, ergothérapeute : «On utilise une thérapie qui privilégie les activités»

Zoya Janabadi, ergothérapeute, nourrit un amour inconditionnel pour les personnes handicapées. Une condition essentielle pour aider à leur rééducation et qui va bien au-delà de la science et des techniques. Rencontre avec une femme passionnée par son travail.

Sarah lance le ballon à Zoya. Il y a de la joie dans l’air. Partout, des jouets aux couleurs vives, des exercices pour les enfants, des tunnels à traverser. C’est le “bureau” de Zoya Janabadi, là où elle travaille à stimuler le développement global des enfants, dont leur motricité. « Le medium de l’ergothérapeute, c’est l’activité. Alors, quand on travaille avec des enfants, on privilégie le jeu » explique-t-elle.

Sarah éprouve de la difficulté à attraper le ballon. Car, ses yeux ne perçoivent pas correctement les mouvements à distance. Pour rééduquer l’oeil, Zoya attache un ballon gonflable à un fil et refait l’exercice, en réduisant l’écart entre elle et l’enfant. Alors, Sarah attrape le ballon et crie de joie.

Anas, 15 mois, refuse de marcher à quatre pattes et se tenir debout. Le problème n’est pas physique, mais émotif. Le bambin est littéralement terrorisé par une telle aventure. Zoya expérimente différentes stratégies: un jouet intéressant à aller chercher dans le tunnel, un autre qui trône tout en haut d’une montagne de tapis. « La magie de l’imaginaire doit faire son œuvre, Donc, j’invente une montagne avec mes tapis; elle permet de neutraliser la peur, » souligne l’ergothérapeute.

Zoom sur son travail

En tant qu’ergothérapeute, son travail consiste à faire en sorte que ses patients puissent retrouver leur autonomie fonctionnelle dans les activités de la vie quotidienne, au travail, dans leur communauté tout en maintenant leur santé physique, cognitive et émotionnelle. N’importe qui, peu importe son âge, peut bénéficier de l’ergothérapie. S’il est incapable ou s’il lui est difficile de participer à une activité. « Je pense que si vous fournissez à une personne le soutien et l’aide appropriés, que ce soit en termes de réadaptation ou même en lui apprenant à utiliser un appareil spécialisé, elle est capable de développer un ensemble de compétences qui lui permettront d’atteindre son plus haut niveau possible d’indépendance physique, fonctionnelle et cognitive »,  estime Zoya.

Elle ajoute que ce qui est formidable dans cette profession, c’est qu’elle vous incite d’explorer d’autres méthodes selon le type de traitement nécessaire. « Chaque intervention est différente; chaque programme de traitement est fait sur mesure. Pour pratiquer ce travail, il faut adorer les enfants. Certains viennent des milieux défavorisés. D’autres ont un profond trouble du développement, ils ne veulent pas qu’on les touche, qu’on les regarde. Alors, pour pouvoir créer le contact, il faut les comprendre par-dessus tout, » fait-elle ressortir.

Les  inconvénients de la profession

Pour elle, l’intervention précoce est importante.  « Car, au-delà de ce qu’on appelle la phase aigüe, la réadaptation devient difficile. Par exemple, il est préférable de commencer la thérapie avec un patient hémiplégique le plus tôt possible, plutôt que d’attendre des mois ou des années avant de penser au traitement lorsque le patient a déjà développé une atrophie musculaire sévère, » explique Zoya. Elle souligne qu’il y a beaucoup de cas où les gens réalisent plus tard l’importance de la physiothérapie ou de l’ergothérapie pour les aider. Autre défi : la pratique des programmes à domicile est recommandée. Suite à l’intervention thérapeutique pendant la séance de réadaptation, un programme est conçu pour que le patient ou son soignant puisse s’assurer que le traitement est effectué à la maison. Cependant, les patients prennent parfois cette recommandation à la légère.

Mieux connaître  Zoya

Zoya Neha Janabadi, 25 ans, habite Petit Raffray, un charmant village du nord de l’île. Elle a suivi des cours de BSc (Hons) Occupational Therapy (Ergothérapie), pendant 4 ans à l’Université de Maurice. Cette ergothérapeute et directrice adjointe de la Global Rainbow Foundation (GRF), un organisme de bienfaisance fondé par le professeur Armoogum Parsuramen.  La GRF a pour mission de fournir aux personnes handicapées un soutien et des opportunités pour un développement holistique afin qu’elles puissent mener une vie enrichissante dans la dignité et le respect de la communauté locale et mondiale.  « Depuis que je suis jeune, j’ai toujours voulu travailler dans le domaine de la santé. Je suis heureuse d’avoir choisi l’ergothérapie comme carrière. Cependant, le seul inconvénient est que beaucoup de gens ne reconnaissent pas les avantages incroyables liées à de cette profession, » estime notre interlocutrice. Elle a la chance de travailler avec des personnes de tous âges, avec des conditions différentes. « Depuis que j’ai rejoint la GRF en janvier 2016, j’ai fait des interventions dans des cas tels que l’amputation, les accidents vasculaires cérébraux(AVC), les traumatismes cérébraux, la paralysie cérébrale, la dystrophie musculaire, la scoliose, entre autres », dit-elle.

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