samedi , 24 août 2019
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[Vidée] Étudiante à l’université Sorbonne Nouvelle : Basheera parle 9 langues

Les besoins de communication entre personnes ne parlant pas les mêmes langues augmentent. Surtout pour des personnes qui aiment voyager autour du monde et qui n’arrivent pas à communiquer pour se faire comprendre. 

Notre compatriote, Basheera Kazi Abdulla, étudiante en didactique des langues étrangères à l’université de Sorbonne Nouvelle Paris 3 en France, est considérée comme une surdouée des langues. Mais elle rejette le terme surdouée et se considère plutôt comme une passionnée des langues et une amoureuse des langues et de la culture.

Basheera a appris 9 langues étrangères par passion. Non seulement elle lit et parle les 9 langues mais elle peut aussi les écrire. Ainsi, elle peut lire le livres en mandarin, arabe, japonais et dans toutes les autres langues qu’elle a apprises. Tout a commencé à l’âge de 12 ans alors qu’elle était étudiante à l’École du Centre. Elle développa un vif intérêt pour le mandarin et récoltait de bonnes notes. Par la suite, elle a fréquenté le collège Pierre Poivre et Le Lycée des Mascareignes. Très intelligente, elle passe son bac avec une mention Très Bien en 2012. Elle a complété son baccalauréat en mandarin à Maurice et par amour pour la culture chinoise, elle a poursuivi son apprentissage quand la même année elle a été admise à l’université Sorbonne Nouvelle. En France, elle fait la connaissance d’amies chinoises qui l’aident à apprendre correctement leur langue et en retour Basheera les aide à apprendre l’anglais et le français. À Paris, après les cours elle ne quitte pas son appartement et regarde les séries télévisées pour apprendre le mandarin.

Grande humilité

Petit à petit, elle développe un intérêt pour d’autres langues et d’autrs cultures et assimile les mots pour faire des phrases. Ainsi, outre l’anglais et le français qu’elle maîtrisait déjà, elle a appris, l’arabe, le mandarin, l’espagnol, le portugais, le brésilien, le coréen et le japonais et sans oublier le créole qu’elle considère comme sa langue maternelle.

Basheera nous explique qu’en tant qu’étudiante en didactique des langues, il faut avoir une ouverture d’esprit pour connaître la culture d’un peuple et son histoire. Pour pouvoir comprendre la culture d’autrui, il faut remonter le cours de l’histoire. L’histoire de la Chine et de la Corée par exemple lui permettent de mieux comprendre les choses. Basheera laisse entendre qu’il n’est pas difficile de parler plusieurs langues étrangères si vous avez de l’ambition et une grande ouverture d’esprit. « Je ne considère pas que c’est quelque chose d’extraordinaire que de parler 9 langues. Bien entendu, j’ai les mêmes capacités que tous les êtres humains », dit-elle avec beaucoup d’humilité.

De toutes les langues qu’elle a apprises, elle trouve que la langue arabe est la plus difficile à maîtriser même si elle a fait l’apprentissage de l’arabe et du Coran quand elle était à la madrassah. Elle indique aussi que ses passe-temps ce sont les langues et la gastronomie. Elle adore la cuisine chinoise et japonaise et mitonne des plats pour ses parents quand elle est en vacances.

Langue et culture indissociables

Basheera adore la culture et la civilisation ancienne. Elle explique que la langue et la culture marchent de pair mais que dans son cas c’est la culture qui l’a dirigée vers les langues. « J’admets que je suis fan de la culture coréenne et j’adore le mode de vie coréen », laisse-t-elle entendre. Pour Basheera la passion, l’envie et l’enthousiasme, la patience et l’ouverture d’esprit sont les clés pour maîtriser plusieurs langues. Elle affirme que chaque langue est liée à un monde différent, une culture différente et une façon de voir les choses de façon différente.

Elle nous dit que c’est un rêve d’enfant qui l’a poussée vers le domaine de l’enseignement et elle se trouve dans son élément à disserter sur des grands ouvrages de littérature et des œuvres de grands écrivains et philosophes français comme émile Zola, Voltaire, Sartre, Montesquieu, Albert Camus et aussi des grands écrivains et philosophes chinois et arabes.


Le vœu de son grand-père exaucé

Basheera nous raconte que c’est quand elle fréquentait l’École du Centre et qu’elle apprenait le mandarin que sa mère lui révèle que son grand-père, feu Ibrahim Abdullah, avait toujours désiré qu’un de ses petits-enfants apprenne une langue étrangère autres que le français et l’anglais. À l’âge de13 ans elle touche à l’espagnol et en 1ère année à la Faculté elle apprend le portugais et le brésilien .

Départ de l’île Maurice : un déracinement

Basheera qui n’a pas rencontré d’obstacle majeur sur son chemin, se rappelle que son départ en terre étrangère en 2012 a été un déchirement pour elle vu qu’elle est enfant unique et est très attachée à son père, Kazi Abdullah, et sa mère, Mukshina. À l’âge de 18 ans, seule à Paris dans le froid et la grisaille, elle prend son courage à deux mains pour compléter ses études universitaires et s’inspire de l’amour profond de ses parents pour réussir. Elle a commencé par une licence de langues, de littérature et civilisation anglaise qui lui a pris 3 ans. Avec le parcours FLES (Français, Langue Étrangère et Seconde) Basheera s’est sentie bien armée pour faire face à n’importe quelle situation. Comme elle adore les langues, elle s’est dirigée vers un master en Didactique des langues qui signifie l’enseignement des langues mais également de la culture.

En 2017, elle prend une année sabbatique pour se reposer et s’orienter car cette année elle entame sa deuxième année de master. Après ses études en France, Basheera compte retourner à Maurice pour travailler. Elle ne se voit pas rester seule en France. Elle adore son pays natal et cette culture familiale. Mais philosophe, elle laisse échapper : « J’irai là où le vent m’emmènera ». Même si elle adore le métier d’enseignante, elle trouve que la société ne met pas en valeur les professeurs qui font un métier difficile mais noble. En tant que professeure, elle avoue avoir peur de la violence des parents et trouve aussi que le salaire n’est pas motivant.

Basheera ne critique pas les jeunes qui utilisent l’internet de façon exagérée. Elle est d’avis que les jeunes doivent avoir un intérêt pour les recherches dans le cadre de leurs travaux.

Basheera a visité de nombreux pays ,et aime les sorties en famille. Elle remercie du fond du cœur son père, Kazi Abdullah, et sa mère, Mukshina, pour leur soutien. Elle a une pensée spéciale pour ses deux meilleures amies et complices, Shannen et Deenum.

Avant de nous quitter, Basheera tout sourire, nous salue en plusieurs langues et nous donne rendez-vous pour bientôt quand elle aura maîtrisé d’autres langues pour devenir hyper polyglotte.

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