samedi , 20 juillet 2019
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Abdool Wahed Jankee

Un vétéran de la seconde guerre mondiale : Abdool Wahed Jankee prône la paix

Le jour du Souvenir, célébré le dimanche 11 novembre, commémore aussi en 2018 le 100e anniversaire de l’Armistice. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, et d’autres ministres étaient présents à Curepipe pour la célébration. Mais un homme écrasé par l’émotion et les souvenirs de la seconde guerre mondiale a retenu l’attention.

Abdool Wahed Jankee, soldat  matricule No1390, a tenu à marquer sa présence à la célébration. Soutenu par son petit-fils, ce vaillant soldat qui a participé à la seconde guerre mondiale a eu un brin de causette avec le Premier ministre. Abdool Wahed lui a donné sa bénediction et lui a murmuré quelques mots à l’oreille.

Chez lui à Quinze Cantons Vacoas, il a  fait un saut dans le passé pour nous parler de ses souvenirs de guerre. Les yeux pétillants, Abdool Wahed Jankee, 97 ans aujourd’hui, nous raconte l’épopée de ses compatriotes sur le front au sein de la Mauritius Regiment. 38 000 Mauriciens avaient participé à cette guerre qui avait pris fin en 1945.

Abdool Wahed se souvient qu’il avait à peine 23 ans et venait de se marier. Son épouse lui avait donné un fils qui n’avait que 6 mois quand il s’est engagé dans l’armée. Il voulait partir à l’aventure et en même temps se faire un peu d’argent. Il part pour le front et passe par la Libye, l’Egypte, la Somalie et les Seychelles. Sur place, tous les soldats ont droit à un entraînement intense. Le maniement des armes et la discipline de l’armée étaient primordiaux . De 1939 à 1945, beaucoup de soldats sont tombés sur le champ de bataille. La chaleur étouffante du désert égyptien, le froid glacial de la nuit, le manque de sommeil, le rationnement alimentaire sont les faits marquants de la seconde guerre mondiale.

Abdool Wahed Jankee nous régarde droit dans les yeux et d’un air sérieux nous intime l’ordre d’arrêter de prendre des notes. «Ki ou pe écrire ? Ou trouve éna la guerre aster ? Mo pas ouler ou faire moi gagne problème avec sa garçon là ki Premier ministre». Nous attrapons sa main pour le mettre en confiance et lui rappelons que notre article sera basé sur ses souvenirs de la seconde guerre mondiale. Abdool Wahed Jankee reprend ses esprits et se calme.

« Mo fine accepter recevoir ou cotte moi sa même ki appelle la paix », lance-t-il.  Il est d’avis que la guerre c’est chose du passé et qu’il ne faut pas retourner le couteau dans la plaie. Il est ravi que dans notre pays « tout communauté frère et péna l’ennemité avec personne ».

Abdool Wahed Jankee malgré ses 97 ans, n’a pas de souci de santé. Il a le dos voûté avec l’âge certes, mais il se réveille à 4 heures du matin chaque jour pour faire sa toilette et aidé par son petit-fils se rend à la mosquée qui se trouve non loin de sa maison.

Chaque année il met un point d’honneur à assister à la parade de la commémoration de la seconde guerre mondiale. Pour lui, c’est une ocassion de rencontrer ses anciens compagnons d’armes pour évoquer les souvenirs de «Tobrouk» .

Abdool Wahed Jankee les yeux embués de larmes nous raconte qu’il a accompli le hadj. Il a aussi accompli le ramadan à Makka et à Madina.Son dernier voeu c’est d’être accompagné par ses fils pour accomplir un dernier Umrah avant de quitter ce monde.

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