lundi , 23 octobre 2017
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De g. à d: Hassan Ahmad Al Mehdaar,  Souroud Suleiman et Oomar Yousri Zaki
De g. à d: Hassan Ahmad Al Mehdaar, Souroud Suleiman et Oomar Yousri Zaki

Trois hafiz étrangers à Maurice

Souroud Suleiman : « Être hafiz et professionnel, c’est possible »

Souroud Suleiman, Oomar Yousri Zaki et Hassan Ahmad Al Mehdaar sont haafiz de l’Université Islamique de Madina, en Arabie saoudite. Ils officient aux prières dites Taraaweeh aux mosquées Al Meezaan (Vallée Pitot), Bait ul Noor (Vallée de Prêtres) et Zinal-ul-Islam (Ward 4) respectivement. Ils sont à Maurice à l’invitation de Yasseen Koossa, ex-étudiant de cette même université. STAR les a rencontrés et a abordé plusieurs aspects d’un sujet qui les passionne, soit le coran.

Le Béninois Souroud Suleiman estime que c’est une idée erronée de la part de nombreux parents de croire qu’un enfant ne peut se concentrer à la fois sur ses études académiques et la mémorisation du coran ou encore que le cerveau d’un enfant ne peut enregistrer autant d’informations. « Sachez que les compagnons du prophète(pssl) trouvaient le temps pour leur travail et sans toutefois délaisser la religion », dit-il.

Autre mauvaise perception parmi les parents : un enfant qui étudie le hifz devient obligatoirement « Imaam » ou « Aalim », des métiers qui ne sont pas réputés pour être les mieux rémunérés. Là encore, Souroud Suleiman estime que c’est totalement faux. Il explique que tout parent, au fur et à mesure à que leurs enfants grandissent, souhaite qu’ils deviennent des professionnels comme tout le monde. « Ils acceptent alors que leurs enfants délaissent les devoirs islamiques. L’Islam n’a pas recommandé l’abandon des études séculaires car il faut bien que la personne puisse subvenir à ses besoins plus tard. Tout comme l’islam n’encourage pas uniquement les études académiques. Car, alors vous oeuvrez uniquement pour les biens matériels et les plaisirs de la vie ici-bas (dunya), tout en délaissant le code de vie islamique et la spiritualité (l’au-delà) », dit-il encore.

Solutions

Le comportement : Pour Souroud Suleiman, il ne suffit pas de demander à quelqu’un de devenir Haafiz. « Il faut aussi avoir un comportement respectable qui encourage ces personnes à se lancer dans la mémorisation du coran », insiste-t-il. Il avance qu’ils ne sont pas nombreux à Maurice ceux qui sont haafiz tout en étant des professionnels. « Vous ne voyez pas cela souvent, donc vous n’y croyez pas. Mais si vous saviez le nombre de Hafiz qu’il y a dans certains pays – comme le Bénin, où je suis moi-même originaire ou l’Arabie saoudite où j’étudie – tout en étant médecin, ingénieur, etc, vous serez surpris », avance-t-il.

Oomar Yousri Zaki : « Comprendre le contenu du coran »

Tout aussi important que la lecture et la mémorisation, la compréhension du message du coran est un élément essentiel pour tout croyant. Égyptien de naissance, il dit avoir remarqué que certains Mauriciens ont tendance à accorder davantage d’importance à la lecture du coran que la compréhension. « Le prophète Muhammad (pssl) nous a mis en garde contre cela et avait même fait une invocation en ce sens. La compréhension des ‘tafseer’ est un élément fondamental attaché au coran. Le fait que le coran soit en arabe, une langue que les Mauriciens ne maitrisent pas forcément, n’est nullement une excuse pour ne pas essayer de le comprendre. Sachez que la majorité des Mufassir (ceux qui écrivent les tafseer) ne sont pas des Arabes », dit-il.

D’ailleurs, Oomar Yousri Zaki estime que c’est l’une des raisons qui explique la décadence des musulmans à travers le monde aujourd’hui. « Ils lisent mais ils ne comprennent pas. Prenez l’exemple des partisans de Daesh. S’ils avaient une bonne compréhension du coran, ils n’auraient jamais agi de la sorte », déplore-t-il. Ainsi, pour celui qui s’intéresse à la compréhension du coran, il doit avoir avant tout le hidaya. Primo, Il doit invoquer la guidance d’Allah. Secundo, quand il a appris les tafseer, il doit non seulement transmettre cette compréhension aux autres mais aussi les inviter à mieux comprendre le coran. Tertio, ceux qui ont une connaissance de l’informatique peuvent rédiger des pamphlets et les partager afin que les autres puissent en profiter. Et quarto, ceux qui ont les moyens et qui souhaitent dépenser dans le chemin d’Allah peuvent organiser des concours sur les tafseers et offrir des présents aux participants.

Hassan Ahmad Al Mehdaar : « Encourager la mémorisation du coran »

Il a commencé la mémorisation du coran à l’âge de 14 ans et l’a complétée au bout de deux ans seulement. Pour encourager un jeune à la lecture du coran, ce Saoudien d’origine yéménite estime que la motivation doit venir essentiellement de ses parents et de son entourage. Devoir des parents. « C’est le devoir de tout parent d’insuffler l’amour pour le coran dans le coeur de leurs enfants. Cela peut se faire en les encourageant à écouter la lecture du coran, à travers la radio, sur DVD ou sur YouTube. Il y a des récitations mélodieuses de nos jours qui peuvent davantage encourager un jeune à faire la lecture, voire même à mémoriser le coran. Leur offrir des présents peut aussi aider », dit-il.

Ensuite, Hassan Ahmad Al Mehdaar est d’avis que l’encouragement doit aussi venir de l’entourage de l’enfant. « De la mosquée qu’il fréquente par exemple. Ainsi, les mosquées et les écoles coraniques doivent organiser aussi régulièrement que possible des concours pour promouvoir la lecture du coran et avec à la clé des récompenses », dit-il encore.

Quant à ceux qui, au fil des années, ont délaissé le coran et donc éprouvent des difficultés à lire le coran, le jeune haafiz conseille de ne pas se décourager. « Il suffit de faire un effort, ne serait-ce que pour 10 à 15 minutes chaque jour et la lecture deviendra graduellement facile. Cependant, cela doit se faire de manière régulière », précise-t-il.

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