samedi , 20 juillet 2019
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Triple tâche au quotidien : comment s’organisent les femmes qui travaillent ?

Concilier vie professionnelle et vie de famille n’est pas toujours évident pendant le mois du Ramadan. Lorsque leur emploi du temps bouleverse leur vie familiale, comment font ces femmes musulmanes ? Nous avons interrogé trois d’entre elles…

Naseem Banu Jaumeer, receveuse chez UBS : «Je suis triste de rater l’Iftar avec mes enfants»

Naseem Banu JaumeerCela fait sept ans que Naseem exerce la profession de receveuse de bus chez UBS. Mariée et mère de trois enfants qui ont entre 14 et 23 ans, elle travaille très souvent l’après-midi de 13 heures à 21 heures. « Le problème qui se poser pendant le Ramadan pour moi, c’est plutôt le soir à l’heure d’Iftar. Même si je m’organise et apporte de quoi  manger rien ne me garantit que j’aurai le temps ou l’occasion de rompre mon jeûne correctement », nous explique-t-elle. Cette mère de famille de 46 ans nous raconte que bien souvent elle est contrainte de rompre son jeûne avec une datte dans la bouche dans un coin du bus et devra attendre pour rentrer chez elle pour prendre le dîner, soit vers 23 heures. «S’il n’y a pas beaucoup de monde dans le bus je peux me permettre de manger des gâteaux et boire un jus. Autrement, si le bus arrive à sa destination finale, je peux faire mon Iftar à l’heure sinon je vais devoir attendre près d’une heure pour le faire ».

Naseem est obligée d’attendre de rentrer chez elle pour le dîner car elle ne peut pas apporter au gros panier repas avec elle. Toutefois, elle nous confie qu’elle peut tenir le coup grâce à l’amour de Dieu. « C’est difficile, mais je dois vous avouer que durant ce mois béni, avec la foi en Allah qui nous aide, tout devient facile. Malgré le manque de sommeil, c’est un plaisir d’obéir à mon Créateur », ajoute cette habitante de Chemin Grenier. Les larmes aux yeux, Naseem nous explique que ce qui la rend  plus triste, ce n’est pas tellement le fait de ne pas pouvoir faire ses prières à l’heure et prendre l’Iftar avec sa famille mais «  mon petit dernier qui est très attaché avec moi me manque. Mes enfants m’appellent lorsque c’est l’heure de manger et c’est précisément ce moment qui me manque le plus. Et surtout lorsque j’entends l’appel à la prière, cela me fend le cœur de ne pas pouvoir faire mon namaz à l’heure. »

Nusreen Mamodkhan Mohamadhosen, nurse : «Faire l’iftar en route ou à l’hôpital»

Nusreen Mamodkhan MohamadhosenC’est avec du Weetabix, des dattes ou des toasts que Nusreen, infirmière actuallement  à l’hôpital Moka, faisait le sehri le matin lorsqu’elle travaillait sur le shift de 7h30 à 18 heures. Iftar, sehri, diner, namaz, son Ramadan à elle, c’est à l’hôpital Jeetoo  que Nusreen le vivait à cause de ses horaires de travail. «  Nous travaillions sur des horaires différentes, soit de 7h30 à 18h00 sinon de 18h00 à 7h30 le lendemain. Dépendant de l’heure de l’Iftar, soit je m’arrêtais en chemin pour manger une datte, soit c’était à l’hôpital que je devais le faire, tout comme le namaz Esha et le dîner. En fait, tout se passe sur notre lieu de travail », nous explique-t-elle.

Elle nous confie aussi que pendant le mois de Ramadan, elle est contrainte d’apporter beaucoup de sacs avec elle. « On ne se sent pas à l’aise comme à la maison mais comme nous sommes plusieurs dans le même cas, cela nous aide à créer cet esprit de solidarité ».

Cette année, le Ramadan sera différent pour Nusreen. Elle vient d’avoir un bébé et par conséquent, ses horaires ont changé, soit de 8h00 à 16h 00. «  Je suis mère de deux enfants, âgés d’un an et de trois ans respectivement. Cela  me donne la possibilité d’avoir des horaires plus souples cette année. Je serai affectée à l’hôpital Moka et comme mon époux est ‘charge nurse’, il a pris tous ses congés afin de mieux profiter de ce mois béni et pouvoir accomplir à tous ses namaz taraweehs le soir sans aucune contrainte. »

Zaheera Peerbocus, directrice d’entreprise : «Je commence à travailler une heure plus tôt»

Zaheera PeerbocusDirectrice de Consultancy Point Ltd, Zaheera Peerbocus essaye tant bien que mal de s’organiser afin de pouvoir faire Iftar à la maison avec son époux.

« Comme la majorité de mes employés sont musulmans, durant le mois de Ramadan j’essaye de fermer le bureau vers 15h30 afin que tout le monde puisse faire l’iftar à la maison. Tout est une question d’organisation, par exemple, le matin après le sehri, je ne me rendors pas et j’essaye d’arriver au travail une heure plus tôt pour avancer mes tâches de façon à terminer plus tôt », nous dit-elle.

La jeune directrice profite de ce mois pour réduire son temps de travail et s’adonner à l’adoration de son Créateur. « Le matin, je profite pour lire le Saint Coran et faire un peu de zikr avant de partir travailler à 8 heures. Je profite aussi pour préparer mon Iftar en avance pour gagner du temps et lorsque je rentre à la maison, il ne me reste que le dîner à préparer. »

Zaheera explique qu’on cuisine vite durant le mois du Ramadan au sein de son couple, car ils essayent de préparer des plats sains. « Je peux compter sur l’aide de mon époux Ziyad en cuisine, ce qui allège aussi mes tâches au niveau de l’organisation. Ce qui est le plus difficile pour moi, c’est de gérer la soif car en tant que consultante, je suis amenée à parler beaucoup. » De plus, comme elle ne dort pas après le namaz fajr, le manque de sommeil se fait ressentir en début d’après midi et c’est difficile de pouvoir garder la concentration.

Profitant de son week-end libre, le couple prévoit de distribuer de la nourriture aux plus démunis.

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