mardi , 21 mai 2019
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Transfert du motard Fayaaz Cadersa – Shamima Cadersa : « Cela fait pitié de voir mon époux dans un tel état »

Le constable Fayaaz Cadersa, 40 ans, qui compte 17 ans de service au sein de la force policière, était en poste à la Traffic Branch comme motard depuis 11 ans. Il a été muté, le vendredi 14 décembre, de la Traffic Branch au Vacoas Detention Centre. Son entourage qualifie ce transfert de punitif car le policier avait verbalisé Vijaya Sumputh. Celle-ci nie toute implication dans cette affaire.

Depuis le transfert de Fayaaz Cadersa, son épouse, Shamima, estime que sa belle vie de famille a été fortement ébranlée. Fayaaz et elle sont mariés depuis une dizaine d’années et ont deux fils âgés de 3 ans et 8 ans respectivement. « Rien n’est plus pareil pour nous désormais. Mon époux a été et est toujours un homme droit et très discipliné. Il avait un grand amour pour son métier comme motard de la police et pensait pouvoir grimper les échelons de la hiérarchie. Mais depuis vendredi dernier il m’a confié qu’il n’était plus intéressé à être motard vu que personne ne lui a dit quelle était sa faute et ce qu’il avait commis de mal », nous dit-elle.

Shamima s’attriste du changement subit qui s’est opéré chez Fayaaz depuis son transfert. « D’habitude il est très jovial et nous vivions comme des amis et il avait l’habitude de tout me confier. Il est devenu très taciturne et s’isole dans son coin. Il a perdu l’appétit et ne joue même plus avec les enfants. Cela fait vraiment pitié de le voir dans un tel état. Et cela nous affecte tous à la maison », dit-elle encore.

Shamima, qui travaille comme infirmière, nous explique que chaque jour à 5h45 du matin son mari et elle quittent leur maison à Sébastopol pour aller déposer les enfants chez sa mère à Médine Camp de Masque où son fils qui était en Grade 3 allait à l’école. Le soir, c’est chez sa mère que le couple dînerait avant de récupérer les enfants pour rentrer à la maison. « Ce transfert est venu déséquilibrer notre vie de famille. Nous avons dû tout réorganiser. Pour se rendre à son nouveau poste de travail à Vacoas, Fayaaz doit prendre deux bus. Et aussi pour retourner à la maison. Il est complètement épuisé quand il rentre. Je ne sais pas pendant combien de temps mon époux va tenir le coup », laisse entendre Shamima.

Elle nous indique que son époux et elle souhaitent qu’il soit transféré à la Eastern Division pour qu’il puisse au moins avoir une stabilité familiale. « Nous habitons Sébastopol. Il a été transféré en dehors de l’Eastern Division. S’il avait été muté dans un poste de police situé dans l’Est de l’île, on aurait compris. Mais le transférer dans une autre division bouleverse notre vie familiale. Nous souhaitons que le commissaire de police comprenne que nous avons des enfants et qu’il est difficile pour nous d’avoir une stabilité. Mes enfants ont besoin de leur père aussi à la maison. Quand il rentre il est complètement épuisé après un long voyage. Mon époux n’a jamais dit qu’il objecterait à ce qu’il soit transféré mais c’est plutôt la façon dont le transfert a été fait qui le chagrine. S’il avait été transféré à un poste de police plus près de chez nous, je ne pense pas que cela l’aurait autant affecté», estime Shamima.

Un exercice de routine, selon le Police Press Office

Deux transferts ont fait grand bruit ces derniers temps : celui de Fayaaz Cadersa et celui de Kessen Rengasamy. Ce dernier avait été muté du poste de police de Pamplemousses vers la Divisional Supporting Unit du Nord quelques heures après son intervention à Mon-Goût, où il avait secouru un homme lors des inondations survenues la semaine dernière. Le communiqué est ainsi libellé: « Transfer of Police Officers is a regular feature and as such, a Police Officer may from time to time be required to serve in any unit, in main land, or outer islands during his tenure of office. »

Jaylall Boojhawon : « Nous organiserons une manifestation »

L’inspecteur Jaylall Boojhawon de la Police Officers’ Solidarity Union envisage d’adresser une lettre au Premier ministre, Pravind Jugnauth et au ministre mentor sir Anerood Jugnauth, pour réclamer le retour, avec effet immédiat, du constable Fayaaz Cadersa à la Traffic Branch. « Nous ne comptons pas rester les bras croisés, car il s’agit d’un transfert punitif. Nous maintenons qu’il doit retrouver son poste au sein de la Traffic Branch. Au cas contraire nous organiserons une manifestation devant l’Hôtel du gouvernement pour faire entendre notre voix », prévient Jaylall Boojhawon.

Anil Gayan: « Aret rakont zistwar »

Anil Gayan est catégorique : Vijaya Sumputh n’est pas à l’origine du transfert du constable Cadersa. « C’est absolument faux. J’aimerais qu’il y ait une question parlementaire sur ce sujet. Je demande au Commissaire de Police de dire toute la vérité sur la raison exacte derrière le transfert du policier », a-t-il déclaré. « Si quelqu’un a proféré des injures contre un officier, ce dernier doit faire une déposition contre la personne. Est-ce qu’il y a une déposition en ce sens ? Aret rakont zistwar », a lancé le ministre du Tourisme avant d’ajouter « la seule piste que je peux vous donner, voyez avec l’Independent Police Complaints Commission les plaintes déposées contre le policier ».

Vijaya Sumputh contre-attaque et porte plainte au CCID

Vijaya Samputh nie être à l’origine du transfert du constable Fayaaz Cadersa. Après avoir écopé d’une contravention pour excès de vitesse par le policier Cadersa, elle a déposé une plainte au Central CID ce vendredi après-midi contre l’inspecteur Jaylall Bhoojawon, président de la Police Officers Solidarity Union et le constable Cadersa. Vijaya Sumputh affirme dans sa déposition que les allégations formulées contre elle portent atteinte à sa personne. « Allégation kine mett lor moi concernant le transfert d’enn policier li totalement fauss et totalement farfelue. Je n’ai rien à faire avec ça. Sa pe continuer. Sa ine fer beaucoup du tort à mo mem, à ma famille et à tous ceux qui sont proches de moi. Et mo penser li pas ti juste ki mett enn zafer oci fauss lor moi. Servi mo nom pou couma dire gagne l’attention du media. Mo suive procédure ki bizin suive. C’est ce qui mo fine fer azordi», a-t-elle déclaré. Vijaya Sumputh affirme d’ailleurs qu’elle s’est déjà acquittée de l’amende, soit la somme de Rs 5 000. « Mo pa ti mem discuter. Pa ti ena oken issue ladan. Mo gagne enn fix penalty, couma tou citoyen dan ca pays-là, soit mo al discuter la cour soi mo alle paye li. Li fer so travay, moi mo fer ceki mo ena pou fer. Mo finn travay avec le policier depuis le premier jour depi ki mo finn vinn au barreau a mo defense counsel, acoz enn contravention mo pou ale fer enn polémique ? surtout pas », poursuit Vijaya Sumputh. Et d’ajouter qu’elle ne connaissait meme pas le nom du policier. « Si li li envie dire ça, enn fausseté kumsa, li pren so responsabilité. Mo pas ti mem conn so nom », conclut-elle.

R.T

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