samedi , 22 juillet 2017
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Emmanuel Richon

Tradition Islamique : l’usage du bonnet vu par Emmanuel Richon

Plus de six mois après son exposition sur les bonnets, Emmanuel Richon a présenté, le jeudi 25 mai, un ouvrage unique sur ces couvre-chefs, symboles de la culture musulmane. Pour lui, c’est une façon de mettre en valeur l’art islamique…

Intitulé « Le bonnet de tradition islamique », ce livre est une grande première car jamais pareil ouvrage n’a été publié ailleurs dans le monde. Il a été rendu possible grâce à l’exposition tenue l’an dernier mais se démarque avec l’ajout de moult détails sur les bonnets et retrace aussi l’histoire des premiers musulmans à Maurice, entre autres. Allant du simple ‘pagri’ au ‘kufi’ joliment confectionné en macramé, le livre expose l’incroyable richesse de motifs, couleurs, arabesques et dessins géométriques de ces couvre-chefs.

Pour Emmanuel Richon, conservateur au musée Blue Penny au Caudan, l’idée derrière la conception de ce livre est de mettre en valeur toute la richesse de l’art islamique. « J’ai toujours été fasciné par l’aspect architectural de la Jummah Mosque. Mais pour l’exposition et la publication de ce livre, il fallait trouver autre chose. D’où l’idée du bonnet qui est un objet très simple mais très intime et lié à la religion », nous dit-il.

Par ailleurs, Emmanuel Richon estime que le thème choisi a eu un impact considérable car Maurice n’a pas son bonnet à elle. « Si Maurice avait son propre bonnet, je ne serais certainement pas allé de l’avant avec l’exposition et à fortiori le livre n’aurait pas vu le jour. Ce qui est fascinant, c’est que Maurice a eu ses bonnets avec l’arrivée des musulmans des quatre coins du monde », fait-il ressortir. Il  ajoute que la multitude de ces couvre-chefs, provenant de l’Inde, du Pakistan et d’autres pays d’Asie ainsi que ceux de l’Afrique, ne fait qu’intensifier l’art islamique à Maurice.

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Esprit de partage

Le conservateur du Blue Penny Museum se réjouit aussi de l’esprit de partage derrière la réalisation de cet ouvrage. Il se dit émerveillé lorsque des gens qu’il ne connaît pas, sont venus lui prêter des bonnets car il n’en avait aucun. « Sans la communauté musulmane à Maurice, je n’aurais jamais fait cette exposition ni sorti ce livre. Les membres du Centre Culturel Islamique m’ont également soutenu et ont pu trouver des sponsors pour la publication du livre. Et quand ils m’ont informé que le lancement allait se faire la veille du ramadan, cela m’a fait énormément plaisir », souligne notre interlocuteur.

Il dira aussi qu’en tant que non musulman, il a pu donner une dimension interculturelle à cet ouvrage. « Rien ne m’empêche d’être non musulman et de m’intéresser à l’islam », précise-t-il. Il cite en exemple Louis Massignon, universitaire et islamologue français du siècle dernier, qui n’était pas musulman mais qui a consacré sa vie à étudier l’islam.

Dans ce même registre, Emmanuel Richon estime qu’il souhaite à travers les expositions et les livres publiés attirer l’attention des gens sur les vraies valeurs de l’islam contrairement à l’image négative véhiculée par certains médias à travers le monde. « Tous les musulmans savent que l’islam ne reflète pas ce qui est projeté par ces médias. Mais d’autres personnes l’ignorent et cela me touche car j’ai des amis musulmans. Je n’aime pas aussi le fait que mon fils qui a 15 ans grandisse avec une mauvaise perception de l’islam », nous dit-il. Soulignons que le conservateur ambitionne de monter l’exposition sur les bonnets, mais cette fois-ci en France, dans un proche avenir.

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