jeudi , 14 novembre 2019
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Toxicomanie

Toxicomanie : le sempiternel combat

La toxicomanie continue à faire des ravages au sein de la société mauricienne. De plus en plus de jeunes s’engouffrent dans cette spirale addictive qu’est la drogue. Mais le combat continue pour ceux ayant à cœur d’éradiquer ce fléau à Maurice..

Imran Dhanoo : «Les drogués doivent être soignés et non emprisonnés»

Imran DhanooImran Dhanoo, le responsable du Centre Idrice Goomany, est d’avis que les consommateurs de drogue sont des malades qui doivent être soignés et non envoyés en prison. Intervenant lors de la journée mondiale contre l’abus de drogue et le trafic illicite des stupéfiants décrété par les Nations Unies le 26 juin depuis 32 ans, Imran Dhanoo fait ressortir que le Centre Idrice Goomany et le groupe A de Cassis avaient organisé une marche contre la drogue le 26 juin 1986 une année avant que les Nations Unies ne décrètent le 26 juin journée mondiale contre l’abus de drogue.

Cette année, les Nations Unies ont choisi comme thème Health for justice et Justice for health. Selon le directeur du Centre Idrice Goomany, cela démontre que la problématique de la drogue est un problème de santé publique pour les consommateurs de drogue. « Quand les Nations Unies font référence à la justice c’est par rapport aux drogues illicites. Or, les Nations Unies parlent de justice comme un droit humain », dit-il.

Imran Dhanoo était intervenu le 27 juin 2019 au Jardin de la Compagnie en présence du Premier ministre pour mettre l’emphase sur le traitement des consommateurs de drogues.

Il rappelle que dans son rapport Paul Lam Shang Leen avait recommandé que les consommateurs de drogue doivent avoir accès aux soins et la mise sur pied d’un Drug Offenders Assesment Panel. Imran Dhanoo précise que 60 % des personnes qui sont en prison sont des consommateurs de drogue. Il précise aussi qu’il faut faire la différence entre consommateurs et trafiquants de drogue.

Par ailleurs, le Centre Idrice Goomany en collaboration avec la Masssjid Noor -e-Islam a organisé un weekend de formation les 6 et 7 juin pour 30 adolescentes. Il s’agissait d’un programme en 12 leçons sur la drogue avec comme thème Get Connected et Drug Use Prevention. Ce weekend de formation était basé sur le développement, la personnalité et la compétence des jeunes. Ces derniers ont eu la possibilité de participer à des jeux pédagogiques et ont pu interagir.

« Cette initiative de la masjid Noor-E-Islam allait dans la bonne direction et mérite d’être encouragée vu le rajeunissement des consommateurs de drogue », a dit le directeur du centre Idrice Gomany. Imran Dhanoo ajoute qu’une trentaine de garçons avaient eu la possibilité de participer à ce programme de Get Connected and Drug Use Prevention.

Jamshid Tarsoo : «Je suis triste de voir les mères verser des larmes»

Jamshid Tarsoo« Je suis triste de voir des mères de famille verser des larmes chaque jour sur le sort de leurs enfants qui sont accros à la drogue ». Ce sont les propos de Jamshid Tarsoo, travailleur social de Phœnix qui veut mettre sur pied un centre de réhabilitation pour soigner les toxicomanes. Jamshid Tarsoo, qui a une grande expérience du terrain, veut prendre le taureau par les cornes. Avec une équipe de volontaires il ouvrira un centre de réhabilitation résidentiel dans le nord et aura comme objectif de soigner les toxicomanes dans un délai de 3 semaines. Il explique que les toxicomanes auront droit à des soins à base de plantes sous la supervision d’un médecin et d’un psychologue. La priorité sera le côté spirituel où les patients auront un counselling après arrêt de consommation.

En effet, le patient du centre aura un suivi psychologique jusqu’a ce qu’il soit complètement guéri. Jamshid Tarsoo précise qu’il travaille en collaboration avec la police, l’église, les temples et les mosquées.

Chaque lieu de culte organise un awareness program où il est invité à prendre la parole pour sensibiliser les parents qui désirent trouver une solution à leurs problèmes.

Jamshid Tarsoo précise aussi qu’il travaille en étroite collaboration avec une Ong à Phœnix pour la réunification de la communauté musulmane et la mettre en garde contre le danger qu’encourent leurs enfants.

« La drogue pas guette figure ni école de pensée ni riche et ni pauvre », dit-il. Selon notre interlocuteur la situation est catastrophique dans la région de Phœnix et qu’il y a urgence à mettre un frein à cette situation. « Ena zenfant pe coquin bijoux et objets de valeur dans la caze pou alle droguer. Ena tifille pé accepter pou vendre zotte le corps pou gagne l’argent la drogue », ajoute-t-il. Jamshid Tarsoo fait ressortir que les démarches ont déjà été entamées auprès des autorités pour les permis nécessaires.

Signalons que Jamshid a suivi plusieurs cours à Housmlow en Angleterre où le council donnait des cours sur la réhabilitation des toxicomanes. De retour à Maurice il a partagé son expérience avec le groupe Action Civique de Phœnix. Il a aussi assisté à des conférences organisées par l’Icac. Il est aussi le président du Muslim Citizens Council et représente celui-ci au sein du Conseil des religions.

Jamshid Tarsoo indique que chaque parent aura des frais à payer pour faire admettre son enfant au centre de traitement. Pour mener à bien sa tâche, il cherche la contribution des associations religieuses et du gouvernement.

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