lundi , 25 septembre 2017
Accueil / Reportage / Toxicomane depuis l’âge de 13 ans : «Pour mes enfants, j’ai pu sortir de cet enfer»
Basheera Sheik Amodine

Toxicomane depuis l’âge de 13 ans : «Pour mes enfants, j’ai pu sortir de cet enfer»

Poussée par un sentiment de révolte, Basheera Sheik Amodine a été entraînée dans l’engrenage de la drogue. Elle était encore trop  jeune pour mesurer les conséquences de son acte. Sa vie va alors basculer sans qu’elle ne s’en rende compte.

Basheera  a bien voulu faire ce témoignage, pour que d’autres  ne  commettent  pas la même erreur. « N’essayez  jamais de prendre de la drogue même pour le plaisir. Une fois que vous êtes dans ce cercle infernal,  vous devenez  son prisonnier », dit-elle. Ses deux filles étaient assises sur un petit lit à côté d’elle. Elle nous raconte  sa descente aux enfers : « J’étais en Form II au  Madad -ul-Islam Girls College. J’aimais  mon école et mes études  jusqu’au  jour où soudainement j’ai commencé à  me dégouter de tout», se rappelle-t-elle.

À la maison, ses parents  imposaient sur elle des conditions très strictes. Elle ne pouvait même pas se rendre chez des proches.  Profitant de leur absence, elle  est sortie  et a rencontré  un groupe de jeunes qui prenaient de la drogue. Elle leur a posé la question «Qui zotte pé fer là ? » . « Nous pe mette nissah » Qui été sa nissah ? demande-t-elle  encore?  « Be vine zoine are nous ler là to pou conner », fut leur réponse.

Conditions strictes

Ignorant  le danger auquel elle allait s’exposer, elle a commencé par sniffer  de la colle. Sa vie va alors basculer. Et ce, malgré tous les efforts de ses  parents pour  la sortir de là. Finalement  ses parents décidèrent de la marier avec l’espoir qu’elle allait changer.

« J’avais 15 ans quand j’ai  épousé Ahmad.  J’étais devenue une nuisance  pour ma famille.  En épousant Ahmad  c’était pour moi l’occasion  de sortir de la maison », nous dit notre interlocutrice. Après le mariage  son époux a fini par apprendre la vérité sur elle.  Il fait tout pour la sortir de là, mais en vain.  Ses beaux-parents ne la portent pas dans leur cœur. Une fois de plus, elle est devenue la mal aimée. Elle a eu deux filles, Aliya  et Aliza, aujourd’hui âgées de 13 et 11 ans respectivement.

En 2014, elle perd son époux, le seul être qui la soutenait.  à peine  une semaine après, que   beaux-parents la mettent à la porte, lui refusant la garde de ses enfants. « Au lieu de retourner chez  mes parents j’ai  préféré ma liberté.  Après quelque temps ma fille aînée Aliya m’a téléphoné pour  me dire qu’elles sont maltraitées et battues et  de venir les chercher. Mais n’ayant pas un travail continuel, je me  suis retrouvée dans une nouvelle situation difficile. J’étais obligée de retourner chez mes parents, tout en continuant à me droguer », raconte-t-elle.

En 2014, Basheera fait une overdose, mais réussit à s’en sortir.  Elle rechute une nouvelle fois en 2015. Toutefois, elle n’en pouvait plus  s’en passer. «L’année dernière mes deux filles m’ont demandé de retourner à la maison et d’arrêter cette vie.  Elles avaient peur pour elles même et pour moi », révèle-t-elle.

Cure de désintoxication

Elle avait honte d’elle-même. Prise des remords,  elle est allée  au Centre La Chrysalide  à Bambous pour une cure de désintoxication  de six semaines et pour suivre un traitement  thérapeutique pendant six mois. Mais au bout de deux semaines elle a replongé dans l’enfer de la drogue. Une nouvelle fois elle essaie de  suivre une cure de désintoxication au Centre Idrice Goomany.  Avec un  peu plus de volonté elle a réussi à 31 ans de sortir de cet enfer.

«Il m’arrive  des fois d’avoir des tentations. Mais  je pense à mes enfants qui sont ma raison de vivre.   J’ai eu un boulot comme responsable dans un supermarché. Mais, j’ai dû l’abandonner, car  une personne a su  que j’étais une droguée et l’a raconté aux autres ». déclare-t-elle. Quand elle a voulu fuir  la drogue  elle s’est retrouvée dans un labyrinthe sans issue. « Une fois que l’on est dedans on  devient prisonnière des sensations  fortes.  Je conseille  aux autres de ne pas y toucher », conclut-elle.

Commentaires

A propos de Fareed Dean

Ceci peut vous intéresser

Masjid Gulzar-E-Madina

Masjid Gulzar-E-Madina à sainte-croix : elle a vu le jour suite à une inspiration de Soobhan Boolaky

La Masjid Gulzar-E-Madina se trouve à Sainte Croix. La direction de la mosquée gère une …