mardi , 23 juillet 2019
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Système éducatif : l’évolution de l’apprentissage

Un système éducatif doit forcément évoluer avec le temps. Dans la foulée, en parallèle, les méthodes d’apprentissage aussi subissent des phases d’évolution  Ainsi, 50 ans après, à Maurice, enseignants et apprenants ont le privilège d’utiliser des outils pédagogiques modernes. Des dispensateurs du savoir nous parlent de leurs expériences.

École primaire

Rookeea Abdoola :«  Valorisons aussi les apprenants de l’élite scolaire »

Rookeea AbdoolaRookeea Abdoola compte 40 ans d’expérience dans le domaine de l’enseignement et 5 ans comme maîtresse d’école. Elle nous parle de l’évolution de l’éducation au niveau du primaire. « En 1972, lorsque j’ai commencé à enseigner à l’école primaire, on privilégiait la méthode dite Chalk and Talk . Les enseignants utilisaient le tableau et les élèves apprenaient en mémorisant les concepts enseignés à force de répétitions quotidiennes. Il y avait très peu d’interactions enseignant-élève », se souvient-elle.

Vingt ans plus tard, le système éducatif est devenu graduellement interactif. Les choses ont commencé à évoluer et les nouveaux enseignants devaient impliquer les étudiants dans le processus d’apprentissage. « Mes collègues leur posaient des questions sur ce qu’ils ont appris pour savoir s’ils ont pu assimiler ce qui a été enseigné. Une décennie plus tard, il y eu une transformation radicale au niveau de l’apprentissage en cycle primaire. On  a introduit le « Peer Learning » ou « Group Learning ». Auparavant quand un élève regardait sur le cahier de son ami pour faire ses devoirs on disait qu’il copiait. Mais, de nos jours, les enseignants eux-mêmes encouragent les élèves faibles à apprendre des autres élèves brillants dans un groupe. On avait constaté que les enfants comprennent généralement mieux avec l’aide de leurs amis. Cette évolution a été un pas positif dans la méthode  d’apprentissage des enfants », dit-elle.

Quelques temps après, poursuit Rookeea Abdoola, l’apprentissage par le biais des activités est devenu une partie importante de l’évolution de l’éducation primaire à Maurice. Les élèves apprenaient à travers des concepts d’histoire et de science à l’extérieur de la salle de classe. Par exemple, si l’enseignant parle des types de montagnes de notre île, il demande aux élèves de sortir de la salle de classe. Dans la cour de l’école, il leur montre des montagnes et leur dispense le savoir approprié. Aussi, de nombreuses expériences ont lieu sur les plantes.  Aujourd’hui, les enfants sèment des graines dans le jardin de l’école, arrosent les plantes pour étudier leur évolution, prennent des notes et en tirent des conclusions. Plus récemment, avec l’introduction de tablettes tactiles dans les écoles primaires et de tableaux interactifs, on note une numérisation de l’enseignement. D’autre part, avec l’accent sur l’éducation holistique et le système de ‘Nine-year schooling’, les étudiants peuvent maintenant apprendre selon leurs aptitudes. Des étudiants qui sont faibles sur le plan académique, ont la possibilité d’apprendre des sujets comme l’art, la musique, la danse, entre autres. Ainsi, leurs aptitudes particulières sont valorisées.

Cependant, elle estime que le niveau d’éducation des apprenants a baissé. Car, le nouveau système privilégie un nivellement par le bas. « Motiver des élèves qui apprennent lentement, c’est bien. Mais, encore faut-il également donner aux autres apprenants de l’élite scolaire l’opportunité de se faire valoir », conclut-elle.


Société islamique de Maurice : Induction Programme à l’intention des étudiants de Grade 7

Yaasir OozeerLa Société islamique de Maurice (SIM) organise un programme d’orientation à l’intention des étudiants du Grade 7 et des parents le samedi 26 janvier 2019 de 8h30 à 14h15, au siège de l’Institute of Islamic Education & Training (IIET), à Moka. Selon le président de la SIM, le Dr Yaasir Oozeer, la transition du cycle primaire à celui du secondaire est très cruciale pour l’étudiant et ses parents. « Il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu à cette étape de la vie de l’enfant : il devient pubère et est exposé à des fléaux. Bien souvent, lors de cette période, ces jeunes choisissent une voie – bonne ou mauvaise », souligne-t-il.

Selon le Dr Oozeer, le comportement des jeunes étudiants est à déplorer aujourd’hui et il avance que c’est pour cette raison que la SIM organise ce « Induction Programme ». « Le ministère de l’Éducation n’organise pas de sessions d’orientation pour les nouveaux admis en Grade 7. Très peu de collèges privés le font également. Le programme de la SIM sera basé sur les principes de l’islam également », ajoute-t-il. L’objectif de ce programme sera de sensibiliser les jeunes ainsi que les parents sur l’importance de la période de transition de l’école primaire au collège et aussi de les encourager à s’engager dans les activités islamiques régulièrement.

« Nous mettrons aussi l’emphase sur les fléaux sociaux qui touchent de plus en plus de jeunes », avance le président de la SIM. Les thèmes qui seront abordés lors du programme sont: « Parent/Children Relationship », « The child as an individual and his environment » et « Manners and traits of a good Muslim Student ». L’accent sera également mis sur le harcèlement (bullying) dans les écoles, l’utilisation des smartphones, la pornographie et l’éducation sexuelle. À noter qu’une contribution de Rs 200 par famille est requise et un déjeuner sera offert. Pour plus d’informations, appelez  le 433 6848 ou le 208 1634.


École secondaire

Osman Jambocus, directeur de collège : «Toute transition apporte son lot de problèmes physiques, mentaux, émotionnels et moraux»

Osman JambocusOsman Jambocus, directeur de la Doha Acedemy, nous parle de la transition du cycle primaire à celui du secondaire. Selon lui, il est important de bien encadrer l’étudiant lors de cette étape.
Il répond à nos questions.

Quelles sont vos observations concernant la transition du cycle primaire à celui du secondaire ?
En tant qu’ancien enseignant, je peux vous dire que toute transition apporte son lot de problèmes physiques, mentaux, émotionnels et moraux. Traversant une phase cruciale de l’éducation, cette étape requiert une bonne maîtrise de la situation, en se basant sur les acquis du passé et le contenu pédagogique de l’avenir. C’est-à-dire, instaurer la relation entre l’étudiant et l’enseignant. Celui-ci doit d’emblée connaître la pédagogie du cycle primaire pour pouvoir rassurer l’étudiant du secondaire concernant son avenir. Et en tant que directeur de collège, mes observations sont les suivantes :

1. Une adaptation réaliste pour assurer une transition sans problème,

2. Préparer l’enfant à un environnement différent tel que :

• Différents enseignants pour différentes matières

• Le nombre grandissant des matières englobant les sciences, la technologie, les langues, la littérature, le sport, l’entreprenariat etc…

• Le rôle accru des ‘class captains’ (prefect et vice-prefect)

• Plus de responsabilité et de développement de son caractère et son ego

• L’objectif patrimoine, etc.

La transition du pré-primaire au primaire fait l’objet d’une certaine préparation au niveau des maîtres d’école et des enseignants. Mais existe-t-il un manquement eu égard à la transition du primaire au secondaire ?
C’est vrai. Il y a un manquement à ce niveau car bien souvent, les sections pré-primaire et primaire, comme c’est le cas à Doha, travaillent en concertation. Les enseignants du pré-primaire et du primaire ont suivi des cours à la (Mauritius Institute of Education (MIE) où l’emphase est mise sur le développement de l’enfant dans six secteurs d’éducation dont le physique, le social, le mental, l’aspect émotionnel, le sport et le langue. Après trois années d’apprentissage, l’enfant du pré-primaire est presque émotionnellement prêt à faire le saut en primaire où il consolidera ses acquis concernant le ‘numeracy’ et le ‘literacy’. Tandis que le passage au secondaire est souvent abrupt, soudain et sans préparation.

Le concept du Nine-year Schooling, avec l’élimination du ranking et du CPE, sous-entend que le passage du primaire au secondaire devait être une continuité. Donc aucun bouleversement majeur pour l’étudiant.  Est-ce le cas dans la réalité ?
Dans la réalité, c’est complètement différent. L’enfant qui n’a pas bénéficié d’un bon enseignement pédagogique au niveau primaire va avoir encore des problèmes au secondaire. Nous savons tous que le PSAC n’a pas donné les résultats escomptés. Sinon comment expliquer qu’un enfant de Grade 6, n’ayant pas travaillé sa rédaction, obtienne une distinction en anglais ou en français ? Le niveau a baissé : la promotion automatique et les redoublement scolaire s’avère impossible ! Et l’élève qui passe au cycle secondaire doit impérativement travailler les rédactions en Grade 9.

Quels sont les changements auxquels font face les étudiants de première année du secondaire ?
Ils doivent affronter de multiples changements: le monde des grands qu’ils côtoient, le suivi aveugle de collégiens qui ne sont pas responsables, l’oisiveté qui est une maladie générée par les grands, l’indiscipline dans et en dehors de l’école, la pression des pairs qui gagne malheureusement du terrain, le ‘bridging the gap’ sans oublier l’évolution émotionnelle et sentimentale du collégien.

Quels sont les défis auxquels font face la direction et aussi les enseignants qui accueillent ces nouveaux étudiants ?
Les défis sont basés sur les points que j’ai évoqués lors de la question précédente, ce sont de vrais ‘challenges’ pour l’école dans son ensemble. Le personnel enseignant, le directeur et le ‘head of groups’ doivent travailler en équipe organisée, se basant sur une pédagogie inclusive et pratique ayant pour toile de fond le ‘Nine-year Schooling’. Un projet qui demande des amendements majeurs afin de répondre aux réalités mauriciennes, c’est-à-dire en tenant compte du fait que les langues anglaise et française, si elles ne sont pas enseignées avec passion et maturité, resteront des langues 100% étrangères ! Quant aux mathématiques, une réforme de la base doit être entreprise et il doit y avoir un suivi professionnel des grades 4, 5, 6 (primaire) et grades 7, 8, 9 etc. Aussi, il faut réhabiliter le collégien dont le parcours au cycle primaire n’a pas été de tout repos, souvent dû à des problèmes familiaux, une absence répétitive, une scolarité interrompue ou des problèmes émotionnels liés à une passivité dérangeante. Il y a également des profs incompétents hélas. En dernier, il faut faire face aux conséquences d’un système de régionalisation qui a pénalisé certains étudiants.

En sus de la PTA, faut-il mettre sur pied un programme pour maintenir le dialogue avec les parents en vue d’assurer le suivi académique des étudiants, mais surtout pour se pencher sur les fléaux tels que le tabagisme et la drogue ?
Nous sommes conscients qu’il faut maintenir le dialogue en permanence avec les parents. C’est pour cela que nous avons des rencontres avec ces derniers sur une base trimestrielle, mais aussi lors des Open Days, des Parents Meetings, des activités de la PTA et lors de notre cellule de recherche pédagogique. Par ailleurs, j’aimerai ajouter que la Société Islamique de Maurice (SIM) organise un ‘Induction programme’ à l’intention des étudiants du Grade 7 et des parents. Nous accueillons toujours favorablement toutes nouvelles initiatives qui peuvent contribuer à l’avancement de la société et au bien-être des enfants. Nous sommes favorables à participer à un briefing en commun avec tous ceux qui seraient intéressés par ce projet afin d’apporter notre éclairage en tant que pédagogue.

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