mardi , 23 juillet 2019
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Dr Shilpa Sinha
Dr Shilpa Sinha

Syndrome des ovaires polykystiques : une condition médicale peu connue

Le syndrome des ovaires polykystiques, également appelé SOPK, est le trouble endocrinien commun chez les femmes. Il touche les femmes en âge de procréer. À ce jour, aucun traitement ne permet de guérir du SOPK. Toutefois, grâce à un mode de vie saine et à un bon traitement, les femmes peuvent surmonter les difficultés et tomber enceintes. Consultante en obstétrique et gynécologie, le Dr Shilpa Sinha de l’hôpital Wellkin, nous parle de ce problème médical.

Dr Shilpa Sinha explique que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), également appelé syndrome de Stein-Leventhal, affecte la croissance des follicules ovariens et perturbe la production d’ovules. Selon elle, il affecte environ 2 à 20% des femmes âgées de 15 à 44 ans. Elle révèle que le SOPK est dû à une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.

Les facteurs de risque incluent l’obésité, le manque d’exercice physique et les antécédents familiaux d’une personne atteinte de la maladie. Le médecin avance qu’il est essentiel d’être conscient de la maladie, car les symptômes du SOPK peuvent varier d’une femme à l’autre et que la personne atteinte peut donc ne pas se rendre compte qu’elle présente les symptômes. « Les femmes courent également un risque de complications graves, dont certaines mettent leur vie en danger. La sensibilisation du public aux symptômes et à la gravité de la maladie est cruciale pour identifier les femmes ayant besoin d’un traitement », dit-elle.

Symptômes

Il existe plusieurs symptômes pour déterminer si une femme a le SOPK. Ce sont :

  • Les troubles menstruels où certaines femmes ont moins de neuf menstruations en un an ou pas de menstruations de plus de 3 – 4 mois
  • La présence de trop d’hormones mâles, notamment la testostérone et l’androstènedione, qu’on peut vérifier par une analyse de sang
  • L’infertilité
  • Une tendance à l’obésité
  • La résistance à l’insuline

Dans la plupart des cas, les symptômes apparaissent à la puberté, mais ils varient d’une femme à l’autre.

SOPK et la fertilité

La fertilité est l’une des principales préoccupations de nombreuses femmes atteintes du SOPK. Dr Shilpa Sinha souligne que toutes les femmes atteintes de SOPK n’ont pas de difficulté à tomber enceintes. Mais elle précise que certaines femmes peuvent avoir des difficultés suite à un problème d’ovulation.

En ce qui concerne la grossesse, Dr Shilpa Sinha ajoute que la grossesse n’est pas impossible avec le SOPK. « Pour les femmes anovulatoires en surpoids, il faut juste un régime et la perte de poids est recommandée. Si le problème persiste, il est recommandé aux patientes de maigrir. Si ces dernières ne répondent pas positivement aux médicaments, des traitements poussés sont alors proposés », avance-t-elle.

Si elles résistent toujours aux traitements, les autres options disponibles incluent des procédures de procréation assistée, comme l’hyperstimulation ovarienne contrôlée avec des injections d’hormone stimulant le follicule suivies d’une insémination intra-utérine ou d’une fécondation in vitro.

Traitement et complications

La gynécologue explique qu’il n’y a pas de remède contre le SOPK. Cependant, selon elle, les objectifs du traitement sont de gérer les symptômes, tels que la diminution des niveaux de résistance à l’insuline, le rétablissement de la fertilité, le traitement de l’acné, le rétablissement de la menstruation régulière, la prévention de l’hyperplasie de l’endomètre et du cancer ainsi que la réduction du poids.

Plusieurs complications surviennent chez les SOPK. Ce sont : le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, l’hyperplasie de l’endomètre et le cancer de l’endomètre, la dépression et l’anxiété, les dyslipidémies (troubles liés au cholestérol et aux triglycérides), la prise de poids et la fausse couche. Interrogé sur le lien entre le SOPK et le diabète, le médecin répond que 50% à 80% des SOPK sont résistants à l’insuline. « Selon l’Association américaine du diabète, la résistance à l’insuline conduit à la production d’insuline à haut niveau, tout comme aux stades précoces du diabète de type 2. Les SOPK sont plus susceptibles de développer un diabète gestationnel pendant la grossesse », dit-elle.

De plus, le médecin souligne qu’il existe plusieurs problèmes chez une femme atteinte de SOPK. Cependant, ces dernières peuvent essayer de maintenir une vie normale en maintenant un poids régulier par un régime alimentaire, des exercices, des modifications du style de vie, un bilan santé annuel qui doit impérativement comprendre un test de glycémie, un contrôle de la tension artérielle, un taux de cholestérol, une visite régulière chez son gynécologue et sans oublier le soutien affectif de la famille et du partenaire.

Le taux de fertilité en baisse

Selon les chiffres, le taux de fertilité à Maurice est de 1,3 alors qu’il aurait dû être de 2,1. C’est ce qui explique le faible taux de naissance. Dans 30% des cas, le problème vient de la femme. Depuis des années maintenant, le taux de fertilité à Maurice est en déclin.

Syndrome des ovaires polykystiques

Régime

Dr Shilpa Sinha indique qu’il n’existe pas de régime alimentaire pour le SOPK, mais qu’il existe trois régimes alimentaires pouvant aider les femmes. Ceux-ci incluent :

  • Un régime alimentaire à faible indice glycémique composé d’aliments comme les grains entiers, les noix, les graines, les fruits, les légumes et autres aliments.
  • Un régime anti-inflammatoire avec des baies, du poisson gras, des feuilles vertes et de l’huile d’olive extra-vierge.
  • Le régime diététique pour lutter contre l’hypertension visant à réduire le risque de maladie cardiaque inclut le poisson, la volaille, les fruits, les légumes, les grains entiers et les produits laitiers faibles en gras.

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