lundi , 17 février 2020
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Syndrome du coronavirus à Wuhan en Chine – Dr Mouniir Durgahee : «La situation est alarmante»

La ville de Wuhan, berceau chinois de l’épidémie de coronavirus qui inquiète l’ensemble du pays et le monde entier, a été mise en quarantaine. L’épidémie a déjà fait plus d’une quarantaine de morts et contaminé plus d’un millier de personnes. 11 millions d’habitants de même que des milliers d’étrangers ne peuvent plus quitter la ville.

Notre compatriote, le Dr Mouniir Durgahee qui vit à Wuhan en Chine depuis 10 ans décrit Wuhan comme une ville-fantôme.

Une scène apocalyptique fait frissonner. L’armée quadrille la région et personne ne circule. Les routes sont fermées, le métro, les voitures et les autobus ne circulent plus. L’aéroport est contrôlé par l’armée et les avions restent au sol. Jeudi, les 11 millions d’habitants ont été priés de rester chez eux et l’armée a arrosé la route et tous les recoins d’un désinfectant.

Selon le Dr Durgahee, le risque d’une épidémie mondiale n’est pas à écarter et la situation est grave à Wuhan et Huang-Gang, la ville voisine.

Wuhan est une ville d’une superficie de 8000 km divisée en 3 districts avec 11 millions d’habitants. Le Dr Mouniir Durgahee nous indique que le problème de coronavirus a commencé au mois de décembre 2019 dans un marché dans le district de Hankou. Cette région est peuplée d’habitants et elle est réputée pour son marché où toutes sortes d’animaux sauvages sont proposés : paon, autruche, rat, renard, crocodile, louveteau, salamandre géante, porc-épic, serpent, âne, chien ou encore de la viande de chameau.

A mi-décembre 44 personnes furent hospitalisés. Le gouvernement chinois n’en avait pas fait grand cas pour que l’affaire ne soit pas ébruitée et avait fait croire que c’était un problème respiratoire qui se traduisait par une pneumonie. Le site avait été fermé dès la découverte des premiers cas de maladie chez les commerçants du marché. Une campagne de désinfection avait débuté et les personnes infectées admises dans un petit hôpital.

«Zotte ti croire capave contrôlé et li pas aussi grave», laisse entendre le Dr Mouniir Durgahee. Il fait ressortir qu’alors que le nombre de cas avait triplé les autorités sanitaires ne savaient pas que cette contamination se transmettait d’homme à homme. C’est à partir du mois de janvier quand le nombre de personnes infectées a passé la barre de 100 et qu’une personne est décédée que les autorités ont commencé à prendre les choses au sérieux.

À ce jour, on a recensé 1287 cas de personnes infectées en Chine et 28 dans le monde. Le mystérieux virus, qui a jeté dans la tombe 41 personnes jusqu’ici, s’est propagé au Japon, en Corée du sud, en Thaïlande, à Taïwan et sur le continent américain.

À l’hôpital de Wuhan où travaille notre compatriote, 15 médecins de même qu’ne infirmière en charge et un professeur ont été infectés. Mouniir Durgahee précise que le virus «sorti dans zanimo».

Risques de contamination

Il explique qu’en 2013 l’épidémie MERS (Middle East Respiratory Syndrome) avait éclaté dans les pays arabes et provenait du chameau. Le coronavirus est mortel et à ce jour les personnes infectées sont dans le tranche d’âge de 45 à 50 ans.

À Wuhan, où le Dr Durgahee a sa résidence, la situation est grave. Les masques protecteurs manquent et durant les festivités du Nouvel An chinois des millions de personnes voyagent et les risques de contamination sont réels. Le Dr Durgahee explique que cela prendra du temps pour régler le problème d’épidémie qui menace toute la région.

En vacances à Maurice pour quelques jours, notre compatriote dit attendre une accalmie et évalue les risques avant de rentrer à Wuhan. Il affirme ne pas avoir peur de retourner à Wuhan. «Comme médecin nous à risque et nous exposé tous les jours», dit-il.

Il nous indique qu’il est au courant qu’un ressortissant mauricien est bloqué à Wuhan et ne peut sortir de sa maison. Le Dr Durgahee a appris qu’un hôpital sera construit dans 10 jours dans une région isolée avec une capacité de 1000 lits. Toutes les personnes infectées seront envoyées dans cet hôpital qui sera nommé Xiaotang -Shan.

En ce qui concerne les risques d’une épidémie à Maurice, le Dr Durgahee trouve que le ministère de la Santé a pris les dispositions nécessaires pour la prévenir. Avec sa vaste expérience comme spécialiste de maladies cardiaques et respiratoires, il se dit prêt à se mettre au service du pays.

Portrait du Dr Mouniir Durgahee

Dr Mouniir DurgaheeLe Dr Mouniir Durgahee, 29 ans, a travaillé comme assistant pharmacien à IBL Medical Trading avant de mettre le cap sur la Chine pour étudier la médecine à l’université de Tongii à Wuhan. Il a décroché son diplôme avec spécialisation en chirurgie thoracique. Il a aussi complété son Master. Mouniir Durgahee est employé comme chirurgien dans un hôpital à Wuhan .

Durant ses études il a appris le mandarin et communique avec ses patients dans cette langue. Il avait remporté le premier prix lors de sa participation à un concours en langue chinoise. Cela fait 10 ans qu’il vit en Chine et ne compte pas retourner à Maurice.

Pékin fait appel à l’armée

Pékin a fait appel à l’armée pour déployer 450 médecins militaires à Wuhan, épicentre de l’épidémie, et a demandé aux agences de voyages de ne plus vendre de voyages organisés en Chine et à l’étranger. Le président Xi qualifie la situation de « grave ».

Chine : 41 morts à samedi

Le bilan des victimes du coronavirus s’alourdit de jour en jour. Samedi 25 janvier, les services de santé chinoise faisaient état de 41 morts et 1.300 cas de contamination. L’épidémie est telle que plusieurs villes ont été confinées, soit plus de 56 millions de personnes isolées.

Les pays concernés

Le nouveau coronavirus a fait son apparition en Chine en décembre avant de se propager à quelques autres pays. Les pays concernés sont : la France, les Etats unis, la Corée du sud, le Japon, le Nepal, Singapour, Taiwan, la Thaïlande, le Vietnam, Hong Kong, Macao, l’Australie.

Un accueil médicalisé

La France prend ses précautions. Un accueil médicalisé va être mis en place à partir du dimanche 26 janvier à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle à l’arrivée des vols directs en provenance de Chine. Un dispositif qui va être déployé alors que trois patients ont été hospitalisés en France, dont deux à Paris, pour une infection au coronavirus originaire de Chine.

Dépistage dans les transports

La Chine a ordonné des mesures nationales de dépistage dans les trains, les bus et les avions. Des points d’inspection vont être mis en place et tous les voyageurs présentant des symptômes de pneumonie seront «immédiatement transportés» dans un centre médical. De plus, la circulation des véhicules à moteur non essentiels sera interdite à compter de samedi minuit.

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