mercredi , 13 décembre 2017
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Dr Ameer Goumany
Premier rang de gauche à droit Aisha, Bibi Nazmoon Nessah, Nooroun Nissah Deuxième rang (debout de gauche à droite) Najihah Afifa, Nasim, Noorani, Noorhassen, Nasreen, Nabihah et Rasheed

Souhait des descendants du Dr Ameer Goumany : des bourses d’études pour les enfants pauvres

En allant vivre sur une station de quarantaine parmi les malades atteints de la variole, le Dr Idrice Ameer Goumany avait payé de sa vie son courageux dévouement.

128 après, pour que le souvenir de ce sacrifice ultime soit transmis aux générations futures, sa famille souhaite qu’une bourse d’études soit attribuée aux étudiants pauvres qui voudraient entreprendre des études en médecine.

Le Dr Idrice Ameer Goumany, qui est né à Plaine Verte, avait à peine trente ans quand il est mort de l’épidémie de la variole à la station de quarantaine de Pointe aux Canonniers en 1889. Nasim Goumany, mariée à son arrière-petit-fils,  connaît sur le bout des doigts l’histoire de ce médecin qui avait été victime de son devoir. Nasim est cheffe du département de la langue ourdoue à la Rabindranath Tagore SSS. En prenant la parole le 2 novembre 2017 au Club  Med lors de la commémoration du 128e anniversaire de la mort du Dr Idrice Ameer Goumany, elle avait mis en exergue ses qualités, son dévouement et son courage. Pour que le souvenir de  l’immense sacrifice du jeune médecin soit transmis de génération en génération,  au nom de la famille Goumany, elle a lancé un appel au gouvernement pour que des bourses soient attribuées à des jeunes au bas de l’échelle pour effectuer des études supérieures à l’étranger. « Ce sera une façon d’honorer la mémoire du Dr Idrice Ameer Goumany », laisse-t-elle entendre..

Elle a rappelé qu’Idrice est né le 4 mai 1859 au Camp de Lascars à Plaine Verte et a grandi dans un milieu modeste. Jeune homme brillant, malgré les difficultés à l’époque, il fut parmi les premiers fils d’immigrés à partir pour l’étranger pour des études supérieures. Les contraintes financières, les restrictions coloniales et le voyage périlleux par bateau n’ont pas refroidi son ardeur et son désir pour atteindre son objectif.

Le Dr Goumany s’inscrivit pour des études en médecine à l’université de Glasgow et à l’université d’Edinbourg pour sa spécialisation. Nasim indique que sa famille possède toujours les certificats et autres documents du Dr Goumany. Ce dernier a su préserver ses racines et était fier d’appartenir à une  famille d’immigrés. Son attachement pour sa famille et son désir  patriotique  le ramenèrent dans son pays.

Quand le pays fut frappé par l’épidémie de la variole, beaucoup de médecins refusèrent de soigner les malades malgré l’appel du gouvernement colonial.

Les  laboureurs immigrés venus de l’Inde par milliers rendirent la situation catastrophique. Beaucoup d’entre eux rendirent l’âme et des centaines d’autres, infectés par l’épidémie, furent envoyés en quarantaine à la station de Pointe aux Canonniers. Le Dr Idrice Goumany accepta d’exposer sa vie pour soigner les malades. Bientôt, l’épidémie eut raison de lui également.

Sa mort prématurée jeta ses parents dans une fâcheuse situation financière. En effet, ils avaient contracté un emprunt conséquent avec l’espoir qu’il retournerait à Maurice et travaillerait comme médecin pour le rembourser. La maison de ses parents de même que des tableaux de sa sœur Mirmani, une artiste de renom, furent alors vendus pour éponger les dettes. Le gouvernement colonial de l’époque avait pourtant promis d’offrir une compensation à sa famille mais cette promesse ne fut jamais honorée.

« Le Dr Idrice Ameer Goumany fut un héros et un grand patriote qui donna sa vie pour sauver celle des autres. Il soignait tous les malades indépendamment de la couleur de leur peau, leur  groupe ethnique et leur appartenance religieuse », souligne Nassim.

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