vendredi , 17 mai 2019
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Sara Dowlut
Sara entourée de la famille et des ministres

Souhait de Sara Dowlut, nouvelle centenaire : se rendre à La Mecque une 7e fois

Le jeudi 29 novembre, Sara Dowlut a intégré le club des centenaires. Rayonnante de joie et en bonne santé, elle nous parle de son passé comme si c’était hier. Elle se remémore de son enfance et sa vie de couple dans les moindres détails. À cent ans, son plus grand désir c’est de revoir la Ka’aba et Madeenah Shareef.

Pourtant six fois dans le passé, elle est partie en Arabie saoudite  pour accomplir le hadj et l’oumrah, mais elle n’en a jamais assez. La dernière fois qu’elle avait accompli le hadj, c’était approximativement à l’âge de 80 ans. L’année exacte, elle ne s’en souvient pas à cause de son âge. Mais cela ne veut pas dire qu’elle a également oublié les noms des lieux sacrés qu’elle avait visités à la Mecque. « C’était extraordinaire de voir la Ka’aba Shareef devant moi. C’est gravé dans ma mémoire à jamais », dit-elle avant de plonger dans une longue réflexion. D’ailleurs, c’est le souvenir le plus précieux qu’elle conserve de sa longue vie. « Si j’avais la force pour marcher, j’aimerais me rendre à La Mecque où Allah a versé Ses bénédictions et à Madinah où repose le Prophète Muhammad (saw) », dit-elle.

D’ailleurs, sa petite-fille, Rooksana Bandoo, qui s’occupe d’elle au quotidien, nous confirme que Nani Sarah qui habite la rue La Reine, Rose-Hill, est une personne très pieuse. Outre, les programmes religieux en ourdou à la radio tous les jours, elle ne s’adonne à aucune autre activité et ne regarde même pas la télé pour passer le temps. « Elle avait des années de cela offert son téléviseur aux gens. Aussi, Nani aime beaucoup faire le tasbih assise dans son fauteuil. Elle est toujours absorbée dans le zikr. C’est grâce à elle que j’ai acquis cette habitude moi aussi. Quand je suis au bureau et qu’il n’y a personne, je ne perds pas mon temps et je le consacre à faire du tasbih », nous confie-t-elle.

Une autre bonne habitude que Rooksana a apprise d’elle c’est de faire la charité. Elle nous raconte que Nani Sara donne l’aumône chaque jeudi et vendredi.

«De même, elle n’hésite jamais de faire des donations pour la construction des masjids », poursuit-elle. Rouksana fait le va-et-vient chez Nani Sarah tous les jours tandis que sa sœur, Amina Mousudee, s’occupe de payer ses fractures mensuelles et d’acheter ses médicaments.

Secret de longévité

Pour son fils, Cader Dowlut, qui est venu d’Angleterre pour cette célébration spéciale du centenaire de sa mère, le secret de longévité de Nani Sarah, c’est la prière et la spiritualité durant toute sa vie. « C’est vrai que maman n’a pas fait de travail dur et a eu une vie facile. Mais c’est sûr qu’elle était forte physiquement et moralement pour avoir grandi six enfants », souligne Cader.

Une bonne qualité qu’il a héritée de sa mère, c’est de rester en compagnie des personnes positives et de fuir celles qui sont négatives. « Maman n’aime pas les personnes qui aiment dire du mal des autres derrière leur dos », avoue-t-il. Chaque semaine, il ne manque pas de téléphoner à sa mère d’Angleterre, tout comme ses autres frères et sœurs pour s’enquérir des nouvelles de sa mère. « Il est étonnant qu’à cet âge, elle se souvient des noms de tous ses enfants et petits-enfants. Elle me demande les nouvelles de chacun d’entre eux », dit-il.

En outre poursuit-il, sa mère ne souffre d’aucune maladie. Elle n’a ni hypertension, ni diabète. Elle souffre uniquement de douleurs qu’il attribue aux effets de vieillissement.

Fazila Dowlut-Madarbux, la fille de Sara, qui a aussi émigré en Angleterre, se rappelle avec tendresse les doux souvenirs de sa mère dans la cuisine. « Ah ! Je ne peux jamais oublier ce kalia de poisson que maman nous préparait. C’était vraiment somptueux », exclame-t-elle. Elle nous dit avec un brin de fierté avoir hérité du savoir-faire culinaire de sa mère. « Le masala crasé sur la roche curry, le parfait mélange des épices et la durée de la cuisson, j’ai tout appris d’elle. Cela a été très profitable pour ma famille en Angleterre », nous confie-t-elle, souriante.

Toutefois, Fazila souligne que sa mère a été stricte envers toutes ses filles, quand il s’agissait de leur tenue vestimentaire, des sorties et de leurs fréquentations. « C’est pour cette raison que toutes mes sœurs et moi avons une bonne vie maintenant », affirme-t-elle.

Enfance paisible

À Chemin-Grenier, Nani Sara a connu une enfance paisible en compagnie de ses quatre frères et deux sœurs. Son père était marchand de gâteaux et sa mère femme au foyer. Elle a fréquenté l’école primaire jusqu’à la troisième. Puis, elle est restée à la maison pour aider sa mère à préparer les repas et apprendre à coudre. À l’âge de 15 ans, elle est demandée en mariage par Monaf Dowlut à Rose-Hill. Depuis, elle a vécu à Rose-Hill, durant 85 ans. Cela fait 35 ans que son époux l’a quittée pour l’au-delà. Quand ses enfants ont eu la chance d’aller faire leur avenir en Angleterre, elle les avait tous encouragés en disant : « L’opportunité frappe à votre porte, saisissez-la avant qu’elle ne s’en aille ». Ainsi, ses cinq enfants sont tous partis en Angleterre, sauf la mère de Rooksana. Nani Sara a également eu l’opportunité d’aller en Angleterre à quatre reprises. Nani Sara a un fils et cinq filles, seize petits-enfants, 18 arrière-petits-enfants et un arrière-arrière-petit-enfant. Le plat préféré de Nani Sara demeure le briani. À ce sujet, Rouksana nous révèle: « Si ou donne li manz briani tou lezur, li pa pou refizé ».

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