dimanche , 17 novembre 2019
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Pour qu’elles soient heureuses comme vos enfants : l’Eid des orphelines

La charte internationale des droits de l’homme n’a pas indiqué spécifiquement les droits de l’orphelin, elle a plutôt indiqué les droits de l’enfant. Par contre, l’islam accorde une attention particulière aux orphelins et à la protection de leurs droits. 

Les orphelins sont considérés comme des petits joyaux de notre communauté et ils sont des êtres qui ont perdu très tôt l’affection, l’amour et la protection de l’un de leurs parents ou sinon des deux. Il est donc de notre devoir de nous occuper de ces petits êtres chers, de ces jeunes serviteurs d’Allah envers lesquels nous avons tous une grande responsabilité.

À quelques jours de la fête Eid nous avons rendu visite aux orphelines de l’orphelinat de la rue Labourdonnais pour savoir comment elles comptent célébrer cette fête alors qu’elles n’ont personne pour les embrasser et les étreindre en ce grand jour.

Elles sont cinq orphelines, toutes des étudiantes du primaire et du secondaire. Celles-ci sont à l’orphelinat depuis plus de 7 ans celles-là depuis 5 ans. Elles sont timorées et timides et nous tâchons de les dérider et leur mettre du baume au cœur. Rassurées, elles font mine de sourire lors de notre conversation. Mais nous ne lisons pas sur leur visage l’exubérance naturelle et innocente des enfants de leur âge. Toutes nous affirment cependant qu’elles sont très heureuses à l’orphelinat et qu’elles y sont bien traitées.

D’ailleurs Rhoodijah Cadersaib, la matronne, nous laisse entendre que les filles se revêtiront d’habits neufs le jour de l’Eid. Un responsable de l’orphelinat les a emmenées faire les magasins pour qu’elles choisissent elles-mêmes leurs vêtements. Personne ne sera autorisée à sortir le jour de la fête Eid car une équipe de volontaires de Pailles a signifié son intention d’animer une fête ce jour-là à leur intention dans l’enceinte de l’établissement. Des tables garnies de friandises et de mets succulents ont été prévues.

Cadeaux

Des familles viendront visiter les enfants et leur remettront plein de cadeaux. La responsable de l’orphelinat nous indique que les enfants orphelins sont sensibles aux petits attentions que les visiteurs leur portent. Tout sera fait pour que ces enfants se sentent moins seuls, moins tristes, pour qu’elles se sentent aimées et entourées comme tous les autres enfants qui ont la chance d’avoir des parents. « Nous voulons qu’elles oublient leurs peines et qu’elles vivent la joie de l’Eid comme tout le monde, » nous dit la responsable.

On est conscient à l’orphelinat que l’affection parentale manque aux filles bien qu’elles soient bien traitées et ne manquent de rien.

Aisha, 13 ans, a perdu son père à l’âge de 10 ans. Sa mère a refait sa vie et c’est son grand-père qui est venu la confier à l’orphelinat ainsi que ses deux sœurs, Nazia, 12 ans, et la petite Asma, 7 ans. Aisha fréquente le collège Madad-ul-Islam. Aisha et ses sœurs sont élogieuses envers l’orphelinat qui les a accueillies à bras ouverts. Elles observent le jeûne et chaque après-midi, après l’école, elles vont au madrassah. Aisha ne laisse pas apparaître sa tristesse quand nous lui demandons si elle ne voudrait pas que sa mère la serre dans ses bras le jour d’Eid. « Mo maman pou vinne guette nous le lendemain fête, » répond-elle avec le sourire.

Shahira, 15 ans, est la plus âgée des filles qui résident à l’orphelinat. Cela fait 6 ans depuis que sa mère l’a déposée à l’orphelinat après le décès de son père. « Mo maman trop pauvre. Li fine quitte moi dans couvent » explique-t-elle. Shahira à la tristesse dans les yeux, sa voix à peine audible nous fait comprendre que ses parents lui manquent. « Oui mo manque zotte beaucoup. Mais parfois mo mama vinne ranne moi visite après li aller ». Nous rompons la conversation avec elle pour cacher notre émotion. Shahira souhaite devenir professeure de langue pour aider les enfants défavorisés.

Katija, 11 ans, fréquente une école primaire. Elle est orpheline de père et de mère. Après leurs décès sa grand-mère l’a confiée à l’orphelinat alors qu’elle n’avait que 6 ans. « Mo nani malade et li pas trop vinne guette moi, » nous indique-t-elle. Elle souhaite un jour devenir médecin.

Nous avons le cœur bien lourd quand nous prenons congé de ces orphelines qui méritent tout notre amour. Nous avons pris rendez-vous avec elles après le ramadan pour passer une journée entière en leur compagnie.

Rhoodijah Cadersaib : 42 ans au service des orphelins

Rhoodijah Cadersaib a passé 42 ans de sa vie à s’occuper des orphelines. Elle est plus qu’une mère pour ces enfants. Avec la collaboration de Aisha Subratty, autre responsable de l’orphelinat, Rhoodijah Cadersaib nous indique que les pensionnaires de l’orphelinat sont bien traitées et ne manquent de rien. Les enfants sont tous scolarisées et vont à la madrassah dans l’après-midi. Elle nous apprend que trois filles qui ont grandi à l’orphelinat ont obtenu leur diplôme universitaire. L’une d’elles s’est mariée et est partie en Allemagne avec son époux tandis que sa sœur s’est mariée aussi et travaille comme enseignante. La troisième, Shamirah, diplômée en finance, est toujours à l’orphelinat. Certains filles qui se sont mariées n’oublient pas l’orphelinat et rendent visite souvent aux responsables.

Fondé en 1932, le «Mauritius Muslim Orphanage » abrite 35 dames et 5 enfants. Chaque jour un médecin et une infirmière rendent visite aux pensionnaires. « En ce qui concerne la nourriture, presque chaque semaine des gens viennent apporter toutes sortes de plats », nous dit Mme Rhoodijah.

Notre interlocutrice laisse entendre que même si elles sont orphelines, les filles n’ont pas été totalement abandonnées car soit une tante ou une proche vient leur rendre visite. Une discipline stricte est demandée aux filles. Toute sortie est autorisée après qu’une entrée ait été consignée dans un registre par un parent qui prend l’entière responsabilité de l’enfant. Les filles sont déposées à l’école par le van du couvent et dans l’après-midi le même véhicule les ramène à l’orphelinat.

Rhoodijah Cadersaib connaît l’importance et la valeur des orphelins après tant d’années passées avec eux. Elle nous cite un hadith qui dit: «Celui qui passe ses mains affectueusement sur la tête d’un orphelin pour nulle autre raison que celle de plaire à Allah(SAW) sera récompensé au jour de rétribution pour chaque cheveu qu’il aura touché». Et d’ajouter que : « Quand l’orphelin pleure le trône du Créateur frémit ».

Rhoodijah Cadersaib invite les frères et sœurs à venir rendre visite aux pensionnaires du couvent dont certaines sont alitées et aussi pour passer un moment avec les enfants qui ne réclament qu’un peu d’amour et d’affection. Votre visite peut permettre à des orphelines d’être heureuses comme vos enfants et vos nièces.

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