Société – Star http://starpress.info Journal d'information en ligne Fri, 21 Jul 2017 09:15:13 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.6.6 La mendicité devant les mosquées http://starpress.info/mendicite-devant-mosquees-1888/ Thu, 29 Jun 2017 09:36:48 +0000 http://starpress.info/?p=1888 Il ne manque jamais de mendiants devant la Markazi Mosque de la rue SSR et la Jummah Masjid. Mais pendant le Ramadan, leur nombre quadruple. STAR s’est intéressé à leur situation.

Majoritairement des femmes, surtout âgées, ces mendiants acceptent l’aumône facilement mais se confient difficilement. Ils ne veulent pas desserrer les dents lorsqu’on leur demande la raison pour laquelle ils tendent la main au public, mais surtout aux fidèles des mosquées, à longueur de journée. Comme la patience paie toujours, nous sommes parvenus à avoir quelques témoignages.

Le mois du Ramadan est perçu comme étant le mois de la moisson pour les mendiants. Ce n’est plus le cas selon Aisha, 87 ans. Pour cette Port-louisienne qui mendie depuis trois décennies devant la mosquée Markazi, les musulmans leur donnent de moins en moins de zakaat. « Dans le passé, je recevais de quoi subvenir aux premières nécessités de sa famille pendant presque dix mois. Or, d’année en année, notre récolte va en diminuant », dit-elle. À quoi attribue-t-elle cette tendance ? « On me dit que les gens préfèrent donner leur zakaat à des associations dont le nombre s’accroît selon ce que l’on m’a dit », répond-elle. Pourquoi ne se tourne-t-elle pas vers ces associations au lieu de mendier ? « Je ne vous cacherai pas que je reçois de l’aide d’une association de ma localité, mais cela ne suffit bien que je reçois la pension de vieillesse. Je dois aider ma fille qui est divorcée de subvenir aux besoins de ses cinq enfants. Vous savez bien qu’une bonne à tout faire reçoit  très maigre salaire », fait-elle ressortir.

Nasreen, bientôt 80 ans, habite Triolet, cherche de l’aide étant une veuve. « Mon époux est mort depuis une trentaine d’années. Je ne viens pas ici souvent. Pendant le mois de Ramadan, je viens quelques fois pour obtenir quelques sous pour donner à ma sœur chez qui j’habite. Elle fait face  à des difficultés financières des fois à cause de ma santé précaire. Elle utilise l’argent de ma pension pour m’acheter  de la nourriture et prendre soin de moi, » avoue-t-elle. Elle est venue à Port-Louis car sa voisine lui a demandé d’aller à l’hôpital Dr A.G.Jeetoo pour se faire vacciner contre la grippe.

Faire bouillir la marmite

Fawziah, 57 ans, qui habite Vallée des Prêtres, nous confie qu’elle doit impérativement mendier tous les jours car elle doit payer le loyer, l’électricité et l’eau  et acheter de la nourriture pour ses 2 enfants. Pendant le mois de Ramadhan, les musulmans lui remettent leur zakaat et ainsi elle en profite pour acheter quelques vêtements  d’Eid pour ses enfants et leurs fournitures scolaires. « Mon mari est malade et je dois prendre soin de lui. J’étais avec lui dans nos moments de joie et de bonheur et maintenant quand il est cloué au lit, je ne peux pas l’abandonner, », laisse entendre Fawziah. Selon elle, la mendicité n’est pas un défaut. « C’est mieux que de voler les gens ou d’acquérir illégalement de l’argent facile, » ajoute-t-elle. Elle dit que les passants leur donnent des sous et qu’avec l’argent récolté elle peut facilement faire bouillir la marmite. « La vie est dure. Quand on va de porte en porte pour demander de l’aide, beaucoup de gens ne nous aident pas parce qu’ils croient que nous mendions par vice et que nous vivons dans de belles maisons,» nous dit la veuve, les larmes aux yeux. « Nous ne mendions pas pour devenir riches. C’est la pauvreté qui nous pousse vers la mendicité, » ajoute-t-elle.

Selon Kairoun Bibi, une quadragénaire, le gouvernement ne l’aide pas suffisamment pour qu’elle puisse mener une vie normale comme les autres. « N’étant pas éduquée, personne ne me donne du travail. La mendicité demeure la seule solution pour moi en cas de besoin,» raconte-t-elle. Elle nous affirme qu’elle ne mendie pas pendant toute l’année mais seulement quand elle se trouve en difficulté financière. La plupart du temps elle fait des travaux ménagers chez les gens. Mais elle gagne à peine Rs 5000 par mois pour subvenir aux besoins de ses enfants. Son mari qui est alcoolique l’a abandonnée depuis longtemps.

Aminah est habitante de Pailles. Elle reconnaît que « les musallis de la Jummah Masjid nous aident beaucoup, surtout pendant dans le mois de Ramadhan. « Je ne retourne jamais les mains vides quand je viens devant cette porte. Allah envoie nos provisions à travers ces musulmans qui ont bon cœur, » dit-elle.  Toutefois, elle demande aux gens de ne pas se moquer d’elles ou de les critiquer car elles sont dans le besoin. «  Je sais qu’il y a des personnes qui ne devraient pas mendier, mais on ne doit pas pénaliser celles qui sont vraiment dans le besoin. Ceux qui nous donnent l’aumône  peuvent toujours vérifier avant de nous donner quelque chose. Il n’y a pas de mal à chercher une aide auprès de ceux envers qui Allah s’est montré généreux, » fait-elle ressortir.

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Nasser Mosaheb : Amputé d’une jambe et toujours coiffeur http://starpress.info/nasser-mosaheb-ampute-dune-jambe-toujours-coiffeur-1870/ Tue, 27 Jun 2017 08:04:24 +0000 http://starpress.info/?p=1870 Malgré l’amputation de sa jambe droite  à la suite d’une infection, Nasser Mosaheb s’accroche tant bien que mal à la vie et tente de sortir de la misère. S’appuyant sur ses béquilles, il se déplace chez des clients pour leur couper les cheveux.

En effet, Nasser Mosaheb, connu comme Bhai Siddick, a travaillé dans la capitale comme coiffeur pendant plus d’une quarantaine  d’années. Cet habitant de Camp de Masque Pavé a appris ce métier depuis l’âge de 12 ans. À cette époque, il résidait chez son oncle et ne rentrait à la maison que pendant le weekend. Nasser nous indique qu’il gagnait bien sa vie comme coiffeur et pouvait faire bouillir la marmite familiale. En 2014 sa vie bascule après son hospitalisation pour cause de douleur abdominale. Une semaine après il reprend son travail ,mais fait une rechute. Les médecins découvrent qu’il a un problème de gastrite aiguë qui nécessite une hospitalisation immédiate. Des examens poussés indiquent aussi qu’il commence à développer des troubles rénaux. Nasser est abattu et cherche le réconfort dans les duahs et la prière. Sans source de revenus, il se voit vite confronté à des difficultés financières.

Toujours en 2014, suite à une  alerte cardiaque, il est admis au Centre Cardiauqe de Pamplemousses pour subir un pontage aorto-coronarien. Le prélèvement d’une veine saphène au niveau de la jambe ne sera pas sans conséquence pour lui.  Mal refermée, la plaie à sa jmabe s’infecte et bientôt l’amputation devient  nécessaire pour qu’il ait la vie sauve. Il accepte en larmes  la décision des médecins et sa jambe est amputée jusqu’au genou.

 «Musjid impé loin, mais mo faire mo zeffort kan mo la santé permette moi»

Handicapé, Nasser passe trois semaines à l’hôpital et rentre à la maison sur des béquilles. Ayant entretemps perdu son épouse,  il ne peut que compter que sur sa fille pour les travaux ménagers. Il touche une pension qui n’est guère suffisante pour faire vivre sa famille. Heureusement que son père avait construit une maison et il y vit avec sa fille qui est mère de trois enfants.

Nasser est un battant et ne s’avoue pas vaincu. Malgré son handicap, il cherche du travail pour arrondir ses fins de mois. « Mo gagne médicament l’hôpital mais li pas assez. Mo bizin acheter la pharmacie. Mo paye de l’eau, la lumière et pou tire ration li pas assez », dit-il.

Nasser qui a gardé la main comme coiffeur se  déplace sur ses béquilles pour couper les cheveux des clients à domicile. « Je suis pauvre et je n’ai pas le choix », dit-il. Nasser a choisi de travailler pour gagner sa vie plutôt  que de faire le manche sur le trottoir.

Il accomplit ses devoirs religieux au mieux de ses capacités en se rendant au musjid quand sa santé le lui permet Même handicapé il se déplace à la mosquée pour accomplir le namaz. «Musjid impé loin, mais mo faire mo zeffort kan mo la santé permette moi», laisse-t-il entendre.

Pour la fête Eid-ul-Fitr, Nasser ne prévoit rien de spécial car sa situation financière ne le permet pas. En cette fin du mois de ramadan, il lance un appel à ses frères et sœurs de même qu’aux compagnies privées pour lui offrir une aide financière. Sa situation mérite une attention particulière. Vous pouvez lui  rendre visite en lui téléphonant sur le 5722 7766

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L’extrême pauvreté à Grande Retraite : Rozida et sa fille se battent pour sortir de la misère http://starpress.info/lextreme-pauvrete-a-grande-retraite-rozida-fille-se-battent-sortir-de-misere-1759/ Mon, 12 Jun 2017 11:03:58 +0000 http://starpress.info/?p=1759 À Grande Retraite, village qui se trouve dans l’est du pays, vivent Rozida Choychoo, 57 ans et sa fille dans une petite maison en tôle qui se transforme en passoire à chaque grosse pluie.

Quand on pénètre à l’intérieur de la maison bleue qui se trouve au fond d’une cour, on est confronté à la misère dans toute sa laideur. à vrai dire, la mère et sa fille habitent une bicoque délabrée avec pour tout mobilier une petite table, deux chaises en plastique en mauvais état,  un lit au milieu de la cuisine et deux autres lits dans une petite chambre mal éclairée.

Rozida Choychoo vit de sa pension qu’elle perçoit de la Sécurité sociale. Sa fille bien qu’elle ait réussi aux examens de School Certificate (SC) ne travaille pas. «Quand la pluie tomber nous bizin mette banne récipient pou lacaze pas inondé», nous raconte Rozida. Sa fille ajoute que durant les grosses averses la maison est inondée et il est difficile de mettre pied à terre. Dans la cuisine, le vinyle déchiré est comme une véritable  patinoire. En hiver il fait extrêmement froid car le vent s’infiltre  entre les feuilles de tôle: «Gros gros tangue rentre dans la cuisine et parfois couleuvre oussi ena», dit Rozida. Avec des larmes aux yeux, elle nous dit qu’elle ne reçoit aucune aide de personne. Pour sa nourriture, elle se contente de quelques légumes qu’elle a plantés devant sa porte. La viande fraîche de bœuf est un luxe pour les pauvres. « Mo pas capave dire ou combien temps mo pas fine acheter la viande frais. Li trop cher pou dimoune misère», dit-elle encore.

Elle se contente de la viande congelée et parfois du poisson salé grillé. Elle indique qu’elle a d’autres filles qui sont mariées et des frères mais qu’eux aussi ont une famille à nourrir. «Mo banne frère pas mauvais, mais éna femme zenfant pou nourri ,comment zotte pou guette nous », explique-t-elle. Rozida achète ses provisions à crédit à la boutique du coin et quand elle dispose d’un peu d’argent, elle règle ses comptes. Qu’importe sa situation, elle garde espoir qu’Allah enverra un bienfaiteur pour changer leur vie de misère. Chaque jour est une nouvelle bataille pour cette famille. Durant ce mois de ramadan ,Rozida et sa fille jeûnent et ne manquent pas le namaz. « Mo demande Allah dans namaz pou aide nous et ouvert ene chemin pou nous. Allah zamais li rejette parole ene dimoune pauvre», souligne-t-elle. Rozida serait heureuse si sa fille trouvait du travail afin qu’elle puisse être indépendante et vivre comme une fille de son âge.

Nous quittons Rozida et sa fille avec la promesse que son cas sera référé  à des personnes bien intentionnées et prêtes à aider. Si vous désirez venir en aide à Rozida et sa fille vous pouvez les contacter sur le 4174148.

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À Vallée Pitot : Javed Parthay distribue 200 « naans » à des familles chaque soir http://starpress.info/a-vallee-pitot-javed-parthay-distribue-200-naans-a-familles-soir-1716/ Thu, 08 Jun 2017 07:00:45 +0000 http://starpress.info/?p=1716 Se donner à fond pour soulager la misère des personnes vulnérables. C’est l’objectif que s’est fixé Javed Parthay, un travailleur social de la capitale. Pendant le mois de ramadan, il assume de plus grandes responsabilités.

Alors que la nuit est tombée, Javed Parthay et son équipe de volontaires se concertent pour distribuer gratuitement des «naans» à 200 familles de Vallée Pitot dans des rues mal éclairées. Une petite enquête bien discrète a été effectuée précédemment sur les récipiendaires de l’aide alimentaire. 200 familles pauvres ont été ciblées. Cette action de bienfaisance ils l’accomplissent après le namaz Esha.  Plus tôt, ils avaient  récupéré les boîtes de naan à la pâtisserie Nasroolah.

C’est vers 21h00 que Javed Parthay et ses amis commencent leur tournée sur les terres de l’État  pour faire du porte-à-porte. Les chiens aboient et empêchent les volontaires de continuer leur route. Sur un chemin non asphalté en pente raide, Javed avec deux jeunes à ses côtés, grimpe la colline et frappe à la porte d’une vieille dame qui récupère son « naan ». «Allah pou récompense zotte pou sa» dit-elle. Cette dadi n’a pas les moyens pour s’acheter un naan chaque jour. Javed remet un naan dans chaque maison. Il nous laisse entendre que c’est grâce à un bienfaiteur qui a remis sa zakaat à la pâtisserie qu’il est en mesure de prendre livraison de 200 naans chaque soir. Qu’il vente ou qu’il pleuve, Javed ne se détourne pas de ses engagements. «Pou moi c’est ene plaisir et mo récompense c’est Allah qui fine réservé», laisse-t-il entendre. Après sa tournée, il redescend la colline et rentre chez lui.

Enquêtes sociales

Il est sur pied vers quatre heures chaque matin et se rend à la boulangerie pour prendre livraison de 500 pains chauds que les gens viennent récupérer gratuitement pour le sehri.

Javed Parthay fait du travail social depuis vingt ans et éprouve une vive satisfaction   lorsqu’il parvient à soulager la souffrance des autres. Il travaille pour une institution charitable et fait des enquêtes sociales chaque jour à travers l’île. «Sa travail partage naan mo faire sa pendant 8 ans», nous indique-t-il. Outre la distribution de naans et de pains durant le ramadan, Javed gère une société qui vient en aide à ceux qui n’ont pas les moyens de prendre à leur charge les funérailles d’un proche. Il organise gratuitement les mayyats et s’occupe de tout à la place de la famille de la personne décédée. Javed fait ressortir qu’il ne cherche jamais l’aide des politiciens et reste loin de la politique. Les fonds d’aide proviennent des donations des personnes qui lui font confiance.

«  Le travail social n’est pas un métier.  C’est un engagement pris avec soi-même et avec des gens bien intentionnés pour aider les autres et améliorer leur sort», dit-il. Il prône un approche humanitaire qui vise à soulager la misère. «Je n’attends rien en retour. Je ne suis pas politicien et je n’aspire pas non plus à devenir conseiller municipal ou député. Je rends service à mes frères et sœurs pour plaisir à Allah. C’est tout,» insiste-t-il.

Javed a déja organisé plusieurs activités sportives pour les enfants et une collecte de sang pour la banque de sang: «Beaucoup de gens à Maurice se font une image négative de Vallée Pitot. Ils ont la perception que cette région est infestée de toxicomanes alors que ce n’est pas vrai. Ce que les Mauriciens ne savent pas, c’est que dans cette région de la capitale il existe beaucoup plus de travailleurs sociaux qu’ailleurs dans le pays,» poursuit-il. Javed à la ferme conviction qu’un jour les gens viendront de tous côtés pour chercher une maison à Vallée Pitot. « C’est un endroit béni parce que les gens sont des croyants et sont des personnes honnêtes qui gagnent leur vie à la sueur de leur front. Certes il y’a la misère, mais personne ne meurt de faim », conclut-il.

*Toute personne désirant aider Javed peut  le contacter sur le 5975 8601.

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La famille ozeer : sans eau ni électricité http://starpress.info/famille-ozeer-eau-electricite-1683/ Mon, 05 Jun 2017 08:55:31 +0000 http://starpress.info/?p=1683 Un vent glacial souffle sur la colline surplombant Vallée des Prêtres. Nous avançons péniblement dans l’obscurité pour chercher la maison de la famille Ozeer à Carreau Lalo.  En face d’un terrain en friche, une petite maison de deux chambres éclairée par une bougie  donne l’impression que nous sommes dans un village du bout du monde.

Bibi Zaheera Khan Ozeer, entourée de ses 4 enfants, vient timidement nous saluer et nous invite à venir constater de visu sa misérable situation. Elle nous raconte que son époux, Sheikh Ahmad Ozeer, n’arrive que très rarement à dénicher un emploi comme peintre et n’a donc pas de revenu régulier.

En larmes elle nous raconte que sa famille doit s’imposer les plus dures privations et faire les plus grands sacrifices pour survivre. Assez souvent en effet les enfants n’ont rien à se mettre sous la dent et son mari et elle sont obligés de demander aux voisins deux paquets de « mine » (nouilles) pour passer leur faim.

À force de prendre des repas à des heures irrégulières, Bibi Zaheera Khan a fini par  souffrir de crampes gastriques En outre, les enfants s’absentent assez souvent de l’école car à leur réveil le matin, il n’y a ni une gorgée d’eau pour leur donner à boire ni un morceau de pain pour emporter à l’école. « Comment envoyer les enfants à l’école le ventre vide ? », nous dit Zaheera. Elle indique que son époux avait bien obtenu du travail à Bagatelle mais qu’il a dû l’abandonner. « Pendant ene mois li marcher li aller et li rétourné parski li péna transport », nous indique-t-elle.

Elle nous fait part de sa grande tristesse quand ses enfants cherchent à manger. « Zotte dire maman nous faim, nous ventre vide. Ena jour ena manger ena jour pena narien », ajoute-t-elle.

Leur petite maison de 2 petites chambres ne comporte qu’un lit brinquebalant. Il y fait sombre car elle a été déconnectée  du réseau du Central Electricity Board (CEB). « Péna mangé dans lacaze pas capave paye électricité.» Les factures impayées du CEB  s’élèvent à Rs 14.000.  La famille ne dispose pas non plus d’eau potable pour la même raison : factures impayées. Chaque jour c’est chez un voisin qu’elle s’alimente en remplissant un grand récipient. Zaheera nous explique que sa famille ne reçoit aucune aide de la Sécurité sociale. « Mon époux et moi voulons bien travailler, mais il n’y à pas de travail », nous dit la pauvre mère. Elle souhaite trouver un emploi comme gardienne de bungalow pour s’occuper du nettoyage de la cour. L’hiver est déjà là et il fait un froid de canard chez elle. C’est avec de l’eau glacée qu’elle a mise de côté dans un récipient qu’elle prendra son bain plus tard derrière un rideau en lambeaux.

À l’approche du ramadan, Zaheera respire un peu mieux car elle sait que durant ce mois sacré, les musulmans font de la charité au maximum. Elle espère avoir un peu d’argent pour payer sa facture d’électricité.  « Mo pas bizin l’argent là dans mo la main. Mo disposé donne ene dimoune mo bill pou paye li », dit-elle. Les enfants de Zaheera attendent eux aussi avec impatience le ramadan car chaque jour ils recevront de la nourriture en abondance que ne manqueront pas de leur faire parvenir  les voisins.

Zaheera peut être contactée sur le  58116237.

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Leur seconde vie après un accident http://starpress.info/seconde-vie-apres-accident-1636/ Tue, 30 May 2017 07:19:57 +0000 http://starpress.info/?p=1636 La vie est très belle mais parfois cruelle. Comme en témoignent les victimes d’accidents de la route ou du travail qui ont perdu à jamais leur autonomie.

Neuf mois avant son mariage qui était prévu pour septembre 2016, Muhammad Saamir Rajabally, 28 ans, a été victime d’un grave accident de la route le 28 décembre 2015. Le bras droit fracturé et blessé à plusieurs endroits de son corps, il a dû être amputé de la jambe gauche.

Dix-huit mois après son accident, Saamir habitant de Le Hochet, Terre Rouge, se remet à peine de ses blessures. Il avait  des projets plein la tête et regardait l’avenir avec confiance et optimisme, mais tout d’un coup son rêve a viré au cauchemar. Chez lui, sa famille, quoique écrasée par le chagrin depuis décembre 2015 quand le malheur a frappé Saamir, l’aide du mieux qu’elle peut à surmonter les épreuves.

Ancien helper dans un magasin, Saamir revient sur ce jour fatidique. « Après l’accident, je suis resté cloué au lit pendant six mois. J’ai eu le soutien de mes parents, de ma sœur et aussi de ma fiancée, Hasseena, qui a été toujours là pour moi pendant ces terribles moments. Pendant ces six mois, la vie n’a pas été facile pour moi et ma famille»,  ajoute Saamir.

Qu’est-ce qui s’est exactement passé ce lundi 28 décembre 2015 ? Pour ses proches, le mystère le plus épais entoure toujours les circonstances de ce terrible accident. « Nous comprenons que Saamir était sur le trottoir en train de réparer sa moto quand une voiture est venue le heurter. Le choc a été terrible. Il avait le corps brisé de toutes parts. Le bras droit de Saamir a été fracturé, la jambe gauche a été écrasée, plusieurs côtes ont été fissurées, un poumon a été perforé, la rate a explosé. Suite à la rupture d’un muscle, ses intestins se sont déplacés vers le haut », nous dit-on.

Saamir est resté vingt jours aux soins intensifs. Il a du subir plusieurs interventions chirurgicales. « J’avais la mâchoire fracturée et on a même dû enlever une partie de ma rate. Pour moi, la vie ne sera plus jamais la même »,  laisse-t-il entendre.

Le projet de mariage tient toujours

Les parents de Saamir restent confiants que par la volonté de Dieu, leur fils récupérera suffisamment pour épouser sa fiancée qui se dévoue tant pour lui. Elle-aussi garde espoir. Ils n’ont jamais pensé à annuler le mariage. Et le temps leur a donné raison. Saamir se déplace avec une prothèse à sa jambe gauche. Il peut tenir sur son autre jambe et sa fiancée et lui iront de l’avant avec le mariage. Ainsi vont-ils se marier le 10 septembre 2017.

Avant son accident il avait ajouté un premier étage à la maison familiale. Mais les travaux de construction avaient été arrêtés après son accident. Cependant, avec l’aide de ses proches, Saamir a pu presque terminer sa maison. Certes, aujourd’hui il n’arrive plus à travailler et reçoit une pension d’invalidité, mais il peut compter sur l’amour incommensurable de sa future épouse pour le soutenir et l’aider à sortir d’un interminable tunnel.

Zahir: « Un accident peut arriver à n’importe qui »

ZahirZahir Elaheebacus, 41 ans et habitant Agnis à Pailles a été victime d’un accident de travail il y a 17 ans. Depuis il a perdu l’usage de ses deux jambes,  Alors qu’un avenir prometteur s’offrait à lui, sa vie a basculé.

Le 25 juillet 2000, soit dix mois après son mariage. Zakil qui travaillait comme storekeeper pour une compagnie privée située dans la capitale, a quitté sa maison sur ses deux jambes pour la dernière fois.  Ce jour-là, sur son lieu de travail, il avait une livraison à faire. Il a pris l’ascenseur du warehouse pour aller au cinquième étage. Malheureusement, un câble de l’ascenseur lâche et celui-ci s’écrase sur le sol avec Zahir à l’intérieur. Grièvement blessé, il a  été transporté par le Samu à l’hôpital. C’est un véritable miracle qu’il  soit encore en vie à la suite de l’impact au sol mais hélas ses blessures sont graves : sa colonne vertébrale a été fracturée et il a perdu l’usage de ses deux jambes à tout jamais.  Zahir a été envoyé en Afrique du Sud par son employeur pour se faire examiner par des grands spécialistes. Il a subi plusieurs interventions chirurgicales mais sans grand succès. Il reste cloué  au lit.

Depuis sa vie a été complètement chamboulée et il dépend d’une pension d’invalidité pou vivre. Abandonné par sa femme, il regarde l’avenir avec tristesse.  « Ma vie a complètement changé.  Je remercie mes amis, ceux qui m’ont soutenu et aussi la compagnie où  je travaillais qui est toujours là pour moi. Il y a toujours un grand chagrin au plus profond de moi car je ne peux accomplir beaucoup de choses. Je vois la vie défiler devant moi et je peux seulement regarder les autres s’habiller de façon chic et se déplacer au volant d’une voiture.  Tous ces petits plaisirs me sont désormais interdits. Avant mon accident j’avais prévu de partir construire un avenir ailleurs. Aujourd’hui je dois me résigner à mon sort. C’est la volonté d’Allah. Un accident peut arriver n’importe quand à n’importe qui. Certains perdent la vie dans un accident tandis que d’autres ont la chance de s’en sortir », dit Zahir.

Un préposé de la Sécurité sociale nous explique qu’une victime d’accident peut bénéficier soit d’une allocation sociale si son handicap est moins de 60% soit d’une pension d’invalidité si son handicap est plus de 60%.

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Abandonnée par sa mère à l’âge de 3 ans : Internée au RYC, Husna souhaite faire le Ramadan librement http://starpress.info/abandonnee-mere-a-lage-de-3-ans-internee-ryc-husna-souhaite-faire-ramadan-librement-1633/ Tue, 30 May 2017 06:58:42 +0000 http://starpress.info/?p=1633 L’histoire de Husna R…, 17 ans, internée au Rehabilitation Youth Centre (Filles) à Beau Bassin est bouleversante. Sa tutrice, Ayesha Joomun, fait le récit.

Husna n’avait que 3 ans quand elle  a été abandonnée par sa mère qui l’a laissée entre les mains de son époux et sa grand-mère. Husna a grandi dans un environnement hostile.

Son père décédé, elle est pris en charge par la Child Development Unit car sa grand-mère n’avait aucune autorité sur elle. Husna est placée dans un shelter à Forest Side. Entourée d’autres enfants abandonnées, abusées sexuellement ou battues, Husna ne comprend rien de son nouveau monde. Elle réside dans ce shelter jusqu’à l’âge de 12 ans. Elle est coupée de la réalité de la vie et ne pratique pas sa religion. À l’âge de 13 ans elle est placée dans un «home». Husna ressent une révolte l’envahir et refuse de se considérer comme une enfant abandonnée. Elle aurait voulu vivre comme toutes les filles de son âge et aller à l’école comme une adolescente et vivre comme une musulmane.  Au mois de décembre 2015, elle obtient un «Leave of absence» pour aller vivre chez une dame jusqu’en 2016.

Au mois de novembre 2016, sa tutrice Ayesha qui a pris sa responsabilité la fait placer dans un orphelinat musulman. Mais pour diverses raisons, Husna est accusée de violence envers des enfants. Ce qu’elle dément catégoriquement. La direction la renvoie au RYC . Il faut souligner que Husna vivait à l’orphelinat à l’âge de 9 ans. Ayesha, sa tutrice, explique que sa protégée est une fille sensible et qu’elle demande à être comprise. À l’approche du ramadan, elle voudrait se retrouver dans un autre lieu et faire ses 5 prières quotidiennes. Husna est consciente qu’elle est une forte tête, mais avec l’âge, elle a évolué positivement et demande une chance pour retourner à l’orphelinat. En 2018 elle aura 18 ans et sortira du RYC. Qui voudra d’elle? « Husna a souffert dans son enfance. Elle n’a jamais retrouvé sa maman. D’ailleurs, à 17 ans elle éprouve le besoin de connaître ses origines », nous dit Ayesha.

Ayesha, rend souvent visite à Husna et prépare sa sortie. Mais où ira-t-elle? Ayesha explique qu’importe l’amour donné par les parents adoptifs, cela ne suffit pas pour panser des plaies béantes que celles causées par l’abandon, la vie dans un  orphelinat, le déracinement. L’abandon marque à vie. On fait tout pour se faire accepter, on ne supporte pas d’être rejeté.

Husna souhaite avoir une deuxième chance pour retourner vivre à l’orphelinat. Elle pense même écrire à la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, pour intervenir en faveur de sa réintégration.

Par ailleurs, Ayesha nous explique que plus d’une trentaine d’enfants musulmans de 11  à 17 ans vivent dans des shelters et ne connaissent rien de la religion. Ce sont des enfants battus, abusés sexuellement et victimes de maltraitance. Ces enfants n’ont aucun repère et aucun guide. Ils adoptent des attitudes anti-islamiques. Rejetés par leurs familles, ils sont sous la responsabilité de l’État. Pourquoi ne pas les placer dans des institutions islamiques où sont enseignés le Quraan et les valeurs islamiques ? Il est à regretter  qu’à Maurice il n’existe aucun shelter islamique.

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À Vallée des Prêtres : Arfaaz dort à la belle étoile http://starpress.info/a-vallee-pretres-arfaaz-dort-a-belle-etoile-1537/ Mon, 22 May 2017 10:25:07 +0000 http://starpress.info/?p=1537 Son histoire déchirante sur les ondes de Radio Plus à bouleversé les auditeurs. Arfaaz Yadally, 19 ans, orphelin, n’en pouvait plus de vivre en plein air et de surcroît le ventre vide la plupart du temps.

Arfaaz Yadally, a donc pris son courage à deux mains et s’est pointé à Radio Plus dans l’émission Xplik ou K pour raconter son calvaire. En larmes sur les ondes, Arfaaz a laissé parler son cœur pour raconter les péripéties de sa vie.

Nous l’avons rencontré en début de soirée  à Carreau Lalo Vallée des Prêtres sur le flanc d’une colline. Assis sur un banc, Arfaaz, les traits tirés, n’a rien mangé depuis le matin ni avalé un peu de thé. Nous l’invitons à nous suivre pour lui proposer un casse-croûte. Il nous ouvre son cœur.

Depuis l’âge de trois ans, Arfaaz et sa sœur ont été abandonnées dans un orphelinat à la rue Labourdonnais. À cet âge il nous confie qu’il ne connaissait que vaguement sa mère qui lui rendait visite très rarement. À l’orphelinat il était bien traité et recevait beaucoup d’affection. On l’envoyait à l’école et il ne dormait jamais le ventre vide. À l’âge de 11 ans Arfaaz apprend le décès de sa mère. Il dit n’avoir jamais vu son père dont il ne connaît même pas l’identité d’ailleurs. À l’âge d’adulte, il est transféré à l’hospice de la rue St Georges.

Un beau jour Arfaaz reçoit la visite d’une proche qui lui fait une confidence inattendue. «  Avant to maman mort li fine dire moi prend to responsabilité ». Trop content de l’aubaine, Arfaaz accepte l’offre de cette proche qui l’emmène avec elle pour vivre à ses côtés. « Au début nous raconte Arfaaz tout était rose. J’avais 14 ans et j’étais content d’avoir une certaine liberté et de vivre comme un jeune de mon âge » nous dit-il.

Transactions louches

Quelques mois après, il a dû déchanter. Il est traité comme un domestique et la proche partait se promener et laissait les corvées de la maison  à sa charge. Arfaaz confie qu’il ne se doutait pas que des « transactions louches » se déroulaient près de la maison de sa tante. C’est quand elle continuait à lui demander de se rendre sur la route pour faire le guet qu’il a compris qu’on servait de lui pour « faire banne travail sale ». Arfaaz ne veut pas nous dire  ce qu’il comprend par « transactions louches » et « travail sale » par peur de représailles. Il s’enfuit de la maison de cette proche  et cherche refuge chez son oncle à Carreau Lalo, Vallée des Prêtres.

« Le soir j’entends des voix et j’entends des choses anormales qui font le tour du banc où je me suis installé. J’ai peur dans l’obscurité. Mais que voulez-vous? Je n’ai nulle part où aller »

Ce dernier qui a 4 enfants à nourrir est chômeur et arrive difficilement à faire vivre sa famille mais accepte quand même d’héberger Arfaaz pour une nuit dans sa petite cuisine. Arfaaz réfléchit sur l’orientation à donner à sa vie. Où trouvera -t-il un toit pour dormir chaque soir? Il nous raconte qu’il a fait une nouvelle demande pour retourner à l’hospice mais qu’on lui a fait comprendre  que : « Péna place garder ici. Kan ou fine aller, ou place aussi fine aller». Arfaaz se retrouve sur le trottoir à chercher des petits boulots pour acheter de quoi manger pour passer sa faim.

La nuit venue, seul dans l’obscurité, il installe un drap et une couverture sur un banc pour dormir. Chaque soir c’est la même routine. Parfois c’est sous un grand arbre sur une plaque en béton qu’il installe sa couverture. Un rocher sous sa tête fait office d’oreiller. Quand il pleut il s’installe sous l’abribus à l’entrée de Vallée des Prêtres.  « Le soir j’entends des voix et j’entends des choses anormales qui font le tour du banc où je me suis installé. J’ai peur dans l’obscurité. Mais que voulez-vous? Je n’ai nulle part où aller », nous dit Arfaaz. Il raconte qu’une fois il s’est fait dépouiller de son argent par des toxicomanes. « Mo ti nettoye la cour ene madame. Zotte fine batte moi et zotte fine  prend tout l’argent ki mo fine gagner », dit-il.

« Si ene musjid accepter donne moi ene place pou dormi et impé manger mo capave en retour nettoyer et garde place là propre »

Arfaaz nous confie qu’en plusieurs occasions il a dormi le ventre vide. « Mo fine déjà péna manger pendant 3 jours. Mo tape la porte dimoune mo rode ene boute di pain », raconte-t-il. Arfaaz aimerait savoir la chance de vivre comme un être humain. Il raconte qu’il avait suivi un cours d’une année au Dar Ul Uloom Majalis-e-Raza à Plaine des Papayes pour devenir Hifz-ul-Quraan mais il ne nous dit pas pour quelle raison il a mis fin à ses études coraniques. La voix cassée par l’émotion et au bord de larmes, Arfaaz dit espérer  avoir la chance de trouver un emploi et une famille d’accueil. À l’approche du ramadan et de l’hiver, il appréhende de dormir en plein air. « Si ene musjid accepter donne moi ene place pou dormi et impé manger mo capave en retour nettoyer et garde place là propre », ajoute-t-il.

Arfaaz souhaite observer le jeûne du ramadan et s’en remet au Créateur pour changer sa vie misérable. Il nous raconte aussi avoir perdu de vue sa sœur mais il a appris que cette dernière a épousé un homme d’un autre communauté et mène une autre vie.

Arfaaz prend congé de nous car  un jeune au nom de Yasine habitant de Vallée des Prêtres qui a écouté son histoire sur  les ondes de Radio Plus l’a invité à dîner chez lui. Après le dîner Arfaaz s’installera sur son banc pour passer la nuit.

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Rashid Shamtally : Rs 2 m de dettes pour soigner sa fille sourde-muette http://starpress.info/rashid-shamtally-rs-2-m-de-dettes-soigner-fille-sourde-muette-1488/ Tue, 16 May 2017 05:45:01 +0000 http://starpress.info/?p=1488 Que ne ferait un père pour son enfant, surtout s’il est malade ? Pour donner une chance à sa fille de parler et d’entendre, Rashid a dépensé gros. Mais aujourd’hui, il croule sous une montagne de dettes.

Comment Rashid Shamtally s’est-il retrouvé dans cette impasse ? L’histoire qu’il  raconte est bouleversante.  « à la naissance de ma fille aînée (il a trois filles âgées de  3, 13 et 16  ans), l’hôpital n’a pu nous dire si elle entendait ou non. Quand elle a eu un an et demi, alors qu’elle était cachée derrière la porte, mon épouse et moi l’avons appelée. Nous l’avons appelée par son nom à maintes reprises, mais elle n’a jamais réagi. C’est alors que nous nous sommes rendus compte qu’il y avait un problème. Nous nous sommes posé cette question : Comment ce problème d’ouïe avait-il échappé à son pédiatre vu qu’il ne nous avait rien dit ? »

« Nous avons emmené l’enfant à l’hôpital ENT. Une thérapie a été initiée. Ils ont noté que la capacité de l’ouïe était 90-120, ce qui était insuffisant pour qu’elle puisse entendre. On lui a mis un appareil auditif, ce qui était inutile à nos yeux. Qu’est-ce que cela allait changer ? », poursuit-il.

Mes dépenses au total se sont élevées à Rs 4 millions. Il me reste encore Rs 2 millions à rembourser

Rashid commence à effectuer des recherches par lui-même. Puis, il se rend avec sa fille à l’île de La Réunion. Les médecins découvrent alors ceci :  il y a une otite dans chacune des oreilles de l’enfant. C’est cela qui la rend autant agitée et nerveuse. Elle avait alors trois ans.

Pour l’emmener se faire traiter à l’île Sœur, il dépense près de Rs 100 000 dans un premier temps. « Il ne m’est resté plus un sou. Après une dizaine de jours, je suis revenu à Maurice. Je suis retourné vers le médecin traitant de ma fille pour m’informer auprès de lui s’il existait un traitement à la lumière du diagnostic des médecins réunionnais. Il m’a répondu par la négative », déclare-t-il.

Pour soigner la crise de nerfs de sa fille – elle brise pratiquement tout ce qu’elle voit à portée de main, sans oublier ses caprices -, un traitement est initié avec une psychiatre.

« Un jour, je me suis rendu chez son médecin traitant pour m’entretenir de manière plus personnelle avec lui. J’ai conversé avec lui pendant près de deux heures. Il m’a dit qu’il n’y avait pas de traitement pour le cas de ma fille. à la fin de notre conversation, il m’a dit qu’on pouvait opérer l’enfant, mais que ce serait une intervention chirurgicale très risquée », raconte-t-il encore.

« À l’époque ma fille avait 4 ans et sa situation était toujours la même : agitation, crise de nerfs, incapacité d’avoir le sommeil, etc. La situation état très difficile pour nous. J’ai décidé d’aller voir un autre médecin qui à son tour m’a recommandé un autre collègue. Il m’a dit qu’on pouvait avoir recours à des implants, comme c’est le cas en Inde. Il m’a conseillé d’orienter mes démarches dans cette direction. Pour commencer, je me suis renseigné auprès de plusieurs pays, Australie, Inde, Canada, France, Angleterre, Afrique du Sud. Ils m’ont envoyé leurs cotations. Comme les frais de traitement les plus abordables pour moi étaient ceux de l’Inde, j’ai entamé des démarches auprès du gouvernement mauricien pour emmener ma fille là-bas, à Chennai plus précisément. Le ministère m’a accordé la somme de Rs 200 000. Mais au total les frais  se montaient à près de Rs 1 million. J’ai contracté un prêt auprès d’une banque. Finalement, j’ai pu emmener ma fille à Chennai », dit-il.

La situation de mon enfant s’est grandement améliorée depuis la pose des implants. Elle a aujourd’hui 16 ans et elle parle et elle entend.

Une fois là-bas, on l’a opérée tout de suite pour lui poser les implants. « On l’a opérée le jour même de ses cinq ans, le 5 décembre. Mais les médecins m’ont prévenu que le succès de l’opération était de 50-50 puisque c’était une intervention délicate. J’ai dit à ma femme que quoi qu’il adviendrait à notre fille ce que Dieu décidera, on l’accepterait car tout reposait sur Lui », déclare Rashid.

Dettes bancaires et maison mise engage

« L’opération a duré 10 heures (13 h à 23 h). Je transpirais froidement, mais j’avais la foi. L’opération a été un succès. Grâce aux implants, le niveau de la surdité de ma fille a baissé. Mais par la suite, on a eu un problème et on a dû y remédier à plusieurs reprises. Je me suis même rendu en Inde une dizaine de fois. Ce qui fait que je dois maintenant près de Rs 2 millions à la banque. Ma maison a été mise en gage  », avance Rashid.

« Avant de partir pour La Réunion, j’avais fait, en fournissant toutes les preuves, une demande auprès de la police pour faire une deuxième collecte de dons. On m’avait dit de trouver un autre moyen de m’y rendre et à mon retour au pays, j’obtiendrai l’autorisation. J’ai déposé mes papiers depuis décembre dernier et j’attends toujours. La situation de mon enfant s’est grandement améliorée depuis la pose des implants. Elle a aujourd’hui 16 ans et elle parle et elle entend. Et ce n’est qu’à 45 % de ses capacités. Mais l’argent que j’ai emprunté pour la faire soigner, je dois le rembourser. Mes dépenses au total se sont élevées à Rs 4 millions. Il me reste encore Rs 2 millions à rembourser. Je dois Rs 300 000 pour mon passage à La Réunion. C’est cela mon plus gros souci actuellement. Mon emprunt auprès de la banque, j’arrive à le rembourser tant bien que mal. C’est cette somme additionnelle de Rs 300 000 qui pèse sur moi. Si j’avais la permission de la collecte, cela me soulagerait. Mes créanciers m’avaient accordé un délai de trois mois, mais ce délai est expiré et ils m’appellent sans cesse  », explique-t-il.

Rashid Shamtally est menuisier mais il dit ne plus pouvoir compter sur son métier. « à une époque le travail marchait fort bien et je gagnais aisément ma vie. Mais depuis les choses ont changé. Les gens ont choisi un autre mode en matière d’ameublement et je n’ai pratiquement plus de commandes maintenant », déclare-t-il. Toute personne désireuse de venir en aide à ce monsieur peut verser sa contribution sur ce numéro de compte bancaire : Rashid Shamtally 060100026873 (MauBank).

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Kawsar Alom : un travailleur bangladais décède dans son dortoir http://starpress.info/kawsar-alom-travailleur-bangladais-decede-dortoir-1443/ Fri, 12 May 2017 14:05:39 +0000 http://starpress.info/?p=1443 Kawsar Alom, 23 ans, un travailleur bangladais employé à l’usine Strategic Garments Manufacturers de Lallmatie à rendu l’âme dans la journée de mardi  dans son dortoir.

Hossein, le frère benjamin de la victime
Hossein, le frère benjamin de la victime

Rien ne laissait présager que ce jeune homme qui est employé dans cette usine depuis 2 ans allait rendre l’âme subitement car il était en bonne santé et ne souffrait d’aucune maladie. C’est avec un sentiment de tristesse que le directeur de l’entreprise, Nizam Peerbuccus, nous a accueilli pour nous parler des circonstances de la mort de Kawsar, un rude travailleur venu à Maurice avec son frère Hossein pour aider leur famille au Bangladesh. « Le père de la victime est handicapé et la famille dépend des revenus que les deux frères les envoyaient pour vivre », nous dit Nizam Peerbuccus. Il nous raconte que mardi vers dix heures, Kawsar ne se sentait pas bien et ressentait des fortes douleurs à la poitrine. Il a demandé la permission pour aller se reposer dans le dortoir.

Vers midi, son collègue est allé le voir pour s’enquérir de ses nouvelles. C’est la consternation et le choc. Le corps de Kawsar était froid  et il ne donnait aucun signe de vie. L’alerte est donnée. Tout le monde a accouru et on a constaté que Kawsar n’était plus de ce monde. Hossein, le frère benjamin de la victime, était sous le choc. Il pleurait à chaudes larmes et hurlait le nom de son frère. La direction de l’usine a fait appel à la police pour transporter le corps à l’hôpital de Flacq. Sur place les médecins ont confirmé le décès de Kawsar.

Le lendemain, le corps fut  transporté à l’hôpital Victoria pour les besoins de l’autopsie. Le médecin légiste dans son rapport a attribué le décès à un «massive heart failure». C’est la société Al Ihsaan de Port-Louis qui a pris la responsabilité de transporter le corps pour le bain mortuaire. Dans l’après-midi, la namaz janazah a été accomplie dans la cour de l’usine, prise d’assaut par tous les travailleurs étrangers au nombre de 220 et les membres de la direction. Le directeur nous explique que les travailleurs étaient très tristes et ses collègues n’ont pu retenir leurs larmes.

Hossein, le frère de Kawsar ne parle plus et reste muet devant ce drame qui l’afflige. Le corps du défunt à été rapatrié au Bangladesh aux frais de la direction dans l’après-midi de jeudi. Le frère de la victime a accompagné la dépouille au Bangladesh et retournera à Maurice après quelque temps.

Nizam Peerbuccus
Nizam Peerbuccus

Nizam Peerbuccus nous indique que dans un soucis humanitaire, tous les frais de rapatriement ainsi que le billet  d’avion du frère de la victime ont été pris en charge par l’usine. En plus une somme de Rs 144,000 sera versée à la famille. Le directeur de l’entreprise fait ressortir que tous ses travailleurs sont bien traités et il n’a aucun reproche à leur faire. « Chaque vendredi, ils ont droit à 3 heures de temps libre pour accomplir le namaz Jummah. Quand un travailleur tombe malade, il est tout de suite transporté à l’hôpital. D’ailleurs, un travailleur qui était venu travailler à l’usine est tombé malade et a dû être opéré d’urgence.La direction l’a soutenu durant sa maladie et il a repris le travail après sa convalescence », nous dit-il.

Notre interlocuteur ajoute que durant le mois de ramadan, les travailleurs ont le droit d’accomplir tous les 5 namaz et ils ne feront pas d’heures supplémentaires. « Je considère mes employés comme des membres de ma famille. À l’usine, nous sommes tous comme une seule famille et nous vivons en harmonie. Il n’y a pas de différence entre Bangladais, Indiens et Mauriciens. Ils sont tous très consciencieux et accomplissent leur travail à notre entière satisfaction », dit-il encore.

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