dimanche , 21 janvier 2018
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Shuqraan
Shuqraan en famille à Pretoria Darul Uloom

Shuqraan Furjun : «Devenir Hafiz était un rêve»

Shuqraan Furjun, 16 ans,  est retourné à son pays natal après trois ans d’études. Désormais, on l’appelle Hafiz Shuqraan dans son quartier. Pour ses parents, c’est un honneur et une bénédiction. Rencontre.

Shuqraan se rappelle  toujours de son  arrivée a la Darul-Uloom de Pretoria en Afrique du sud trois ans de cela. Il pleurait  sans cesse. Il se sentait seul car il était le seul Mauricien en ce lieu.

Pourtant, c’était bel et bien sa décision personnelle de devenir hafiz. Mais très vite, Shuqraan allait s’adapter et ce en quelques jours seulement. La raison: la compassion des mudarris pour les élèves l’a mis à l’aise. Il a été impressionné par le niveau d’autres élèves. « En voyant les autres élèves de mon âge récitant les versets du quran, j’étais émerveillé et j’ai tout de suite  voulu devenir comme eux, » relate-t-il.

Il nous raconte pourquoi il a décidé d’abandonner ses études académiques pour apprendre le hifz. Dès son jeune âge, Shuqraan ne négligeait pas ses salaats et la lecture du Quran. « J’étais  en Form II quand je prenais des leçons de tajweed chez Hafiz Sameer. J’aimais beaucoup faire le lecture des versets du Quran, » dit-il. Le jeune Hafiz ajoute que les paroles du Quran avaient pénétré au fond de son coeur. Ainsi à l’âge de 12 ans, il va accomplir son premier ittekaaf à la Masjid Shaan-e-Rasool. Après ces 10 jours, tout a changé pour lui. Il pouvait ressentir un amour fort pour le Créateur. C’était à cet instant qu’il a demandé à son père, Reza Furjun la permission d’abandonner ses études pour devenir Hafiz. Pourtant, il était un élève brillant à l’école.

Sa famille l’a encouragé davantage dans cette voie. « Je pense que si notre enfant veut faire quelque chose de bien, on ne doit pas l’en empêcher. Au contraire, on doit lui apporter notre soutien car le bien de ce monde est temporaire mais le bien de l’autre monde sera éternel, » estime Reza Furjun, le père de Shuqraan. Il est d’avis que chaque famille musulmane devrait avoir au moins un membre capable de dispenser les enseignements de  l’islam, ce qui profitera à sa famille dans les deux mondes.

Shuqraan nous dit que le bon comportement (aqlaaq) des  musulmans de l’Afrique du sud l’a fasciné. Des musulmans attendent à l’aéroport du pays pour accueillir les élèves venus apprendre les enseignements de la religion (deen), sans même les connaître. « Ils vous invitent à habiter chez eux, vous offrent de la nourriture et d’autres facilités. Ils font votre khidmat et entretiennent une amitié extraordinaire avec vous, », explique Shuqraan.

Ce jeune Hafiz compte maintenant terminer son cours d’Aalim à Maurice en parallèle avec ses études académiques. « Je voudrais devenir un Aalim intellectuel et c’est pour cette raison je vais reprendre mes études académiques, » souligne-t-il. Il ambitionne de devenir Aalim dans six ans pour être au service de sa communauté.

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