jeudi , 23 novembre 2017
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Sheriffa Yerally, directrice de ‘Little Darlings’ : «Nous privilégions des stratégies qui améliorent la qualité de l’enseignement»

Sheriffa Yerally est la directrice de ‘Little Darlings Pre-primary School’ et Mount View Primary School, non loin de l’hôpital Jeetoo. Cette éducatrice de l’enseignement primaire, aborde chaque difficulté d’apprentissage comme un défi à relever. Rencontre.

Cela fera bientôt 37 ans depuis qu’elle vit à Maurice. Mais, elle visite souvent l’Afrique du Sud, son pays d’origine. Malgré ses 60 ans, elle ne baisse pas les bras face aux défis auxquels elle doit faire face pour assurer aux enfants du pré-primaire un bon départ dans la vie. « Une bonne éducation n’est pas limitée uniquement au développement mental mais bien plutôt au développements émotionnel et physique. Je suis d’avis que l’apprentissage doit être un processus qui comprend également l’amusement qui fait partie des méthodes créatives. Les enfants doivent aimer ce qu’ils font pour les étudier », dit-elle.

Chez ‘Little Darlings’ on pratique également des activités extrascolaires telles que pièces de théâtre et discours, musique, Zumba, karaté et informatique. Les enfants travaillent aussi avec des projecteurs. « Utiliser la craie et le tableau ne suffit pas. Les enfants doivent être encouragés à interagir. D’ailleurs des parents nous font des commentaires positifs à cet effet », dit-elle encore.

Notre interlocutrice ajoute que ses élèves de Mount-View ne sont pas angoissés à l’approche des examens. « Nous les avons habitués aux conditions d’examens. De ce fait, les élèves ne craignent pas les examens. Ils sont motivés et accueillent les examens avec enthousiasme. Nous développons en eux une attitude pour faire face aux situations stressantes avec calme, » ajoute-t-elle fièrement.

Elle croit que tous les enfants ont le droit d’être heureux. Chacun a des talents cachés. Ses valeurs, Sheriffa Yerally les transmet non seulement à ses élèves mais également au corps enseignant. « On a une bonne communication avec les parents et les enseignants. J’essaie toujours d’être à l’écoute des points forts et des points faibles des élèves pour trouver des solutions efficaces, » souligne-t-elle. Pour elle, la réussite de chaque élève compte.

Sa source d’inspiration

Son inspiration lui vient des élèves. « Mes élèves viennent des milieux différents et je dois traiter chacun d’eux d’une manière différente. Leurs forces et leurs faiblesses me donnent des idées sur la façon de mettre en place davantage de stratégies pour améliorer la qualité de l’enseignement. D’une certaine manière, ils m’apprennent, comment les enseigner. Leurs comportements sont des indicateurs sur la façon dont ils apprendront le mieux. Je n’ai pas besoin de chercher de l’inspiration d’autres écoles ou d’autres pays concernant le système éducatif. Ici, à Mount View, nous sommes partisans de l’expérience acquise sur le terrain », souligne-t-elle. Elle est très fière quand d’anciens élèves viennent la remercier pour avoir été une source d’inspiration dans leur vie. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à avancer malgré les hauts et les bas de la vie.

Parcours

Issue d’une famille modeste de Durban en Afrique du Sud, Sheriffa a toujours accordé une grande importance à l’éducation. C’est dans ce milieu qu’elle a grandi avant d’épouser Ibrahim Yerally. Elle a été volontaire dans une société de bien-être pendant deux ans en Afrique du sud. Après son mariage, elle est venue habiter Maurice à la rue Labourdonnais.

« À Maurice, on n’utilisait pas assez des méthodes ayant trait au ‘fun learning’. Quand son fils Mohammad allait à l’école maternelle, je n’étais pas satisfaite du niveau du pré-primaire. Je donnais beaucoup d’importance à la base éducative d’un enfant. Alors, j’ai envisagé de créer une école pré-primaire. J’ai travaillé sur la façon dont les élèves se socialisent, comment ils réagissent aux situations d’apprentissage et comment ils s’expriment », révèle-t-elle.

À l’âge de 30 ans, elle va continuer à apprendre par correspondance, les méthodes l’enseignement de garderies d’enfants, des écoles maternelles et de la psychologie générale ayant trait au développement des enfants.

Plus tard, des parents lui ont fait la demande pour lancer une école primaire. « Après maintes de réflexions, finalement je me suis aventurée dans ce domaine. Au fil des années, nous avons réuni une équipe de personnes dévouées. Je m’assure que mes enseignants s’occupent vraiment des enfants », dit-elle encore. Son époux, Ibrahim Yerally, s’occupe des finances et sa fille Rabia aide aux tâches administratives. Sa mère la forme depuis huit ans pour la remplacer quand elle prendra sa retraite.

Les obstacles

Souvent des parents pensent que les enseignants doivent travailler chaque minute. Or, l’enfant doit se reposer. Sinon, il n’apprendra pas au maximum. Sheriffa croit plutôt en la méthode dite travailler intelligemment. Une atmosphère agréable, des interactions et des jeux peuvent en même temps augmenter la capacité de mémorisation de l’enfant qui aura le temps de digérer ce qu’il vient d’apprendre avant d’aller au prochain niveau. C’est avec beaucoup de patience qu’aujourd’hui elle a réussi à faire accepter ce concept aux parents.

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