lundi , 25 septembre 2017
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Shamshir Mukoon

Shamshir Mukoon, directeur-général par intérim : «Le CEB se lancera dans la production d’éléctricité au gaz naturel liquéfié»

Des projets verts, l’alimentation de la centrale de Mer Rouge en gaz naturel, des développements infrastructurels au coût de Rs 4 milliards … Le directeur-général par intérim, Mohammed Shamshir Mukoon a du pain sur la planche.

Le paysage infrastructurel énergétique du pays s’apprête à connaître des changements. La raison ? Plusieurs projets du CEB sont actuellement en chantier et se concrétiseront dans les années à venir. Ces projets concernent plusieurs secteurs à travers le pays et le directeur-général par intérim du corps-paraétatique, Mohammed Shamshir Mukoon, se veut rassurant quant à la capacité du CEB de répondre à la demande grandissante en énergie à Maurice.

« Il est bon de faire ressortir qu’à Maurice, environ 45% de l’électricité est produite par le CEB et le reste de la production est assurée par des firmes privées qu’on appelle des Independent Power Producers (IPP).  Mais la population n’a rien à craindre car le CEB continuera à fournir de l’électricité de façon adéquate et il n’y a aucun risque de blackout », souligne d’emblée Shamshir Mukoon. Les 45% d’énergie du CEB sont produits de l’huile lourde, du charbon et de l’énergie hydroélectrique et l’énergie éolienne. « Notre vision est d’apporter une série de développements dans la production et la distribution de l’électricité à Maurice. Tout cela réside essentiellement sur une bonne planification et une étude approfondie sur le terrain afin de répondre favorablement à la demande », précise notre interlocuteur.

 « L’énergie solaire est gratuite. C’est pour cette raison que nous voulons l’exploiter au maximum. »

Parmi les projets en phase d’être concrétisés, le directeur-général par intérim cite l’extension de la centrale de St. Louis et la mise en place de quatre nouvelles turbines. Il est conscient que cette centrale est à l’origine de plusieurs controverses depuis des années en raison des émissions de carbone et du bruit, mais assure que ces nouvelles turbines ne seront nullement nuisibles pour les habitants. « Ces turbines seront placées dans des bâtiments insonorisés. Il serait quasi-impossible de les entendre fonctionner de l’extérieur », dit-il et d’ajouter que ce projet sera finalisé d’ici octobre de l’année prochaine.

Les enjeux environnementaux

Afin de minimiser les effets néfastes sur l’environnement suite à la production de l’électricité, plusieurs projets dits ‘verts’ sont à l’étude et d’autres verront le jour dans quelques années. « Tout le monde tient à cœur la préservation de l’environnement et nous allons miser sur des projets à long terme qui vont considérablement diminuer le taux de pollution émise. La station de Fort Georges compte plus de 25 ans d’activité et il nous faut trouver d’autres solutions pour assurer la production de l’électricité de façon plus efficace et en règle avec les exigences environnementales », indique Shamshir Mukoon.

Dans ce sens, le directeur-général par intérim fait ressortir qu’un projet de 120 mégawatts à Mer Rouge va démarrer en 2019. Ce projet concernera la production d’électricité au gaz naturel liquéfié (GNL). « Dans notre élan d’émettre de moins en moins de carbone lors de la production d’électricité, le CEB se tourne désormais vers l’utilisation des énergies fossiles dont le GNL. Notre équipe travaille sur ce projet depuis quelques années et il va être opérationnel d’ici 2022. Plusieurs études ont été faites à ce sujet », fait-il ressortir. Néanmoins, Shamshir Mukoon concède que ce projet représente un gros challenge au niveau du transport du GNL. « Ce gaz est un des éléments les plus denses qui existent et son acheminement vers Maurice doit se faire dans des bateaux spéciaux. Car il faut le souligner que le gaz liquéfié doit être conservé à des températures de moins 163 degrés centigrade », ajoute-t-il.

Par ailleurs, Shamshir Mukoon estime que malgré le fait que ce projet coûtera plus cher pour le CEB, cela ne devrait pas apporter une hausse de la facture d’électricité car selon lui, l’organisme bénéficierait d’un climat favorable sur le marché international. « Ce projet de gaz liquéfié coûtera plus cher mais nous devons nous réjouir du fait que cela aura des retombés positifs sur l’environnement », dit-il.

« Le CEB mise beaucoup sur le développement des infrastructures pour une meilleure distribution de l’électricité. »

Demande croissante en énergie

Si le CEB vient de l’avant avec plusieurs projets, c’est aussi pour répondre à la demande croissante en énergie à Maurice. Selon le directeur-général par intérim du corps-paraétatique, la demande en énergie ne cesse d’accroître année après année. Il estime que plusieurs facteurs expliquent cette hausse dont la croissance économique, les projets de développement à travers le pays ainsi que la construction de plusieurs édifices et aussi la hausse dans le niveau de vie des Mauriciens, entre autres. « Le CEB mise beaucoup sur le développement des infrastructures pour une meilleure distribution de l’électricité. Des travaux au coût de Rs 4 milliards concernant la transmission et la distribution démarrent incessamment », précise Shamshir Mukoon.

Dans la foulée, il ajoute que le CEB a, à plusieurs reprises, reçu de nombreuses plaintes car des câbles électriques étaient placés à proximité des maisons. Shamshir Mukoon indique que la somme de Rs 2 milliards sera injectée dans un projet visant à installer les câbles électriques sous terre.

Énergies vertes

Parallèlement, dans le but d’encourager les foyers à produire leur propre électricité à partir des sources d’énergie renouvelable, Shamshir Mukoon souligne que la deuxième phase du Small Scale Distributed Generation Net-Metering Scheme (SSDG) a été lancée cette année. « L’énergie solaire est gratuite. C’est pour cette raison que nous voulons l’exploiter au maximum. La première phase du projet photovoltaïque a été concluante et nous avons reçu plusieurs demandes pour la phase II », fait-il ressortir. Ainsi, pour cette deuxième phase, Shamshir Mukoon nous apprend que le CEB a prévu d’intégrer au réseau électrique national un total de 2 MW d’électricité produite de manière décentralisée et à petite échelle à partir de sources d’énergie renouvelable. Il est bon de rappeler que ce projet est réservé uniquement aux clients résidentiels.

Concernant la production de l’électricité avec l’énergie éolienne, le directeur-général par intérim nous indique que le CEB compte investir dans des équipements de pointe prochainement.

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