lundi , 25 septembre 2017
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Shaheena et ses deux enfants dorment dans un ancien parc à boeufs

Triste et pénible début d’année pour une famille qui a été chassée depuis trois mois de la maison qu’elle louait et qui a trouvé refuge dans un ancien parc à boeufs sur la montagne à Vallée Pitot.Shaheena et ses deux enfants, Suhail, 16 ans, et Raynaaz, 11 ans, dorment sur un matelas posé sur le sol dans un ancien parc à boeufs depuis le mois d’octobre 2016.

Le visage brûlé par le soleil de la capitale et les lèvres desséchées par la soif, Shaheena et ses deux enfants sont devant le parc à nous attendre. Pour les arriver jusqu’à eux, il faut grimper une petite colline et marcher dans le Canal Anglais qui est jonché de détritus, de fioles, de seringues et de tout l’attirail qu’utilisent les toxicomanes. Dans un coin du parc un matelas est étendu sur le sol. Les quelques meubles endommagés sont entassés dans un autre parc. Elle n’a ni salle de bain ni toilettes. Séparée de son époux depuis 2006, Shaheena touche une modeste pension de Rs 3600. Auparavant elle habitait la rue Hatch et payait un loyer de Rs 3500. Le loyer engloutissait toute sa penssion. Pour vivre elle faisait des petits boulots chez des particuliers et gagnait décemment sa vie.

Quand le loyer est passé à Rs 5000, Shaheena a bien essayé de faire un effort pendant quelques mois mais a dû lâcher prise. « Mo pas ti ena manger dans mo lacaze», nous dit-elle. Ne pouvant s’acquitter du loyer, elle est traînée en cour par le propriétaire. C’est ainsi que sans ressources, ses enfants et elle et leurs effets personnels se sont retrouvés sur le trottoir. C’était au mois d’octobre 2016. Personne n’est venue à son secours. Elle ne savait où dormir et comment faire pour garder ses quelques meubles. C’est un ami qui lui a conseillé de se rendre sur le flanc de la montagne où il y avait un parc à boeufs il y a quelques années. Shaheena accepte d’y passer quelques jours. Le soir quand on entend des voix, sa petite fille de 11 ans se blottit contre elle tandis que Suhail veille sur elles. Quand il pleut, l’eau se déverse dans le parc. Le soir, les habitants de la région, solidaires avec la famille et très généreux, leur font parvenir de la nourriture. Pour prendre leur bain, une famille leur permet d’utiliser sa salle de bains.

Une mosquée du quartier lui a cédé une petite chambre mais quelques semaines après le muttawali de la mosquée lui a demandé de partir car les fidèles ne voulaient pas d’une présence féminine dans la cour d’un lieu de culte. Shaheena et ses enfants sont obligés de retourner vivre dans le parc. Pendant la journée, le soleil brille avec une telle intensité qu’elle a soif et pour s’approvisionner en eau elle doit descendre de la montagne avec un récipient de fortune.

Désespérée, Shaheena nous dit n’avoir plus de force pour se battre. Parfois, elle pense même au pire. « Mo fine mette dans mo la tête pou suicide moi. Mo tifille ploré li dire moi maman pas quitte nous to aller », dit-elle en sanglots. « Pou bizin ena Allah pou veille lor mo deux enfants », ajoute-t-elle.

Shaheena nous explique qu’elle ne cherche pas à se faire de l’argent mais seulement trouver un toit pour vivre avec ses enfants . « Mo pe rode ene lakaz pou vive couma ene humain. Mo capave paye Rs 3000 chaque mois », laisse-t-elle entendre. Shaheena pleure à chaudes larmes et serre sa fille contre sa poitrine. « Ki mo zenfant fine faire pou mérite vive dans parc en plein air ? Mo peur ki drogué attaque li quand li alle cherche manger cotte dimoune », poursuit-elle.

Si vous souhaiter visiter Shaheena vous pouvez l’appeler sur le 5853 2992.

Shaheena ne souhaitez pas que les politiciens abusent de sa situation pour en tirer un capital politique. « Si zotte ti capave aide moi pou trouve ene lacaze mo ti pou dire Allah donne zotte so bénédictions», nous dit-elle avant que nous prenions congé d’elle.

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