dimanche , 19 novembre 2017
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Muhammad Saamir Rajabally

Leur seconde vie après un accident

La vie est très belle mais parfois cruelle. Comme en témoignent les victimes d’accidents de la route ou du travail qui ont perdu à jamais leur autonomie.

Neuf mois avant son mariage qui était prévu pour septembre 2016, Muhammad Saamir Rajabally, 28 ans, a été victime d’un grave accident de la route le 28 décembre 2015. Le bras droit fracturé et blessé à plusieurs endroits de son corps, il a dû être amputé de la jambe gauche.

Dix-huit mois après son accident, Saamir habitant de Le Hochet, Terre Rouge, se remet à peine de ses blessures. Il avait  des projets plein la tête et regardait l’avenir avec confiance et optimisme, mais tout d’un coup son rêve a viré au cauchemar. Chez lui, sa famille, quoique écrasée par le chagrin depuis décembre 2015 quand le malheur a frappé Saamir, l’aide du mieux qu’elle peut à surmonter les épreuves.

Ancien helper dans un magasin, Saamir revient sur ce jour fatidique. « Après l’accident, je suis resté cloué au lit pendant six mois. J’ai eu le soutien de mes parents, de ma sœur et aussi de ma fiancée, Hasseena, qui a été toujours là pour moi pendant ces terribles moments. Pendant ces six mois, la vie n’a pas été facile pour moi et ma famille»,  ajoute Saamir.

Qu’est-ce qui s’est exactement passé ce lundi 28 décembre 2015 ? Pour ses proches, le mystère le plus épais entoure toujours les circonstances de ce terrible accident. « Nous comprenons que Saamir était sur le trottoir en train de réparer sa moto quand une voiture est venue le heurter. Le choc a été terrible. Il avait le corps brisé de toutes parts. Le bras droit de Saamir a été fracturé, la jambe gauche a été écrasée, plusieurs côtes ont été fissurées, un poumon a été perforé, la rate a explosé. Suite à la rupture d’un muscle, ses intestins se sont déplacés vers le haut », nous dit-on.

Saamir est resté vingt jours aux soins intensifs. Il a du subir plusieurs interventions chirurgicales. « J’avais la mâchoire fracturée et on a même dû enlever une partie de ma rate. Pour moi, la vie ne sera plus jamais la même »,  laisse-t-il entendre.

Le projet de mariage tient toujours

Les parents de Saamir restent confiants que par la volonté de Dieu, leur fils récupérera suffisamment pour épouser sa fiancée qui se dévoue tant pour lui. Elle-aussi garde espoir. Ils n’ont jamais pensé à annuler le mariage. Et le temps leur a donné raison. Saamir se déplace avec une prothèse à sa jambe gauche. Il peut tenir sur son autre jambe et sa fiancée et lui iront de l’avant avec le mariage. Ainsi vont-ils se marier le 10 septembre 2017.

Avant son accident il avait ajouté un premier étage à la maison familiale. Mais les travaux de construction avaient été arrêtés après son accident. Cependant, avec l’aide de ses proches, Saamir a pu presque terminer sa maison. Certes, aujourd’hui il n’arrive plus à travailler et reçoit une pension d’invalidité, mais il peut compter sur l’amour incommensurable de sa future épouse pour le soutenir et l’aider à sortir d’un interminable tunnel.

Zahir: « Un accident peut arriver à n’importe qui »

ZahirZahir Elaheebacus, 41 ans et habitant Agnis à Pailles a été victime d’un accident de travail il y a 17 ans. Depuis il a perdu l’usage de ses deux jambes,  Alors qu’un avenir prometteur s’offrait à lui, sa vie a basculé.

Le 25 juillet 2000, soit dix mois après son mariage. Zakil qui travaillait comme storekeeper pour une compagnie privée située dans la capitale, a quitté sa maison sur ses deux jambes pour la dernière fois.  Ce jour-là, sur son lieu de travail, il avait une livraison à faire. Il a pris l’ascenseur du warehouse pour aller au cinquième étage. Malheureusement, un câble de l’ascenseur lâche et celui-ci s’écrase sur le sol avec Zahir à l’intérieur. Grièvement blessé, il a  été transporté par le Samu à l’hôpital. C’est un véritable miracle qu’il  soit encore en vie à la suite de l’impact au sol mais hélas ses blessures sont graves : sa colonne vertébrale a été fracturée et il a perdu l’usage de ses deux jambes à tout jamais.  Zahir a été envoyé en Afrique du Sud par son employeur pour se faire examiner par des grands spécialistes. Il a subi plusieurs interventions chirurgicales mais sans grand succès. Il reste cloué  au lit.

Depuis sa vie a été complètement chamboulée et il dépend d’une pension d’invalidité pou vivre. Abandonné par sa femme, il regarde l’avenir avec tristesse.  « Ma vie a complètement changé.  Je remercie mes amis, ceux qui m’ont soutenu et aussi la compagnie où  je travaillais qui est toujours là pour moi. Il y a toujours un grand chagrin au plus profond de moi car je ne peux accomplir beaucoup de choses. Je vois la vie défiler devant moi et je peux seulement regarder les autres s’habiller de façon chic et se déplacer au volant d’une voiture.  Tous ces petits plaisirs me sont désormais interdits. Avant mon accident j’avais prévu de partir construire un avenir ailleurs. Aujourd’hui je dois me résigner à mon sort. C’est la volonté d’Allah. Un accident peut arriver n’importe quand à n’importe qui. Certains perdent la vie dans un accident tandis que d’autres ont la chance de s’en sortir », dit Zahir.

Un préposé de la Sécurité sociale nous explique qu’une victime d’accident peut bénéficier soit d’une allocation sociale si son handicap est moins de 60% soit d’une pension d’invalidité si son handicap est plus de 60%.

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