vendredi , 23 juin 2017
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Sam Lauthan, ancien chairman de l’ICC : « J’avais un plan pour un meilleur hajj »

C’est l’obsession pour réduire à tout prix les coûts entourant le pèlerinage à la Mecque et pour « casse lerein ban opérateurs » qui seraient les deux principaux facteurs qui ont fait que l’organisation du Hajj cette année a été décriée par de nombreux pèlerins. C’est du moins l’avis de l’ex-président du Centre Culturel Islamique (ICC), Samioullah Lauthan. Commentant le Hajj 2016, Samioullah Lauthan est d’avis que la prise en main de l’hébergement des hajees à Makka et à Madina aurait été faite dans le but de « casse les reins » des opérateurs. « C’est un fait indéniable qu’il y a toujours des critiques à l’encontre des opérateurs du Hajj. Les autorités ont, semble-t-il, voulu ‘casse lerein’ de ces opérateurs. Sauf que ce n’était pas une bonne décision », déclare Sam Lauthan, indiquant qu’il avait un plan pour résoudre le problème des opérateurs une bonne fois pour toutes. Pour cela, il aurait fallu qu’ICC agisse lui-même comme opérateur sur une « non profit basis ». D’abord, l’ICC aurait proposé différents « packages » aux pèlerins. « Les Mauriciens ne veulent pas tous du ‘bon marché’. Certains, plus fortunés, sont prêts à payer plus cher afin d’avoir un meilleur service. Ainsi, ICC aurait proposé 3 différentes prestations : une « basic », une pour les ‘middle-income’ et un autre pour les plus fortunés », indique Sam Lauthan.

Ensuite, l’ICC aurait pris en charge dans un premier temps environ 300 pèlerins pour le Hajj. Objectif, favoriser l’esprit de compétition sur les trois points suivants : la distance, le confort et l’hygiène. « Si cela avait été une réussite, nous aurions pris alors plus de pèlerins lors du prochain Hajj. Au final, il ne resterait qu’une poignée d’opérateurs authentiques. Quant aux autres brebis galeuses, elles se seraient ‘phased out’ par elles-mêmes », soutient Sam Lauthan qui dit favoriser l’esprit de compétition et non le monopole. « J’avais à maintes reprises fait comprendre aux opérateurs que nous ne sommes pas des ennemis qui se regardent en chiens de faïence mais des partenaires dans une entreprise fondamentale de l’Islam dans l’unique but de chercher le plaisir du Créateur », ajoute-t-il.

Polémique

Le fait que l’épouse de Sam Lauthan ait figuré parmi les pèlerins l’année dernière est mal perçue par certains, notamment le vice- Premier ministre, Showkutally Soodhun, qui l’a d’ailleurs fait ressortir cette semaine sur les ondes d’une radio privée. Une « lâcheté » pour Sam Lauthan qui affirme avoir tout fait dans la transparence. « Mon épouse a vécu 34 ans en Angleterre. Tous ses ‘mahram’, en l’occurrence ses frères, se trouvent à l’étranger. Je ne pouvais l’abandonner seule à Maurice. J’ai donc abordé le sujet lors d’une rencontre avec les membres du Board qui ont donné leur approbation pour qu’elle m’accompagne. J’ai cependant insisté pour m’acquitter moi-même de tous ses frais de sorte qu’elle ne bénéficie d’aucun privilège. Il y a d’ailleurs les « minutes of proceedings » qui peuvent le prouver. Mo panne prend ene sou dans la caisse ICC pou amène li. Elle est partie avec un organisateur de mon choix et j’ai refusé de loger dans les Headquarters des membres de la Hajj Mission, beaucoup plus confortables, pour être avec elle dans son hôtel, avec les autres hajees. Elle a ainsi accompli le Haj comme un pèlerin normal », explique Sam Lauthan.

Démission ou révocation ?

Samioullah Lauthan est catégorique. Il affirme avoir démissionné de son poste de président de l’ICC et qu’il n’a à aucun moment été révoqué. Et pour le prouver, Sam Lauthan brandit une lettre qu’il a reçue du ministre Santaram Baboo, suivant sa démission. « Le ministre Baboo m’aurait-il dit ‘The resignation is regretfully accepted’ si j’avais été révoqué ? J’aurais bien aimé que Soodhun vienne prouver que j’ai été révoqué comme il souhaite le faire croire », déclare Sam Lauthan.

Une démission qui est intervenue après un désaccord avec le ministre Showkutally Soodhun sur la composition du Board et des sous-comités. « L’on m’a soumis une liste de noms des personnes à intégrer dans certains comités, dont le ‘pilgrimage committee’. Connaissant le profil de certains d’entre eux, j’ai refusé. Une semaine après, je suis convoqué à une réunion présidée par Soodhun, dans le cadre de l’organisation du Hajj. Là, je vois assises tout autour d’une table ces mêmes personnes qu’une semaine auparavant on a voulu m’imposer. J’ai refusé de participer à la réunion et j’ai fait un walk-out. Ce qui n’a, semble-t-il, pas été du goût du vice-Premier ministre qui s’est alors engagé à m’évincer. Estimant que je n’étais plus la bienvenue, j’ai préféré soumettre ma démission », soutient Sam Lauthan.

Bilan « rempli »

Bien que bref, Samioullah Lauthan estime que le bilan de son passage à l’ICC reste néanmoins positif. « Mo passage pas ti long mais mo bilan rempli ! Cela, grâce au Créateur mais aussi à Assad Bhuglah pour qui j’ai une pensée spéciale, surtout en ce qu’il s’agit de l’organisation des activités culturelles. Ce que nous avons accompli en une année est sans précédent. Nous avons ouvert le centre à toutes les communautés et nous avons organisé plusieurs activités, dont une exposition sur la Palestine, des distributions de dattes, parmi tant d’autres », dit-il.

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