jeudi , 20 juillet 2017
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SAJ démissionne comme PM ce lundi : « Pravind Jugnauth est un leader visionnaire et avant-gardiste »

Pravind Jugnauth prêtera serment comme Premier ministre, lundi, après que Sir Anerood Jugnauth aura soumis sa démission. Toutefois, SAJ restera au sein du gouvernement et qu’il incombera au nouveau Premier ministre d’annoncer la composition de son Cabinet ministériel et l’attribution des portefeuilles ministériels.

Sir Anerood Jugnauth justifie son départ : « J’estime avoir accompli ma mission que j’ai commencée depuis fin mars 2011. Il est temps pour le pays d’avoir un leader­ship jeune, qui incarne l’avenir. Il est temps de passer le flam­beau du Prime ministership au leader du parti qui dispose d’une majorité de députés à l’Assemblée nationale ».

La passation se fait en toute légalité : « Nous irons de l’avant avec la passation de pouvoir qui se fera dans la pure tradition westministerienne, dans la tradition démocratique et selon les disposition de notre Constitution. En Angleterre la même chose s’est produite, quand Theresa May a succédé à David Cameron, sans passer par des élections générales ».

SAJ fait les éloges de son fils : « Je suis bien placé pour vous dire que Pravind Jugnauth, qui me succèdera, a à coeur l’intérêt du pays et l’intérêt du peuple. D’ailleurs, il a fait ses preuves. Il a été un brillant ministre de l’Agriculture et ministre des Finan-ces. Il a déjà occupé le poste de vice-Premier ministre et il a eu l’occasion d’agir comme Premier ministre par intérim. Pravind Jugnauth est un leader visionnaire et avant-gardiste. C’est un rassembleur. Il est le garant de la stabilité ».

Convaincu du leadership « fort » de Pravind Jugnauth : « Il a l’étoffe, l’expérience et la maturité pour diriger la nation vers une destinée qui fera notre fierté. C’est un leadership fort que je lègue en héritage. Je suis convaincu qu’avec un tel leadership, le gouvernement continuera à implémenter son programme et éventuellement concrétiser le rêve d’un deuxième miracle économique ».

Il lance un appel à la popu­lation : « Je demande à la population de soutenir le pro­chain Premier ministre, comme vous m’avez toujours soutenu. Je laisse le pays entre les mains d’une personne en qui vous pouvez avoir confiance ».

Sir Anerood ne quitte pas le gouvernement pour au­tant : « Je serai toujours là pour le guider et guider son gou­vernement. D’ailleurs, je resterai au gou­vernement et je continuerai à vous servir en une autre capacité. Il reviendra évidemment au prochain Premier ministre d’annoncer la composition de son Cabinet et la réparti­tion des portefeuilles ministériels ».

Sir Anerood remercie la population pour l’avoir soutenu : « Je vous remer­cie pour votre confiance placée en moi tout au long des 18 années que j’ai servi comme Premier ministre. Je tiens à re­mercier tous mes ministres également, ainsi que les collaborateurs. Chers com­patriotes, depuis 1963 quand j’ai été élu pour la première fois comme député, j’ai vécu de grands moments aux côtés de la population. Nous avons construit le pays ensemble. Nous avons mené plusieurs combats ensemble. Certaine­ment, nous avons d’autres combats à mener en­semble. Mon coeur a toujours battu pour ce pays et ce peuple. Mon pays a toujours été ma priorité. J’ai consacré 54 an­nées de ma vie à mon pays et je con­tinuerai à servir la nation. Nous tournons là une nouvelle page ».

SAJ présente ses meilleurs voeux au nouveau Premier ministre : « Je souhaite bonne chance à Pravind Jugnauth. Je suis convaincu qu’il marquera l’histoire à sa façon et qu’il ap­portera du bonheur, du progrès et de la prospérité dans chaque maison. Je souhaite plein de succès au gouvernement qu’il dirigera. Mes meilleurs voeux accompagnent le prochain Pre­mier ministre et la nation. Vive la République de Maurice. »

« Je vous ai sauvé du cauchemar sous le régime travailliste »

Au début de son discours, sir Anerood Jug­nauth a fait le bilan des deux ans du gouver­nement de l’alliance Lepep qu’il a dirigé à l’issue des législatives du 10 décembre 2014.

Sir Anerood Jugnauth avance qu’il ne pou­vait s’asseoir tranquillement à la State House à Réduit et regarder la destruction du pays par le gouvernement travailliste. « Au moment ou j’avais pris la décision de démis­sionner comme Président de la République le 30 mars 2012, la mission qu’on m’a demandé à accomplir était de sauver le pays. D’ailleurs quand Paul Bérenger, leader de l’Opposition d’alors, était venu me voir, il m’avait dit que le pays allait à la dérive et qu’il fallait le sauver. Même quand Paul Bérenger avait choisi de sauver le gouvernement travailliste et non le pays, je n’ai pas reculé », a déclaré SAJ.

Il fait ressortir que c’est grâce à la sagesse et à la clairvoyance de la population que l’alliance Lepep a remporté les élections générales en décembre 2014. SAJ souligne aussi que c’était un miracle politique et qu’il a sauvé la population d’un assoiffé de pou­voir, qui agissait comme un « tyran », en re­tenant des institutions en otage. « Je vous ai sauvé de ce cauchemar que vous viviez sous le régime travailliste qui appauvrissait la population », dit-il.

Le Premier ministre sortant soutient qu’il avait pris des engagements en se bas­ant sur trois aspects : nettoyer et assainir, reconstruire et remettre des soubasse­ments et enfin faire progresser le pays de nouveau. « Sur les trois fronts, le gouver­nement a bien « deliver » pendant ces deux dernières années. Dans mon message du 1er janvier, j’ai énuméré nos réalisations. Je vous rappelle que mon gouvernement avait hérité d’une situation où le pays était sens dessus desous et était à la merci de toutes sortes de mafias, qui étaient d’une grande menace pour notre économie », dit-il.

SAJ laisse entendre que son gouvernement a eu le courage d’agir dans l’affaire BAI. Si­non, le système financier allait se gangren­er. Il dit avoir sauvé le pays d’une catastro­phe financière vu que certaines personnes étaient mêlées aux mafias. Par ailleurs, il dit avoir eu de la considération pour les per­sonnes qui se sont laissées arnaquer par le Ponzi Scheme de la BAI. « Nous avons pris l’engagement de rembourser leurs investisse­ments. […] je suis fier que mon gouvernement ait agi pour sauver le pays de ces mafias. Nous avons également mis de l’ordre dans les institutions qui se dirigeaient vers la ban­queroute par la faute de l’ancien gouverne­ment. Aujourd’hui, Air Mauritius et Mauri­tius Shipping Corporation recommencent à faire des profits. Les casinos et la MBC sont en train de remonter la pente », précise-t-il.

En ce qui concerne la fourniture d’eau, SAJ demande à certaines personnes de cesser de faire de la démagogie. « Est-il possible de résoudre le problème d’eau en deux ans ? Combien de tuyaux pourris ont été remplacés sous le gouvernement PTr ? Le gouvernement Lepep a remplacé 75km de tuyaux pour­ris à ce jour et le travail continue. Au sujet de Bagatelle Dam, le projet a pris du retard sous l’ancien gouvernement et nous avons dûdépenser Rs 2,6 milliards supplémentaires pour l’achèvement de ce projet », avance SAJ.

SAJ se dit confiant que le gouvernement va dans la bonne direction, notamment avec des projets comme la mise sur pied des sta­tions pour le dessalement de l’eau de mer. Il affirme qu’à la fin 2019, la CWA sera en mesure de fournir de l’eau 24/7. Et d’ajouter qu’il n’y a jamais eu de cover up sous son gouvernement. Des sanctions ont été prises à chaque fois qu’il le fallait.

« Avec moi comme Premier ministre, on n’a jamais trouvé des coffres-forts avec Rs 220 millions et des dollars jamais utilisés. Nous n’avons pas toléré les mafias. Il n’y a jamais eu d’ingérence dans la PSC pour les recrute­ments dans le secteur public. La PSC est in­dépendante et les recrutements se font sur mérite », fait-il ressortir.

« Je suis satisfait que la vision économique à l’horizon 2030 que j’ai déclinée dans mon « Economic Missions statement », a ap­porté un déclic parmi toutes les parties pre­nantes. Le dynamisme parmi les opérateurs économiques est davantage accentué dans le budget novateur de Pravind Jugnauth. Le Metro Express est un projet que je tiens à coeur et je suis content qu’il sera sur les rails bientôt », dit-il.

Sur le plan social, il souligne que le gouver­nement a pris des mesures pour éliminer l’extrême pauvreté. Le 9-Year Schooling a été introduit pour offrir une meilleure éducation aux enfants. Des conditions ont été réunies pour la création d’emplois. Il précise que 15 000 emplois ont été créés dans le secteur privé alors que le secteur public a généré 5000 emplois. Il dit avoir pris l’engagement pour redresser le « law and order » dans le pays.

Pravind Jugnauth composera son gouvernement ce lundi

Lundi, sir Anerood Jugnauth va tirer sa révérence comme Premier ministre. C’est ce qu’il a annoncé à la nation, samedi soir. Du coup, son fils Pravind Jugnauth, leader du MSM, lui succèdera à ce poste suprême. Les partis de l’Opposition – PMSD, MMM et PTr – qui s’opposent à ce développement politique envisagent une démission en bloc de leurs parlementaires pour provoquer des élections anticipées.

Un Jugnauth succède à un autre Jugnauth au poste de Premier ministre. Le leader de l’Alliance Lepep a décidé de se retirer au profit du leader du parti majoritaire, le MSM. Pravind Jugnauth va démarrer son mandat avec un exercice très délicat qui consiste à constituer son gouvernement. Selon nos recoupements, aucune tête ne tombera du Cabinet des ministres présidé par sir Anerood Jugnauth. D’abord, Pravind Jugnauth devra faire son choix sur les cinq personnes qui occuperont les cinq maroquins ministériels laissés vacants par Raj Dayal, Xavier-Luc Duval, Aurore Perraud, Dan Baboo et Alain Wong. Ce ne sera pas simple comme bonjour pour lui car il aura à les répartir entre des éléments du MSM, du ML et des démissionnaires du PMSD. Qui sait, peut-être avec aussi un petit parti de l’Opposition ou quelques députés indépendants. Il y a une certitude que l’actuel Government Chief Whip, Mahen Jhugroo, sera nommé ministre. Tout laisse croire que l’ancien bleu Alain Wong est assuré d’un poste ministériel. Il se chuchote que l’ex-bleue Marie- Claire Monty serait aussi ministrable. Dans le milieu du MSM, on laisse entendre que Stephan Toussaint (MSM) et Eddy Boissezon (ML) ont de fortes chances d’occuper un poste ministériel.

Ensuite, Pravind Jugnauth va réallouer certains ministères. Comme annoncé, un nouveau ministère sera créé pour Anerood Jugnauth – Mentor Minister. SAJ qui va agir comme le sage du gouvernement pilotera quelques gros dossiers, comme celui des Chagos. Tout indique qu’il sera le No 3 du gouvernement, reléguant Showkutally Soodhun à la quatrième place. Dans le giron du pouvoir, on prête à Pravind Jugnauth l’intention de céder le ministère des Finances à Mahen Seeruttun. Il se pourrait que Prem Koonjoo quitte le ministère de l’Economie océanique et des Ressources marines pour celui des Administrations régionales, Anwar Husnoo passe au ministère de la Sécurité sociale, Fazila Daureeawoo au ministère de l’Egalité des Genres, Ivan Collendavelloo au ministère du Tourisme.

Xavier-Luc Duval : « Un exercice de lève paké rester »

Xavier-Luc Duval, le leader de l’Opposition, qualifie « d’exercice de ‘lève paké rester’ » la décision de sir Anerood Jugnauth de démissionner comme Premier ministre tout en restant au sein du Cabinet des ministres. « Trop lâche pour organiser une élection partielle, le gouvernement va continuer de plus belle avec Sir Anerood Jugnauth relégué à la 3e place. La guerre des clans au sein du MSM va s’accentuer et cet exercice ne résoudra aucunement le problème du gouvernement », poursuit-il. Le leader du PMSD prévoit le pire pour le pays sous le Primeministership de Pravind Jugnauth car « ses actions de ces dernières semaines sont indignes d’un aspirant Premier ministre et ne font présager que le pire pour l’avenir. » Il appelle à l’unité de l’Opposition en espérant « qu’aucun parti politique ne cède à la tentation éphémère de maroquin ministériel. » Il compte rencontrer tous les leaders des partis de l’Opposition pour décider d’une action commune.

Anwar Oomar : « Pravind fera mieux que SAJ »

« C’est une décision que j’accueille avec énormément de plaisir, d’autant que j’étais de ceux qui avaient voté en 2003, lors d’une réunion du parti, pour que Pravind devienne le leader du MSM. J’ai eu l’occasion de travailler avec lui. C’est quelqu’un de très capable. J’estime qu’il fera très bien comme Premier ministre, peut-être même mieux que son père car il a une autre façon de voir les choses. Cette décision de SAJ fera le plus grand bien à l’image du parti. Pravind comme Premier ministre fera un grand bien à toute la population en général ».

Aadil Ameer Meeah : « La pire arnaque politique »

« C’est un jour triste pour la démocratie. C’est d’ailleurs la pire arnaque politique de toute l’histoire du pays. SAJ quitte la scène politique dans la honte et par la petite porte. En tant que député de l’opposition, je souhaite un regroupement de toutes les forces de l’opposition, les syndicats et la so­ciété civile. Cela, afin de faire pression sur ce gouvernement que je considère illégitime pour qu’il rende le pouvoir au peuple en organisant de nouvelles élections. »

Oumar Kholeegan : « Le pays a besoin d’un leadership jeune »

« C’est avec une grande joie que j’accueille la décision de Sir Anerood Jugnauth. Comme il l’a dit lors de son discours, il a sauvé le pays d’une grande catastrophe. Aujourd’hui, le pays a besoin d’un leadership jeune. L’accession de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre n’est pas due au fait qu’il est le fils de SAJ. D’après la constitution, il est clair que lorsque le Premier ministre démissionne, c’est le leader qui détient la majorité au parlement qui doit le succéder. Je crois ferme­ment dans le leadership de Pravind. Nous lui avons toujours fait con­fiance, même pendant les moments les plus difficiles. Cette confiance a payé car il nous a menés à l’hôtel du gouvernement et de la même manière il nous mènera aux élections de 2019. Le travail commencé par SAJ continuera de plus belle avec Pravind Jugnauth ».

Mahfooz Cadersaib : « Pravind a fait ses preuves »

« En tant que membre du MSM, je suis très content que notre leader ac­cède au poste de Premier ministre. J’ai été à ses côtés et je connais donc ses capacités. Il a fait ses preuves et a montré de quoi il est capable. Et c’est tout à fait normal qu’il se retrouve à la tête du pays, étant donné que c’est lui qui commande la majorité au parlement ».

Osman Mahomed : « La raison avancée me surprend »

« Bien que c’était un secret de polichinelle que le Premier ministre al­lait léguer le pouvoir à son fils, je reste surpris par la raison avancée par Sir Anerood Jugnauth pour justifier ce changement au sommet de l’État. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le Singapour où là encore, le fils de Li Kwan Yu, Lee Hsien Loong, était pressenti pour succéder à son père au poste de Premier ministre. Mais, cela a été fait différemment ».

Le MMM réclame un référendum

Un référendum pour la passation de pouvoir entre Sir Anerood et Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre. C’est ce qu’a réclamé Paul Bérenger, leader du MMM. Il insiste pour passer par les élections générales pour l’installation d’un Premier ministre. Il était face à la presse, hier samedi 21 janvier. « Nous lançons un défi à Pravind Jugnauth et au MSM d’organiser un référendum sinon nous devrons passer par les élections générales. De notre côté, nous sommes prêts à mener une campagne intense contre ce que nous considérons comme un viol de la démocratie. Et si besoin est, une démission en bloc n’est pas à écarter », a-t-il déclaré.

Le leader des mauves qualifie la situation politique actuelle comme étant « malsaine » en soutenant que la population est plus que jamais contre le « deal papa-piti. C’est tellement facile à constater », dit-il. Revenant sur les dires de Xavier-Luc Duval pour ce qui est des offres qu’auraient reçues des députés du PMSD dans le but de rejoindre le gouvernement, Paul Bérenger dit noter avec « quelle indécence le MSM essaie d’acheter ces députés. Nous dénonçons le plus vigoureusement cette façon de faire. Leur but c’est d’atteindre une majorité de ¾. L’opposition est dégoûtée. Xavier-Luc Duval est même allé jusqu’à donner des noms », ajoute-t-il.

Navin Ramgoolam: « Pravind Jugnauth n’a pas le courage d’affronter des élections »

« Anerood Jugnauth est dans le déni. Sa déclaration à la nation marque un jour bien noir dans l’histoire de notre pays. La famille Jugnauth est en train d’insulter l’intelligence des Mauriciens. Il est en train de faire de Maurice une république bananière. C’est du jamais vu dans un pays démocratique. Le père est en train d’offrir le poste de Premier ministre à son fils sans passer par des élections. Le pays n’a jamais voté pour un arrangement dynas­tique. Les intérêts familiaux sont en train de passer avant l’intérêt national. Nous n’avons jamais vu une per­sonne devenir Premier ministre en passant par l’imposte. Nous ne sommes pas dans une monarchie. Le poste de Premier ministre n’est pas un héritage familial. L’histoire retiendra que Pravind Jugnauth n’a pas eu le couragse d’affronter des élections pour devenir Premier ministre. C’est inacceptable ». Interrogé plus tard sur la stratégie que compte adopter le Parti Travailliste face à cette passation de pouvoir, Navin Ramgoolam plaide pour un front commun d’opposition. Son parti se réunira pour décider de la marche à suivre.

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