samedi , 20 juillet 2019
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Ruisseau du Pouce

Ruisseau du Pouce : les marchands se plaignent du manque de sérieux des autorités

Une fois de plus  les marchands basés aux abords du Ruisseau du Pouce nous ont exprimé leur ras-le-bol face à ce qu’ils appellent  le manque de sérieux des autorités concernées.

Pour rappel, depuis des années ils ont fait une demande pour avoir de l’électricité pour travailler. Toutefois, seuls  ceux qui vendent de la nourriture, ont ce privilège. Certains  marchands nous ont fait part d’un manque d’hygiène.  D’autres n’hésitent pas à critiquer le manque de considération de la municipalité. Ils disent même  que  leur lieu de travail n’a jamais été lavé.  Et pour comble, un fil électrique qui passe sur leurs étals représente un réel danger pour eux comme pour les membres du public. Plus d’une fois,   ils ont attiré l’attention du CEB, mais rien n’a été fait. « Doit-on attendre qu’il y ait mort d’homme pour réagir ? », se demandent-ils.

En ce qu’il s’agit de leur gagne-pain, ils doivent se résigner sur leur sort.  Certains marchands  qui travaillent près de la rue La Chaussée nous disent que le travail a nettement diminué. L’espace aménagé de l’autre côté de la rue Brown Sequard  (2ème phase du projet Ruisseau du Pouce) est pire qu’ailleurs. D’ailleurs, seulement 2 marchands y travaillent.

Cassam Mosaheb, marchand de chaussures : « Ici, les clients se font rares »

Il exerce  ce métier depuis une trentaine d’années en compagnie de son épouse Zohra. Il nous raconte son calvaire. « J’ai travaillé dans plusieurs régions de la capitale même au Champ de Mars. Mais, jamais  auparavant je n’ai connu de telles difficultés pour vendre mes produits. Ici les clients se font rares, » dit-il.  Bhai Cassam qui a 60 ans dépend de sa pension de vieillesse pour vivre.  Récemment, son épouse  a dû cesser de travailler car il n’y a pas assez de travail pour deux.  «Mais  où aller, je ne pas d’autre choix que de venir ici, »  nous dit-il encore.

Nasser Mohaboob, marchand de jeans : « Mon chiffre d’affaires a diminué de 50 % »

Depuis 7 ans, Nasser travaille près du  Ruisseau du Pouce.  Autrefois, les clients le cherchaient et il gagnait bien sa vie lorsqu’il travaillait dans les rues. « Ici, on  a l’impression que Port-Louis  commence à devenir une ville morte. Même en période de festivités comme  la  Noel et le Nouvel an les clients sont moins nombreux. Les gens des  régions rurales n’y viennent plus faire leurs achats, car partout il y a des foires, » se plaint-il. Pour lui son petit business florissant d’autrefois péridite et son chiffres d’affaires a diminué de 50 %. «Pour faire vivre ma famille je dois prendre mon mal en patience » conclut Nasser.

Brinda Mess, marchande de vêtements : « Autrefois, je gagnais bien ma vie »

Ancienne couturière, elle a fini par se convertir en marchande de rue,  car elle ne pouvait plus faire face à la concurrence et arrivait difficilement à joindre les deux bouts. Ainsi,  en 1996, Brinda décida de coudre des vêtements pour bébés pour les vendre dans les rues de la capitale. « à cette époque  je gagnais bien  ma vie, si bien que des fois j’ai dû acheter des vêtements pour les revendre, » se souvient-elle. Mais, Brinda fut contrainte de venir  travailler près du  Ruisseau du Pouce. «Cela fait neuf ans depuis que je suis ici. Et cela n’a pas été facile pour faire des clients. Mais heureusement mes clients m’ont retrouvé ici. J’arrive à  joindre les deux bouts », concède-t-elle. Ce qu’elle déplore : le manque d’hygiène et l’éclairage défaillant.

Nail Kausmally, marchand de chemises : « Ici, les gens achètent moins »

Il a suivi les traces de son père. Et cela fait plus de 20 ans qu’il vend des chemises. Pour Nail  c’est sa passion. Mais, il estime que  les gens achètent moins, c’est une  question de contrôle de dépenses. «  À  l’époque où nous étions dans les rues, les affaires étaient meilleures. Ici les clients regardent les chemises et demandent leur prix. Pourtant nos chemises sont vendues à un prix moindre que celui du magasin », explique-t-il.. «Quoi qu’il en soit nous sommes condamnés  à travailler ici. La situation des marchands continue de s’empirer, » conclut-il.

Riaz Teeluck, marchand de pantalons : « Peu d’acheteurs fréquentent ce lieu »

Il ne pensait pas devenir marchand des rues. Il était employé dans une  compagnie privée. Vu qu’il ne gagnait pas beaucoup, il tenta sa chance  dans les rues pour vendre des pantalons.  «Quand j’ai commencé, je gagnais alors le double de mon salaire. Mais, au fil des années les affaires devenaient difficiles pour joindre les deux bouts. Bien peu des acheteurs fréquentent ce lieu maintenant » dit-il.

Ayaz Mahamoody, marchand ambulant : « Nous subissons un manque à gagner »

Après ses études secondaires, il a cherché du travail, en vain.  Alors, il est allé aider son père Aslam, marchand des rues. Et Il a fini par faire de ce métier son gagne-pain. « Si dans les rues les clients affluent, ici c’est le contraire. Mais, au moins  on n’est plus persécuté par la force policière. Par contre,  il y a un manque à gagner », nous a-t-il déclaré.

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