mardi , 18 juin 2019
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Ramadan pas comme les autres

Ramadan pas comme les autres

Cette année, ils passent un Ramadan pas comme les autres. Un événement inattendu, l’arrivée d’un enfant ou démarrage d’une nouvelle vie. Cinq familles témoignent.

Shabnam Banom, Curepipe : «Ce Ramadan est triste sans mon papa»

Shabnam BanomShabnam Banom aura un Ramadan un peu triste cette année car elle a perdu son papa il y a cinq mois. Bye Idriss Dilloo, 60 ans, est décédé le 24 décembre, deux semaines après son retour de l’Umrah. C’est à la Masjid de Curepipe après la prière de Maghreeb qu’il a rendu son dernier soupir. « Mon papa était une personne qui n’était pas malade et il était en pleine forme. On a eu un véritable choc car on ne s’y attendait pas. Mais nous acceptons la volonté d’Allah car son heure est arrivée », nous raconte Shabnam. Véritable pilier de la famille dans la maison qui abrite 25 personnes, ce Ramadan est  très triste. « Nous sommes une grande famille, nous vivons tous ensemble. C’était lui le chef de la famille et jouait également le rôle de papa pour mes enfants et pour nous tous, petits et grands. Nous avions l’habitude de faire Iftaar ensemble. Il apportait la joie et la bonne humeur dans notre famille », relate la jeune femme, toute émue. Même si cette peine est très difficile à supporter, la famille vit donc un Ramadan différent cette année, avec la perte de cet être cher. La famille passe plus de temps à prier pour lui et demande beaucoup de duahs en ce mois béni.


Nadeem Ramjhun et Shamnaaz Goumallee, Brisée Verdière : «Notre premier Ramadan en tant que couple»

Nadeem Ramjhun et Shamnaaz GoumalleeIls ont dit « Oui » le 6 avril et le couple passe son premier Ramadan en tant que nouveaux mariés. Le plus difficile est pour Shamnaaz Goumallee. Elle avait l’habitude de passer ses Ramadans précédents avec ses parents et sa famille. Or cette année, elle doit le passer chez ses beaux-parents. « Ce Ramadan est un peu triste, car ma famille va beaucoup me manquer. La vie est différente, maintenant je suis une femme mariée avec des responsabilités mais je suis aussi heureuse de le passer avec mon époux », explique-t-elle. Elle sait qu’elle peut compter sur le soutien de son époux et de sa belle-famille. « J’accompagne mon épouse pendant ce Ramadan pour le passer ensemble dans les meilleures conditions car moi aussi je m’adapte aux changements. Moi aussi, j’avais l’habitude d’être réveillé par ma maman, de préparer l’Iftaar mais maintenant, je le fais avec Shamnaaz », nous confie Nadeem Ramjhun. Ce qui manque le plus au jeune couple, c’est l’ambiance familiale. « Nous irons quand même faire l’Iftaar chez nos parents mais ce ne sera pas pareil. Nous allons aussi fêter notre première Eid chez nos parents, en couple, c’est un changement énorme », concluent-ils.


Assad et SadjiaTooreea, Moka : «Un ramadan particulier avec un premier bébé»

Assad et SadjiaTooreeaCette année, la famille Tooreea passe le Ramadan à trois. Jeune maman, Sadjia avant beaucoup d’appréhensions, au départ, surtout pour le moment du sehri. « Comment vais-je me préparer pour le sehri sans qu’il se réveille ? Aurai-je même le temps de préparer un bon sehri ? Franchement, je ne le pensais pas. Mais pour m’aider, j’ai lu en ligne les conseils d’autres mères qui se trouvent dans la même situation que moi pour savoir comment elles ont géré la situation. Je pense que je vais préparer quelque chose la nuit et le réchauffer le matin. Au pire, mon mari prendra un bol de céréales et une tasse de thé », nous dit-elle en riant.

Sadjia nous confie que la première semaine a été la plus difficile mais ensuite, ce n’était qu’une question d’adaptation. « Avant je vivais chez mes beaux-parents et nous préparions le sehri ensemble. On prenait notre temps pour manger. Maintenant nous vivons seuls et je sais que je vais devoir manger super vite. » Le plus difficile pour elle est de trouver un équilibre entre le Ramadan et le jeune Aslan, né le 3 mars 2019. « Jongler entre mon fils et les prières est un vrai challenge pour moi. Je ne pense pas qu’avec ce rythme, j’aurais la même énergie et le temps que l’an passé mais Allah me donnera la force. ». Heureusement qu’elle peut  compter sur l’aide de son mari. « Apres le boulot, je me sens fatiguée  mais je suis impatiente de relever ce nouveau défi. J’aime les défis ! C’est aussi comme un test pour nous deux, un test pour notre foi. Je vais aider autant que je peux. Nous allons essayer de tirer le meilleur parti, peu importe la difficulté », conclut-elle.


Ackleema Kurrimbokus, Mahebourg : «Nous avons accueilli un second enfant»

Ackleema KurrimbokusBien que cette situation ne soit pas nouvelle pour Ackleema Kurrimbokus, elle devra tout de même redoubler d’efforts pour ce Ramadan. Elle vient de mettre au monde son second enfant, Alyaanah, le 3 avril 2019. « La préparation du Ramadan cette année est un peu différente avec l’arrivée de notre second enfant. Le temps de sommeil de mon bébé varie de jour en jour, je dois donc m’ajuster en conséquence. Niveau préparation, je dois tout faire la veille et commander des gâteaux pour l’Iftaar. » S’occuper d’un bébé nécessite beaucoup de temps, donc peu de sommeil. « Les ibaadah seront un peu moins cette année, mais je ferai de mon mieux pour profiter de ce mois sacré ». Le repas du soir se faisait toujours en famille durant ce mois mais avec l’arrivée d’Alyaanah, les choses ne seront plus pareilles. « Parfois, je vais sûrement devoir manger seule. Je prie juste pour que cela n’arrive pas parce que je ne veux vraiment pas rater ce temps précieux avec mon premier enfant, Alisha, et mon époux, Shameel, afin de faire le sehri ensemble. »


Jaweed et Uzma Nanhuck-Diljore, Highlands : «Le Ramadan dans notre nouvelle demeure»

Jaweed et Uzma Nanhuck-DiljoreCes  deux trentenaires ont débuté leur premier Ramadan dans leur nouvelle maison au beau milieu du quartier chic de Highland Rose, où ils viennent tout juste d’emménager. Le projet d’emménagement a pris du retard à la suite du décès soudain du père d’Uzma en début d’année. Deux événements qui chamboulent le Ramadan du jeune couple.  « À Port Louis, où on habitait auparavant, ça grouillait toujours pendant le Ramadan. Ici nous devons bien nous organiser pour bien nous approvisionner. Dans le passé, lorsqu’on rentrait pour l’Iftaar, il était déjà trop tard et la plupart du temps, on prenait l’Iftaar en route. Maintenant, on  a le temps de bien profiter de ce mois béni, lire le Coran et préparer l’Iftaar à notre guise », explique Jaweed.

Toutefois, ce qui manque le plus au couple, c’est de se rendre ensemble à la mosquée Al-Aqsa pour le Tarawih « Uzma avait l’occasion de suivre la récitation du Coran en direct. Mais c’est toujours aussi un plaisir et bénéfique de lire le Tarawih chez-soi. » ajoute-t-il. Suite à leur  projet d’emménagement le couple est parti faire l’Umrah Ramadan samedi dernier. « En guise de remerciement envers notre Créateur, nous avons pu compléter à deux notre plus grand projet, malgré tous les défis que nous avons dû surmonter. C’est aussi l’occasion de nous donner un nouveau départ et de se ressourcer spirituellement dans la paix et la tranquillité », conclut Uzma

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