lundi , 1 mai 2017
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Privée de pension de veuve – L’épouse du Maulana Chooramun dans la tourmente

Rufeda Bibi Lagan, épouse du regretté Maulana Jamil Chooramun, âgée de 44 ans, est désemparée. Privée de pension de veuve, elle n’a aucun moyen pour faire vivre sa famille. Ses économies sont sur le point d’être épuisées, sa fourniture d’électricité risque d’être supprimée, deux de ses enfants sont sans emploi et une autre fille risque de ne plus pouvoir compléter ses études tertiaires par manque d’argent. Rufeda nous fait le récit de son calvaire à coeur ouvert…

Après le décès du Maulana Jamil Chooramun survenu le 26 juin dernier, soit la 21e nuit du Ramadan, la vie de son épouse, Rufeda, et de quatre de ses cinq enfants, Jamila (26 ans), Jaeezah (21 ans), Javed (18 ans) et Jaabir (16 ans), a drastiquement changé. Une autre fille, Jaanam, est elle déjà mariée. Malgré les multiples démarches en vue d’obtenir une pension de veuve, Rufeda est restée sur sa faim.

« Cela fait presque quatre mois que mon époux nous a quitté. Il était le seul gagne-pain de la famille. Une de mes filles s’est mariée et les autres habitent avec moi et ne travaillent pas. Je m’occupe également de ma belle-mère qui est malade. J’ai formulé une demande officielle pour obtenir une pension de veuve. Après deux mois et demi, j’ai reçu une lettre du ministère de la Sécurité sociale m’informant que ma demande a été rejetée. Les autorités avancent comme raison que je ne suis pas reconnue comme l’épouse légitime de Maulana Chooramun », déplore la femme au foyer.

Elle a été sommée de jurer un affidavit en présence de deux témoins pour des nouvelles procédures de demande. De plus, Rufeda a été informée qu’elle risque de ne pas recevoir de pension de veuve. En revanche, ses enfants et elle pourront bénéficier d’une aide sociale. La veuve du défunt religieux est à sa troisième tentative et garde espoir de pouvoir obtenir une pension de veuve afin qu’elle puisse faire vivre sa famille. « Si au moins nous pouvions obtenir une aide sociale. Je n’ai jamais travaillé de toute ma vie. Depuis que je me suis mariée, mon époux m’a tout donné. D’ailleurs, je sortais rarement de la maison. Quand je sortais, ce n’était qu’en compagnie de mon époux. Après son décès, je me retrouve seule et je ne sais plus quoi faire », se lamente Rufeda.

L’indifférence d’un politicien

Rufeda, ne soit plus à quelle porte frapper, elle décide de chercher de l’aide auprès d’un politicien, qui était proche du Maulana Chooramun et de sa famille. « Je croyais qu’il allait intervenir vu qu’il côtoyait notre famille et connaissait notre situation financière. Il était un ami proche de mon époux et faisait souvent le va-et-vient à la maison. Mais il s’est montré indifférent, affirmant que c’est la loi et que je dois passer par toutes les procédures », déplore l’épouse du regretté Maulana. « Ce politicien est venu rendre visite à mon époux lorsqu’il était malade. Quand le Maulana est décédé, il était à l’étranger. Il m’avait appelée pour témoigner sa sympathie. Mais, il n’est jamais venu nous rendre visite. Il n’est jamais venu voir dans quelle situation nous étions. Il n’a fait qu’utiliser mon époux pour ses intérêts politiques et quand le Maulana s’en est allé, il n’avait plus besoin de nous », regrette la veuve.

Situation financière délicate

La famille du regretté Maulana Chooramun fait aujourd’hui face à une situation financière précaire. Selon Rufeda, le religieux était le seul gagne-pain de la famille. « Mon époux n’avait pas de salaire fixe mais il ne nous a jamais laissé dormir le ventre vide. Il a, d’une façon ou d’une autre, trouvé les moyens pour permettre à ses enfants d’entreprendre des études tertiaires. Il a même construit notre maison. Ma fille aînée détient une maîtrise en ourdou. Mon fils a suivi une formation en pâtisserie à l’école hôtelière. Maintenant que mon époux n’est plus de ce monde, je ne sais quoi faire », avance Rufeda.

Elle dit avoir reçu beaucoup d’aides financières pendant les 40 jours suivant le décès du religieux. « J’ai économisé une bonne partie de l’argent pour les dépenses quotidiennes. Mais ces économies sont au point d’être épuisées. Je ne dépends que de la pension de vieillesse de ma belle-mère. Je n’arrive plus à payer les factures. Le CEB menace de supprimer la fourniture d’électricité. Ma fille Jaeezah est en troisième année à la YK Business School. Elle a des frais de Rs 16,400 à payer. Les responsables de l’université exigent la moitié de cette somme, soit Rs 8,200 pour la laisser participer aux examens. Au cas contraire, elle ne pourra pas prendre part aux examens et ses efforts de trois ans tomberont à l’eau », se plaint notre interlocutrice.

« Laissés à notre sort »

Jamila, malgré sa maîtrise en ourdou, n’arrive pas à décrocher un emploi. Javed détient quant à lui des qualifications en pâtisserie mais est toujours au chômage. Pourtant, ils ont tous deux postulé dans plusieurs entreprises. Rufeda affirme qu’elle sera soulagée si au moins ses enfants obtiennent un emploi. « Nous n’avons jamais connu la misère, ni avons-nous vécu le stress, quand mon père était encore là. Il nous a construit une maison mais nous n’avons pas les moyens pour l’aménager. La voiture de mon père est en panne et nous n’arrivons non plus à la faire réparer », indique Jamila.

Rufeda et Jamila déplorent également qu’aucun chef religieux ou autres érudits qui côtoyaient le regretté Maulana Chooramun ne viennent s’enquérir de leurs nouvelles, sauf le Maulana Khedun qui leur apporte des vivres. « Maulana Chooramun était connu pour sa générosité et l’attention qu’il portait à la communauté musulmane. Il est celui qui a protesté dans l’affaire Azaan. Aujourd’hui, quand nous avons besoin du soutien, personne n’est là pour nous. Nous avons été oubliés et laissés à notre sort », disent-elles en pleurs.

Maulana Jamil et Rufeda se sont mariés en 1988

Rufeda relate que le Maulana Jamil Chooramun et elle ont contracté un mariage religieux (nikah) le 10 juillet 1988. Le couple ne s’est pas marié civilement par la suite. « La Muslim Personal Law et le Muslim Family Council ont été institués juste après. La lettre que j’ai obtenue du ministère de la Sécurité sociale fait mention que « your religious mariage has no civil effect as per the National Pension Act 1976 Section 4(2) and Civil Status (Amendment) Act of 1987 ». Mais comment peut-on nier que je suis l’épouse du Maulana alors que j’ai produit tous les documents requis, y compris l’acte de naissance de mes enfants », se demande Rufeda. Jamila, la fille aînée de Maulana Chooramun, rappelle que son père était l’une des personnes qui ont milité pour la Muslim Personal Law et pour la fondation du Muslim Family Council. « Aujourd’hui, l’épouse de cette même personne n’est pas reconnue par la loi. Nous sommes déçues », dit-elle.

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