mardi , 23 juillet 2019
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Préparation de gâteaux pour l’iftar

Préparation de gâteaux pour l’iftar : des familles font perdurer la tradition

Mois sacré du calendrier islamique, le Ramadan débute dans une semaine. Mais les préparatifs pour accueillir ce mois béni ont débuté depuis bien avant. Car qui dit Ramadan, dit aussi fritures à l’heure de l’iftar. Véritable tradition dans de nombreuses familles mauriciennes, la préparation des gâteaux précuits se perpétue de génération en génération.

Affiza Keenoo Islam : «Je prépare aussi des gâteaux pour la mosquée»

Affiza Keenoo IslamAffiza Keenoo Islam, appelée affectueusement « Kala Affiza », est âgée de 64 ans. Chaque année, avant le début du Ramadan, elle s’attèle à la préparation des gâteaux non seulement pour elle mais aussi pour sa fille ainsi que d’autres membres de la famille. « Je prépare des gâteaux pour la maison et aussi pour les fidèles qui vont rompre le jeûne à la mosquée », nous dit cette habitante d’Eau-Coulée. Pour la sexagénaire, c’est une tradition qui date depuis son enfance. Ainsi, tous les ans, elle prépare une quantité suffisante pour tout le mois du Ramadan.

« Kala Affiza » aime profiter au maximum du Ramadan pour se consacrer aux ibaadats et à la lecture du Quran. C’est pour cette raison qu’elle estime qu’il faut commencer les préparations en avance pour ne pas perdre de temps durant le mois sacré. « Personne ne sait s’il sera encore en vie pour le prochain Ramadan. C’est pour cela que je préfère préparer les gâteaux en avance afin de profiter de chaque instant de ce mois qui est un cadeau d’Allah à Ses serviteurs. Durant le Ramadan, je ne prépare pas de gâteaux ni j’en prends des commandes », avance-t-elle.

Lors de notre rencontre avec « Kala Affiza », nous étions étonnés de par la facilité déconcertante avec laquelle elle concoctait samoussas, rissoles, croquettes et autres « half moons ». « Je suis passionnée par la confection des gâteaux précuits depuis que je suis jeune. Cela est devenu ainsi comme une tradition qui perdure d’année en d’année. Pour ce Ramadan, la préparation va continuer jusqu’à la fin de la semaine prochaine », dit-elle. Elle conseille aux gens de préparer eux-mêmes leurs gâteaux pour le ramadan et ce, en avance. « Les gâteaux précuits se conservent facilement au frigo durant tout le mois du Ramadan», précise  « Kala Affiza ».

Yasmeen Emambaccus : «C’est avant tout une passion»

Yasmeen EmambaccusYasmeen Emambaccus, mère de famille, habite Curepipe. Elle exerce comme couturière mais voue une véritable passion pour la préparation des gâteaux. Selon elle, c’est tout un art. Ainsi, elle se prépare activement en vue du début du Ramadan et a déjà commencé la préparation de ses samoussas, cheese balls, tikkah de poulet et rissoles, entre autres. « C’est avant tout une passion. Chaque année, à quelques semaines du Ramadan, je consacre mes heures libres à la préparation des gâteaux précuits que je conserve au congélateur. Chez moi, tout le monde aime bien rompre le jeûne avec les fritures. C’est comme une tradition », confie-t-elle.

Yasmeen peut heureusement compter sur sa belle-mère, Nassim, et sa fille, Mahdiyyah, qui en n’hésitent pas à mettre la mais à la pâte pour confectionner ces délices typiquement mauriciens. Mahdiyyah, qui est à sa dernière année au collège, a profité des vacances scolaires pour aider sa mère. « À trois, le travail se fait plus vite et on ne s’en lasse pas », dit-elle. Yasmeen avance que pour ce ramadan, elle a déjà préparé une bonne quantité de gâteaux qu’elle a mis au frais mais qu’il lui reste quand même d’autres variétés à faire. « Je préfère terminer la préparation de tous les gâteaux avant le Ramadan afin de me consacrer pleinement aux ibaadats durant ce mois béni », ajoute-t-elle.

Yasmeen Emambaccus nous raconte qu’auparavant elle prenait des commandes de gâteaux précuits pendant le Ramadan. « Je le faisais uniquement pour les gens que je connais. Mais vu que mon emploi du temps est déjà chargé, je n’avais pas suffisamment de temps pour me consacrer aux ibadaats. Aujourd’hui, je prépare des gâteaux que pour ma famille », souligne-t-elle. Néanmoins, elle n’écarte pas l’idée de lancer une petite entreprise de gâteaux précuits en parallèle avec sa profession de couturière.

Nazli Alladut Monebahal : «Conserver trop longtemps les gâteaux altère leur goût»

Nazli Alladut MonebahalNazli Alladut Monebahal se prépare à accueillir le mois de Ramadan. Si une préparation spirituelle est essentielle, elle avance qu’il est aussi coutume chez les Mauriciens de foi islamique de préparer des gâteaux qui serviront à rompre le jeûne. Depuis une semaine, elle s’est attelée à la tâche. « Cela fait des années que c’est devenu une habitude, voire une tradition, de préparer des gâteaux pour l’iftar », dit-elle.

Cependant, elle prépare actuellement des gâteaux pour les deux premières semaines du Ramadan. Par la suite, elle en préparera d’autres. « Conserver trop longtemps les gâteaux au congélateur altère leur goût », indique cette habitante de Vale. Comme chaque année, Nazli prépare plusieurs variétés de gâteaux traditionnels comme les samoussas, les tikka et les rissoles pour partager avec ses deux filles qui sont déjà mariées. « En retour, elles m’offrent les gâteaux qui sont plus compliqués à préparer comme le  rouleau de printemps et le cheese ball», confie-t-elle.

Quoiqu’elle ne soit pas contre l’achat des gâteaux sur commande ou chez les marchands de rue, Nazli estime qu’à la maison, elle saura comment doser la quantité de sel ou de matières grasses utilisés dans la confection des gâteaux. « Mon époux souffre d’hypertension. C’est pour cette raison je me m’abstiens de passer des commandes de gâteaux», dit-elle.

Noorina Nunnoo : «Mon époux préfère les gâteaux faits maison»

Noorina NunnooNoorina Nunnoo, habitante de Saint-Pierre, travaille dans un magasin de prêt-à-porter. Vu que durant le mois de Ramadan, elle sera débordée avec les va-et-vient des clients, elle a songé à préparer ses gâteaux destinés à la rupture du jeûne plus tôt cette année. C’est ainsi que, profitant de son après-midi de libre, le dimanche 21 avril, Noorina s’est mise à la besogne et a pu préparer quelque 300 gâteaux.

Chez Noorina Nunnoo, la préparation des gâteaux pour le Ramadan est une tradition familiale. « D’habitude, je privilégie les gâteaux qui sont simples à préparer comme les samoussas, les rissoles et les cheese balls. Pour les autres variétés, c’est plus pratique de passer une commande auprès des entreprises spécialisées. Néanmoins, mon époux préfère les gâteaux faits maison », avance-t-elle. Les gâteaux les plus prisés chez elle sont les samoussas au fromage et les « half moons ».

Si les gâteaux précuits surgelés permettent à Noorina d’économiser du temps, par contre, elle explique que certaines fritures nécessitent une préparation le jour de la cuisson. « Par exemple, la pâte à beignets (bajia) doit être préparée quelques minutes avant la cuisson. Idem pou le ‘chanapuri’ », dit-elle. Bien que son époux et sa fille se raffolent des fritures à l’heure de l’iftar, Noorina avance qu’elle va tout faire pour les encourager à manger plus sainement cette année.

Nuzhat Abdoolah Sahabun : «C’est ma mère qui m’a transmis ce savoir-faire»

Nuzhat Abdoolah SahabunLa préparation de gâteaux pour le Ramadan est une affaire de famille chez Nuzhat Abdoolah Sahabun. Cette conseillère pédagogique qui habite Triolet a débuté les préparatifs depuis la semaine dernière. Elle avance qu’elle prépare des gâteaux pour ses proches, ses voisines et aussi pour les fidèles des mosquées de la région.

Cette tradition de la préparation de gâteaux, Nuzhat l’a héritée de sa mère. « C’est elle qui m’a transmis ce savoir-faire. D’ailleurs, quand elle prépare ses gâteaux, elle n’oublie jamais d’en partager avec moi », confie-t-elle. Si elle préfère tout préparer à l’avance, c’est principalement pour avoir plus de temps à se consacrer aux ibaadats durant le mois sacré. « Avec mon emploi du temps, il n’est vraiment pas évident de préparer les gâteaux pour l’iftar au quotidien durant le ramadan », ajoute-t-elle.

Mère de trois enfants qui sont actuellement au secondaire, Nuzhat dit faire perpétuer la tradition des « gato delwil » pour leur faire plaisir. « Mon époux et moi n’avons pas de préférence en matière de fritures mais je prépare principalement celles que les enfants adorent. D’ailleurs, ils préfèrent les gâteaux faits maison », dit elle. Les half moons, les cheese balls, les rouleaux de printemps, les samoussas ainsi que les cateless sont parmi les fritures les plus prisées chez Nuzhat.

Fareed Dean et Ahmad Fakuddeen Jilani

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