samedi , 20 juillet 2019
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Poste de police pris d’assaut

Poste de police pris d’assaut – Jaylall Bhoojawon : «Il y a un manque accru de formation adéquate»

Une vidéo, publiée et partagée sur les réseaux sociaux au cours de la semaine écoulée, montre un policier désemparé face à une foule hostile qui a pris d’assaut un poste de police, à Phoenix. Celle-ci s’en prenait à un jeune homme venu chercher refuge auprès de la police. L’inspecteur Jaylall Bhoojawon déplore plusieurs problèmes auxquels font face ses collègues.

La vidéo en question a interpellé fortement l’inspecteur Jaylall Bhoojawon, président de la Police Officers Solidarity Union (POSU), à tel point qu’il a remis en question plusieurs pratiques au sein de la force policière. Selon lui, ce n’est pas la première fois que des policiers sont confrontés à ce genre de situation. Il rappelle que le 25 décembre 2018, un poste de police avait été pris d’assaut alors qu’une seule policière y travaillait. Est-ce normal qu’un officier est appelé à gérer un poste de police seul? « Non. Mais cela peut arriver en raison du ‘shift system’ et je peux vous dire que nous faisons face à un manque d’effectif au sein de la police. Nous avons à maintes reprises demandé au Commissaire de police de mettre en vigueur le ‘Bank of Police officer scheme’ qui permet aux policiers ‘off-duty’ de travailler contre une allocation additionnelle. C’est déjà le cas pour d’autres professions», nous dit-il.

Jaylall BhoojawonSelon l’inspecteur Bhoojawon, le nombre optimal de policiers affectés à un poste de police doit être de sept. « Aujourd’hui, nous constatons que le crime a évolué. Les malfrats sont mieux équipés et font usage de toutes sortes d’équipements à la pointe de la technologie pour commettre des délits. Or, les moyens mis à la disposition des policiers n’ont pas évolué. Nous aurions dû être deux fois mieux équipés que les criminels afin de pouvoir agir de façon plus efficace », déplore-t-il. Il ajoute que la police rapporte beaucoup d’argent dans les caisses de l’État à travers les contraventions et autres amendes mais que « celle-ci demeure l’enfant pauvre des services publics.» Pour le président de la POSU, il est temps que la police mauricienne se réinvente. « Notre travail c’est avant tout de protéger la population. Mais si la police n’est pas capable de se protéger elle-même, alors comment peut-on assurer celle des citoyens mauriciens ? » demande notre interlocuteur.

Plusieurs manquements

Parallèlement, Jaylall Bhoojawon estime que plusieurs requêtes formulées auprès du Commissaire de police en vue d’améliorer la force policière ont été lettre morte. « Depuis plus de 5 ans, nous demandons à changer d’uniforme. Aujourd’hui, plusieurs autres services de sécurité privée font usage d’un uniforme presque semblable à celui de la police. Or, nous devons nous démarquer de tous », soutient-il. Il est aussi d’avis que les officiers de police ne sont pas assez formés. « Il y a un manque accru de formation adéquate. D’ailleurs, aucun poste de police n’est équipé d’une salle de gym pour ‘keep fit’. Nos équipements sont devenus obsolètes alors que les criminels ont des gadgets très sophistiqués », se désole-t-il.

Incident impliquant des bouncers

Inspecteur Coothen : « La police ne traite pas avec les videurs »

Coothen Si les services de sécurité privée sont règlementés par le bureau du Commissaire de police, tel n’est pas le cas pour les videurs, dits «bouncers». C’est ce que nous a affirmé l’inspecteur Shiva Coothen, responsable de la cellule de communication de la police, après une rixe sanglante impliquant une dizaine de videurs à proximité d’une boîte de nuit, à Grand-Baie.

D’emblée, l’inspecteur Coothen nous explique que le terme « bouncer» n’existe pas dans la Private Security Service Act. « Contrairement à d’autres entreprises de service de sécurité privée, nous ne recevons pas de demandes de licence pour des videurs. La police ne traite pas avec les bouncers. Selon la loi, un agent de sécurité est un employé qui est appelé à agir comme gardien, à faire des patrouilles et à protéger une personne ou une propriété. Cela inclut les personnes employées sur une base permanente ou contractuelle », dit-il.

Concernent l’incident de la semaine dernière à Grand-Baie, l’inspecteur Shiva Coothen nous dit que l’enquête en cours permettra d’établir si les « bouncers » étaient employés par l’entreprise concernée selon les dispositions de la loi ou s’ils ont agi de manière illégale. Soulignons que dix videurs ont été arrêtés après la rixe sanglante qui a fait sept blessés.

Rixe à Grand-Baie : Dix «bouncers» derrière les barreaux

bouncersL’enquête sur la rixe sanglante devant la boîte de nuit Safari Bar à Grand-Baie dans la nuit du dimanche 31 mars a permis aux enquêteurs de procéder à l’arrestation de dix «bouncers». Ils sont soupçonnés d’avoir participé à l’agression de plusieurs personnes à la sortie de cette boîte de nuit. À vendredi, les dix suspects arrêtés n’avaient pas encore donné leurs versions des faits. La police criminelle de Grand-Baie entendra des témoins pour avoir plus de précisions.Les témoins seront appelés à participer à une parade d’identification de ceux qui ont participé à l’agression. Après cet exercice, les présumés agresseurs seront interrogés en présence de leurs hommes de loi.

Les suspects sont: Axcel Youcoubé, 20 ans, télé-agent, Patrick Denis Sirop, 41 ans, maçon, Jacques Merylain Didier Hennequin, 40 ans, John Stephano Wesley Pynam, 31 ans, agent de sécurité, Louis Michael Luce, 34 ans, helper, Thirensing Dowlul, 31 ans, boutiquier, Yander Alexandre Marmite, 41 ans, planton, Oumesh Sham, 29 ans, agent de sécurité.

L’enquête est menée sous la supervision de l’ACP Bhardwaj Dawoonarain,  Station Commander de la Northern Division.

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