lundi , 1 mai 2017
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Osman Badat d’Ezdehar Capital : « Nous allons lancer un capital d’investissements pour les PME »

Un fonds de capital investissement destiné aux Petites et Moyennes Entreprises. C’est l’objectif d’Ezdehar Capital, une société de conseil en fusions et acquisitions. Car, selon son principal promoteur, Osman Badat, le financement bancaire conventionnel ne répond plus aux exigences du marché des PME.

  • C’est quoi Ezdehar Capital?

– Ezdehar Capital est une société de conseil en fusion et acquisition (‘mergers and acquisitions’) qui accompagne des PME dans des transactions comme une levée de fonds de croissance, le rachat ou vente d’une société, l’évaluation d’une société, le développement d’une stratégie de transformation, entre autres. Notre prochain projet c’est le lancement d’un ‘private equity fund’ (capital investissement) destiné uniquement aux PME avec des potentiels de croissance élevés.

  • C’est quoi le ‘private equity’ ?

– La perception générale est que le ‘private equity’ n’est qu’une alternative à des sources traditionnelles de financement – à savoir les fonds propres et le financement bancaire. Le ‘private equity’ est à la fois une source de financement et à la fois un outil d’accompagnement managérial. Le ‘private equity’ constitue un formidable levier d’amélioration pour l’entreprise. L’intervention de l’investisseur en capital aux côtés des équipes dirigeantes se traduit par un véritable transfert de savoir-faire. L’entreprise bénéficie ainsi de compétences complémentaires pour son management stratégique à long terme couplées à une expertise financière. C’est pourquoi c’est un instrument idéal pour les PME.

  • Pourquoi un ‘private equity fund’ pour les PME ?

– Parce qu’il y a un vide dans le marché des accompagnements des PME. Les entrepreneurs continuent d’être une force motrice de l’économie mais ils ont beaucoup de difficultés à lever des fonds parce que soit ils ne peuvent fournir des garanties financières, soit ils n’ont pas un bon bilan. Ou encore ils ont de bons produits mais pas les compétences nécessaires pour les commercialiser. Une banque conventionnelle offre des financements mais pas d’accompagnement technique ni de transfert de savoir-faire. Les prêts bancaires ne sont pas non plus conformes aux principes de la Shariah. Nous avons taillé sur mesure un produit qui répond aux exigences du marché.

  • Pourquoi une société familiale, qui représente la majeure partie des PME, va ouvrir son capital à des étrangers ?

– Parce que le monde change. La culture de faire des affaires a changé. Avec la technologie et l’accès aérien, le monde est devenu plus accessible. Le modèle du ‘family business’ confié à un seul quartier ou un seul pays ne tient plus la route. Les entreprises ont besoin de diversifier et de s’exposer aux différents marchés et aux différentes compétences techniques et aux différentes cultures. Un ‘private equity fund’ peut réunir tous ces éléments sous un seul toit. Le plus important est que l’ouverture au capital n’est pas éternelle. Le concept de ‘private equity’ est que dans un horizon de 5 à 7 ans, l’investisseur redonne le contrôle à l’entrepreneur avec une plus-value dès que ce dernier a acquis le savoir-faire.

  • Quelles seront les caractéristiques de votre produit ?

– Notre produit sera principalement un apport en capital à des PME qui démontrent une capacité de croissance élevée. Nous n’allons pas offrir d’instruments de dettes ni quasi-dettes. On va participer dans le capital de l’entreprise à hauteur de 40% maximum. Nous allons offrir des instruments conventionnels comme un apport en capital mais aussi des contrats de Mudaraba (capital islamique) et Musharaka (contrat d’association ou ‘partnership’). C’est du ‘private equity’ c’est-à-dire c’est le financement et l’accompagnement technique. C’est destiné seulement aux PME et c’est 100% conforme aux principes de la Shariah. Voilà pourquoi c’est une offre novatrice qui n’existe pas couramment sur le marché.

  • Quel regard portez-vous sur le secteur de financements des PME à Maurice ?

– Le marché des financements des PME est resté quasiment le même pendant ces 20 dernières années. Dans la majeure partie des cas, l’offre ne répond plus à la demande. Pourtant en Afrique on a vu l’émergence de la technologie financière (‘FinTech’). C’est essentiel pour le développement de nombreux secteurs dans les marchés émergeants et pour l’inclusion financière. Le manque de soutien financier pour les PME menace la croissance de l’esprit d’entreprise. Je persiste à croire que le crowdfunding (le financement participatif ou financement par la foule), par exemple, offre une solution à ce problème.

  • Comment ?

– Sa capacité d’atteindre la communauté dans son ensemble est un facteur clé pour mobiliser la richesse qui pourrait alimenter le développement social et économique. Pour ça il faudrait développer une plateforme informatique et une nouvelle structure juridique et règlementaire. On y travaille déjà. Le ‘crowdfunding’ permet à des entreprises de financer leur projet en faisant appel au soutien du public à travers une plateforme web. C’est un instrument plus équitable, plus souple et mieux à la portée d’une PME que le prêt bancaire conventionnel.

  • Pourquoi plus souple ?

– Parce que les règlementations bancaires ne distinguent pas entre une ‘start-up’ ou une entreprise bien établie. En fait le financier conventionnel ne met pas toutes les chances du côté du ‘start-up’. Le ‘crowdfunding’ peut aussi être structuré pour être conforme aux principes de la Sharia. C’est pour cette raison que nous allons créer une plateforme web pour le ‘crowdfunding’.

  • La demande pour les finances islamiques existe-t-elle à Maurice ?

– Absolument. La finance islamique est perçue comme un concept nouveau et une alternative à la finance conventionnelle. Vous savez l’esprit d’entreprise a toujours fait partie de l’Islam. La grande majorité des compagnons du Prophète Muhammad (PSSL) étaient des hommes d’affaires. Et pour répondre à ces activités économiques de l’époque, la finance islamique a vu le jour. Prenons, le crowdfunding comme exemple. C’est un principe qui date depuis l’époque du Prophète.

  • Ezdehar ça veut dire quoi ?

– Ezdehar est un mot arabe qui signifie la prospérité. On a choisi un mot arabe parce que la vision c’est de répliquer, dans le temps, le modèle aux Emirats Arabes Unis, un marché où nous sommes déjà présents.

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