dimanche , 15 décembre 2019
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Organisation des élections : le doute amplifié par l’intox

La controverse autour de l’organisation des élections générales du 7 novembre a pris une tournure pathétique. Un élément dans la pétition électorale du leader du PTr, Navin Ramgoolam, laisse croire que l’action des partis de l’Opposition a purement une visée politique et ne cible pas les failles dans le système comme on pouvait le penser.

Jeudi, plus d’un a été offusqué d’apprendre que des bulletins de vote ont été imprimés dans une imprimerie privée appartenant à un membre actif du MSM. « L’opposition ena raison ki élection fine triquer », fulminent certains. « C’est enn scandale. Election bizin refaire », tonnent d’autres. Ces réactions sont logiques pour deux raisons.

Primo, cet élément compromettant n’a pas été colporté par des oiseaux de mauvais augure ou des vents circulant des fausses informations mais mis en avant par l’ancien Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, dans un document légal. Dans sa pétition électorale, il affirme détenir des informations fiables à l’effet que des bulletins ont été imprimés par Quad Printing à Coromandel. « The Petitioner avers that he has now first-hand information to the effect that ballot papers were printed outside the Government Printing Office premises at the premises of Quad Printing at Coromandel. This fact casts a cloud of corruption and deviousness on the election process as there is a real likelihood that stuffing would have occured nationwide including Constituency No 10. » Il y a de quoi être horrifié.

Secundo, cet élément de Navin Ramgoolam tend à attester la théorie du complot contre les partis de l’Opposition. D’autant plus que des bulletins de vote vadrouillent dans la nature. Vendredi, un quatrième cas a été rapporté à la police. Tout laisse croire que ce n’est pas le dernier. D’autres flâneraient encore dans d’autres circonscriptions. Comme quoi, il y aurait eu un complot bien ourdi dans des circonscriptions urbaines – No 3, 4, 19 et 20 jusqu’ici – pour entacher l’image de la Commission électorale. L’ironie veut que dans 3 de ces 4 circonscriptions, ce sont les partis de l’opposition – PTr, PMSD et MMM – qui y ont fait le plein de sièges. Comprenne qui pourra.

Or, l’information fiable de Navin Ramgoolam serait un pétard mouillé. Sanjiv Mulloo de Quad Printing a apporté un démenti formel à l’allégation qu’il a faite dans sa pétition. Ensuite, le Commissaire électoral, Irfan Rahman, confie à Défi-Plus qu’il attend de pied ferme le leader du PTr en cour. De plus, l’Imprimerie du gouvernement a confirmé avoir imprimé tous les bulletins. Qui plus est, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a ironisé en lançant une bourde à Navin Ramgoolam : « Riyer mam. »


Demande de recomptage dans 8 circonscriptions

Pas de répit pour la Commission électorale. Les partis de l’opposition ont fait des demandes de recomptage des voix dans 7 circonscriptions. Le PTr se concentre sur les circonscriptions No 9, 13, 14 et 15, le MMM sur les No 1 et 19 et le PMSD uniquement sur le No 17. Par ailleurs, le PTr réclame l’invalidation des résultats dans les circonscriptions No 8 et No 10, voire dans celles où Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam ont brigué les suffrages respectivement.


L’absence d’Ally Dahoo se fait sentir

Coïncidence ou fait indéniable. Depuis très longtemps, c’est la première fois que les élections générales ne portent pas l’empreinte d’Ally Dahoo. Il a tiré sa révérence, le 31 octobre 2015. Il était tour à tour Chief Electoral Officer et conseiller en matière électorale. Actuellement, il est conseiller du Premier ministre, Pravind Jugnauth. En 44 ans de services, il a supervisé, organisé et participé à environ 200 élections – générales, partielles, municipales, villageoises et privées – ainsi que celles de Rodrigues.

Plus d’un à la Commission électorale s’accorde à dire que lorsqu’il était aux commandes aucun détail ne lui échappait et il ne privilégiait jamais l’approximatif. A titre d’exemple, il n’avait jamais opté pour la radiation des électeurs qui n’avaient pas été répertoriés par des canvasseurs. Il mettait amplement l’accent sur la formation de tous les fonctionnaires engagés dans le processus électoral.

Reste à savoir pourquoi la Commission électorale n’a pas profité de sa longue et riche expérience. La Commission électorale paie un prix très fort pour sa mise à l’écart.

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