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Shakeel Mohamed

Nikah contracté entre 1987 et 1991 : le sempiternel combat des veuves musulmanes

À l’ajournement des travaux parlementaires le mardi 23 octobre 2018, le député du PTr, Shakeel Mohamed, a soulevé un point ayant trait aux veuves musulmanes qui ont contracté le nikah entre 1987 et 1991. Selon lui, plusieurs d’entre elles ne touchent aucune pension de réversion et autres aides sociales après la mort de leur conjoint.

Lors de son intervention qui a duré plus d’une dizaine de minutes, Shakeel Mohamed a rappelé qu’en 2010 alors qu’il était « backbencher », il avait soulevé la même question pour savoir pourquoi certaines veuves musulmanes, mère de plusieurs enfants, n’étaient pas éligibles à une pension. Il souligne que ces veuves avaient beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts. Le député rouge a également rappelé que lorsqu’il était ministre du Travail après les élections de 2010, un comité ministériel – présidé par la ministre de la Sécurité sociale d’alors, Sheila Bappoo, – avait été mis sur pied pour faire la lumière sur les cas de ces veuves mais aussi pour se pencher sur le mariage religieux.

Shakeel Mohamed souligne que plusieurs points avaient été soulevés dans ledit comité. « Il est important de clarifier la situation telle qu’elle était et demeure encore. Suite à un amendement à la Civil Status Act le 13 novembre 1987, le nikah n’était plus reconnu. Donc, les époux d’une telle union n’étaient plus reconnus légalement. Mais le 21 décembre 1990, la Civil Status Act a été de nouveau amendée et les mariages religieux musulmans étaient réintroduits mais sans effet rétroactif. Conséquemment, les nikahs célébrés entre le 13 novembre 1987 et le 21 décembre 1990 n’étaient pas reconnus par la loi et les veuves de ces unions n’étaient pas éligibles à toucher une pension de réversion », a souligné Shakeel Mohamed.

Muslim Family Council

Par ailleurs, le chef de file du parti travailliste au parlement a fait ressortir qu’en août 1997, Razack Peeroo, alors Attorney General, avait indiqué, dans une lettre adressée à la ministre de la Sécurité sociale d’alors, que « les nikah célébrés entre le 13 novembre 1987 et le 21 décembre 1990 étaient légaux et que les veuves d’une telle union étaient éligibles à la Basic Widow’s Pension. » Néanmoins, Shakeel Mohamed a souligné qu’en août 1998, le juge Robert Ahnee a statué que les nikahs célébrés au cours de cette période n’étaient pas reconnus légalement et que les veuves mariées durant cette même période n’avaient pas droit à une pension. « Ce sont les mêmes cas mais qui sont traités différemment. J’estime qu’il faut plus de constance dans l’approche du gouvernement », a ajouté Shakeel Mohamed.

Ainsi, le député a expliqué que les cas des femmes mariées durant cette période n’étaient pas pris en considération par le bureau de la Sécurité sociale. « Cela en raison du fait que la loi actuelle stipule que leurs mariages auraient dû être enregistrés au Muslim Family Council (MFC). Mais le hic, c’est que cet organisme a été créé à la suite du deuxième amendement apporté à la Civil Status Act. Donc, entre 1987 et 1991, le MFC n’existait pas encore. Comment enregistrer un mariage à un organisme qui n’existait pas au moment où l’union fut contractée ? » demande Shakeel Mohamed. Il estime que c’est injuste que ces veuves soient pénalisées en raison d’un amendement apporté à une loi. « Que justice soit faite à ces dames et je demande au gouvernement de considérer leur cas avec humanité », tonne-t-il.

Shakeel Mohamed: « Révoltant de les considérer comme des concubines »

Dans une déclaration à Star, Shakeel Mohamed s’élève contre le traitement infligé aux veuves musulmanes ayant contracté le nikah entre 1987 et 1991. Il avance que selon les dispositions de nos lois actuelles, celles-ci sont considérées comme des concubines et leurs enfants comme illégitimes. « C’est révoltant de les considérer ainsi. Et je blâme le ministre de la Sécurité sociale, Étienne Sinatambou, si nous en sommes arrivés là aujourd’hui. À l’ajournement mardi, il a laissé entendre que la communauté musulmane a droit à des traitements privilégiés. Ce n’est pas un privilège si seul le mariage religieux musulman est reconnu. C’est notre droit constitutionnel. Et ces veuves n’ont demandé aucune faveur. Elles ont seulement droit à leur pension », a pesté le député rouge.

Pour Shakeel Mohamed, le plus important à présent, c’est de procéder à un recensement pour savoir le nombre de veuves mariées entre 1987 et 1991. « Beaucoup d’entre elles sont décédées également. Mais, il y a toujours celles qui n’ont pas droit à une pension. Je reçois la visite de plusieurs de ces dames chaque jour et elles m’expliquent leurs difficultés », poursuit-il. Par ailleurs, concernant le Muslim Family Council, l’avocat parlementaire avance qu’il connaît des cas où l’imam qui a célébré le mariage n’est pas allé l’enregistrer à l’organisme.


Exposition d’anciennes photos à l’initiative de Shakeel Mohamed

311018_nikahUne exposition d’anciennes photos se tient actuellement au bureau du Constituency Labour Party (CLP) du député Shakeel Mohamed à l’angle des routes Militaire et St-François Xavier, à Port-Louis. L’inauguration  a eu lieu le  mercredi 24 octobre devant un parterre d’invités dont le leader du Parti Travailliste (PTr), Navin Ramgoolam.

Pour Shakeel Mohamed, l’idée derrière une telle exposition est de rendre hommage aux grands tribuns qui ont beaucoup œuvré pour l’avancement de notre pays. « À travers cette exposition, je veux aussi faire découvrir à la jeune génération le Port-Louis d’antan et particulièrement les activités tenues dans la circonscription no. 3. Certains jeunes ont même retrouvé des anciennes photos de leurs grands-parents », nous dit le député rouge.

Shakeel Mohamed estime qu’il est important de se rappeler du passé afin de pouvoir affronter l’avenir. « Ces anciennes photos démontrent également le bon travail accompli par de nombreuses personnalités politiques et apolitiques. Vous y retrouverez des photos du Maulana Aleem Siddiqui (r.a.) », souligne-t-il. Il ajoute que cette exposition a été le fruit d’un travail qui a duré plus d’une année et a été rendue possible grâce à la contribution de plusieurs proches et amis qui lui ont remis des anciennes photos.

Ceux et celles qui souhaitent visiter cette exposition peuvent se rendre au bureau du CLP du député rouge de 9h à 16h en jours de semaine.

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