vendredi , 20 octobre 2017
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Nazzam Nunnoo, vacher : «C’est un métier dur mais rentable»

« Le travail est nécessaire pour l’homme. Il a inventé le réveil-matin »,  nous dit Pablo Picasso. C’est ce que pratique Nazzam Nunnoo, vacher de profession. Il doit se réveiller aux aurores pour donner de la nourriture à ses vaches qu’il traite comme ses enfants.

Nazzam, 36 ans, habite sur un terrain agricole à Saint-Paul. Cela fera bientôt 15 ans depuis qu’il achète, nourrit et vend des taureaux, un métier laborieux. Auparavant, il achetait uniquement des taureaux pour les élever afin qu’il puisse les vendre à l’occasion de l’Eid-ul-Adha. Mais au fil du temps, il a essayé de diversifier son travail pour gagner plus d’argent. Il achète aussi des cabris, boucs et moutons  pour les vendre lors des fêtes. « J’ai dû contracter un emprunt de la banque. Je suis fonceur de nature. Je travaille dur pour rembourser mes dettes », affirme-t-il. Mais maintenant, il se concentre davantage sur la vente de lait de vache.

Il se consacre à plein temps à ses animaux. « Ce métier est rentable mais exige beaucoup de sacrifices. Des fois je ne peux aller aux célébrations de mariages ou sortir en famille parce que les animaux ont besoin de moi», dit-il. Il va couper de l’herbe pour ses vaches chaque jour jusqu’à midi. Souvent, il doit aller très loin pour obtenir de l’herbe verte.

Quoiqu’il  soit très fatigué des fois, cela ne l’empêche pas de faire son travail. Il fera ce métier jusqu’à la fin de sa vie.

Beaucoup de gens préfèrent le lait frais pour ses valeurs nutritives que celui en poudre. Dans très peu de temps, il a créé un réseau de clients dans son quartier et d’autres endroits plus lointains. Il ne met pas le lait au réfrigérateur pour le vendre le lendemain. Il aime vendre du lait frais à ses clients. « Je ne passe pas par le même chemin chaque jour. J’essaie de trouver d’autres clients», explique Nazzam.

« Le lait frais se fait rare »

Un litre de lait dans une bouteille stérilisée est vendu à Rs 50. Les clients aiment beaucoup le lait frais qu’il leur vend car le produit est rare à Maurice. Sa femme, Noorie, l’aide énormément dans son travail de tous les jours. « Elle est à mes côtés pour m’aider. Quand je pars vendre mon lait, elle prend soin des vaches », dit-il encore.

Toutefois, il  déplore le fait  que le prix de la nourriture pour animaux a beaucoup augmenté. Dix ans de cela, le « pounac » se vendait à Rs 75 et aujourd’hui il coûte Rs 650. Le travail est devenu difficile avec tous ces frais. Ses dépenses lui arrivent  à quelque 8 mille roupies mensuellement seulement pour les nourritures des animaux. Le fumier, il le vend aux planteurs. Aussi, il faut injecter une piqûre de vitamines chaque trois mois aux animaux pour qu’ils puissent garder la forme. Heureusement que le gouvernement offre le service de vétérinaires gratuitement.

Selon Nazzam Nunnoo, il n’y a pas beaucoup de personnes qui veulent  faire ce métier. Car, il exige beaucoup de patience et de rigueur.  « Les vaches ne connaissent pas le mauvais temps ou votre situation. Même s’il y a un cyclone ou que vous êtes malade, vous devez prendre soin des animaux. Cela devient difficile des fois s’il y a des urgences comme un cas de décès ou un malade. Si on ne trait pas les vaches, leurs tétines pourront s’engorger et elles pourront tomber malades », confie Nazzam.

Quoiqu’il  soit très fatigué des fois, cela ne l’empêche pas de faire son travail. Il fera ce métier jusqu’à la fin de sa vie.

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