mercredi , 13 décembre 2017
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Nasrullah Ginowree

Nasrullah Ginowree, officiant de prière : ce religieux soigne les plaies de l’âme en prison

Cela fait 20 ans depuis que l’imam Nasrullah Ginowree dirige la prière de Jummah dans les prisons. Ainsi, chaque semaine à la demande du Comité de direction de la Jummah Musjid, il saisit l’opportunité pour prêcher l’Islam aux prisonniers musulmans. Rencontre.

Pour l’Imam Nasrullah Ginowree, la responsabilité d’un imaam ne se limite pas à la mosquée. L’officiant de prière doit aussi se soucier du bien-être de la société. Selon lui, un Imam est comme un frère aîné de la communauté musulmane qui s’évertue à protéger ses petits frères et sœurs et les guider vers la prospérité. « Un Imam est un modèle pour la communauté musulmane, que ce soit à  la mosquée, chez lui, dans la rue et partout où il va. Les gens l’observent et le respectent. Il doit à tout moment réfléchir au bien-être de la société et interdire aux  gens de commettre de mauvaises actions, » dit-il d’emblée.

Jummah à la prison

C’est pour cette raison qu’il a accepté le travail de prêche dans les prisons. « J’ai l’impression que des fois on juge trop vite ces gens-là. On oublie qu’ils sont des êtres humains et qu’ils peuvent se repentir après avoir fait quelque chose de mal. J’ai rencontré de nombreux ex-prisonniers qui, après avoir été correctement guidés, ont changé leur façon de vivre. Certains ont même accompli le Hadj après leur sortie de prison », relate l’Imam. La prison est la seule opportunité pour lui de prêcher le droit chemin pour que les prisonniers soient transformés en vue de leur éventuelle réinsertion dans la société. Il tente de leur faire réaliser leurs erreurs et penser à un avenir meilleur.

Il avoue ressentir de la tristesse occasionnellement quand les prisonniers viennent lui  raconter en larmes combien leurs familles et leurs enfants leur manquent.

Anecdote

Une fois un jeune prisonnier lui a dit que la pauvreté et le chômage sont les raisons pour lesquelles il s’est retrouvé dans une telle situation. l’Imam Nasrullah lui a dit qu’on ne peut commettre des crimes et utiliser la pauvreté comme prétexte. « Allah est le Créateur et le Fournisseur de notre nourriture. Nous devons croire fermement en Lui et faire l’effort nécessaire pour l’obtenir. Les choses ne vont pas arriver vers vous si vous ne faites rien. Les jeunes doivent être prudents lorsqu’ils font des choses odieuses. On ne peut pas échapper à la loi avec des faux-fuyants, »  martèle l’Imam Nasrullah Ginowree.

Selon lui, l’une des raisons qui expliquent la hausse du nombre de détenus, est la mauvaise formation des jeunes. Très souvent, les prisonniers musulmans le rencontrent pour se repentir. « Ils me racontent souvent comment ces délits ont été commis. Ils pleurent comme des enfants, » relate-t-il d’un air triste. Tel un guide, c’est sa responsabilité de les guider vers le repentir et les encourager à voir le meilleur côté de la vie. L’Islam est une religion de paix, d’amour et de miséricorde et non une religion qui incite à faire du mal du mal aux autres. Pour lui, les prisonniers ont tout le temps pour réfléchir à toutes ces choses dans leur solitude.

Visites à l’hôpital psychiatrique

Outre la prison, l’Imam Ginowree se rend à l’hôpital de Brown Sequard les mardis pour prier pour tous ceux qui y sont admis. Il déplore le fait que de nombreux patients ont été oubliés par leurs  familles, ce qui aggrave davantage leurs cas. Il rend visite à ces gens pour leur offrir une lueur d’espoir. « Ils se sont habitués à moi et attendent chaque semaine que je vienne leur parler, » confie notre interlocuteur.

Beaucoup de jeunes  sont là à cause de leur dépendance aux drogues. « Allez voir l’état déplorable de ces adolescents qui devraient avoir une brillante carrière et une belle famille, mais sont à l’hôpital psychiatrique. C’est triste », dit-il encore

La solution

L’Imam Nasrullah Ginowree  propose ceci : « Il est grand temps que les parents réalisent que la maison est la plus grande école de la vie. Si les parents se comportent bien devant leurs enfants et leur inculquent des valeurs islamiques, je suis sûr qu’ils seront protégés contre les fléaux en grandissant, » conseille-t-il. « D’ailleurs, si le père apporte des choses interdites en islam (haram) à la maison, ou de l’argent acquis par des moyens illégaux, les enfants  suivront ce mauvais exemple. Dans la majorité de cas, l’enfant reproduit en action ce qu’il voit, » conclut-il.

Des années de prêche

À l’âge de 27 ans, l’imam Ginowrie a débuté son travail d’officiant de prière. Il a servi au sein de plusieurs mosquées.

Masjid Al Umar, Grande Rivière (3 ans)
Masjid Al-Madeenah, rue Moka (1 an)
Masjid Eid Gah, sous la supervision du Maulana Khushtar (1 an)
Masjid An-Noor Masjid, Bain des Dames (1 an)
Masjid Shaan-E-Rasool, Port-Louis (5 ans)
Masjid Shawkat-e Rasool, Vallée des Prêtres (7 ans)
Masjid Azmatul Quran, Baie du Tombeau (8 ans)

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