vendredi , 17 novembre 2017
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Muntasir Koodruth, artiste : «J’ai voulu rendre hommage à mes ancêtres»

Il fait partie des nombreux artistes qui ont participé à l’exposition intitulée « Migration, identités et appartenances » organisée par le groupe pARTage à l’Institut Français de Maurice.   Muntasir Koodruth a rendu hommage à son grand-père à travers un portrait.

Une trentaine d’artistes issus des quatre coins du monde se sont réunis à Rose Hill pour illustrer un thème qui touche toute la population : « Migration, identité et appartenance ». Ce qui nous ramène aux questions  « Qui suis-je ?», « D’où venons-nous »? Selon ces artistes nos origines sont très diversifiées, surtout à Maurice. Et nos ancêtres ne sont pas forcément issus de Maurice. Nous  sommes bien originaires de l’Afrique, de l’Inde, du Pakistan, des Comores, de la France.

À travers des gravures, peintures, sculptures, assemblages et photographies, chaque artiste a voulu démontrer sa volonté à développer les notions d’identité et d`appartenance. Ainsi, ils confrontent ce  phénomène prédominant dans l’organisation actuelle du monde  qu’est  la mondialisation.

Muntasir a réalisé le portrait intitulé « de-DAre-DA ». « J’ai choisi de présenter ce tableau  tout d’abord  par rapport à la thématique de l’exposition, mais aussi parce que le concept est basé sur le fait que pendant le processus d’immigration, nous avons  dû déconstruire notre identité pour ensuite la reconstruire », explique-t-il.

Processus d’immigration

Bonnet blanc sur la tête, barbe grisonnante. Mais que représente ce portrait ? « Il s’agit de mon grand-père qui est aussi, pour moi, une réflexion de mon arrière arrière-grand-père. Dans notre famille, ce fut lui le premier qui est venu à Maurice en tant qu’immigrant. Cet œuvre colle parfaitement avec le thème et en même temps elle est un hommage à mon grand-père ( dada) et aussi à mes ancêtres » souligne-t-il.

Ce portrait de son grand-père paternel est aussi accompagné d’une œuvre artistique complètement décalée. On peut voir un meuble blanc  sur lequel sont disposés des montres en argent et une montre en or.  « Les montres ont été utilisées comme métaphore lié à la métamorphose de l’identité. Celles qui sont posées sur le buffet illustrent le processus de déconstruction et de reconstruction lié au temps et  à l’espace. Cela donne aussi l’impression que ce processus est figé alors que celle qui est en or représente l’être nouveau qui est mis en retrait. En outre, il reste caché tout en étant quand même exposé au regard des autres. Les montres peuvent aussi être interprétées d’une manière subjective.» explique-t-il.

Muntasir Koodruth a voulu provoquer à travers cette œuvre une réflexion. «On peut voir mon travail d’un regard différent dépendant de la personne.  Cela peut être une interrogation : qui suis-je? Ou qui sommes-nous? D’ailleurs, mes origines proviennent d’une autre partie du monde et non d’où je suis né, » conclut-il.

Les artistes qui  ont exposé leurs œuvres  sont :

Yann Pocreau (Canada), Zainou El Abidine Ali Mohamed (Comores), Dagrún Matthías Dóttir (Islande) Gunjan Tyagi (Inde), Li Cho Hsien Mathieu (Madagascar), Deepa Bahadoor (Maurice), Nirmala Luckeenarain (Maurice), Gerard Foy (Maurice), Nirmal Hurry (Maurice), Krishna Luchoomun (Maurice), Sultana Haukim (Maurice), Pamela Sunee (Maurice), Alix Le Juge (Maurice), Vick Shibdoyal (Maurice), Nalini Gopaul (Maurice), Mala Ramyead (Maurice), Muntasir Koodruth (Maurice), Jean Yves Lonflé (Maurice), Reynald Alaguiry (La Réunion/France), Kako (La Réunion/France), Allen Barreau (Les Seychelles), Leonard Nigel Henri (Les Seychelles), James Patrick Agricole (Les Seychelles), Rude Robert Alexis (Les Seychelles), Meghan Judge (Afrique du Sud), Clemens Sou (Corée du Sud), Sydney Kacele Siansangu (Zambie), Seila Fernández Arconada (Espagne/Royaume-Uni), Takura Tawan Daphilemon (Zimbabwe).

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