dimanche , 19 novembre 2017
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Tasmur en compagnie de Rita Venkatasawmy
Tasmur en compagnie de Rita Venkatasawmy

Mohammad Tasmur Peeroo : le calvaire d’un enfant de 14 ans

Mohammad Ibne Tasmur Peeroo, 14 ans, dormait jusqu’à tout récemment dans un autobus. Les récits poignants de ce jeune garçon ont interpellé plus d’un. Il était dans les locaux de Radio Plus en début de semaine pour réclamer de l’aide.

Son histoire a fait couler beaucoup d’encre. En effet, depuis plus d’un mois, Mohammad Tasmur Peeroo dormait dans un autobus garé sur un terrain vague à la route Militaire. L’histoire de ce garçon nous interpelle sur notre devoir en tant qu’un être humain. Quand il avait 3 ans, son père est mort dans un accident à Tranquebar. Sa maman, ballottée par les aléas de la vie, trouve refuge dans une maison délabrée à la rue Moka. Comble de malchance, la maison est détruite dans un incendie.

Manque d’encadrement

Mohammad Tasmur et sa maman sont alors dirigés vers l’hospice de la rue Labourdonnais à Port-Louis. Mais quelques années après, il est séparé de sa maman et il est transféré à la section des hommes à la rue St. Georges. Mohammad Tasmur raconte qu’au début tout était parfait mais la méchanceté des autres pensionnaires nuit à son développement d’adulte. Pour des fautes qu’il n’a pas commises, il est réprimandé à plusieurs reprises. Le jeune homme concède quand même que la nourriture était en abondance et les dirigeants étaient gentils.

Mais le manque d’encadrement pour le guider vers une école ou un métier, le pousse au découragement. Il développe une maladie qui le rend nerveux et parfois il est en proie à des convulsions. À l’âge de 14 ans, il quitte l’hospice et erre dans les rues. Quelques jours après la fête de l’Eid-ul-Fitr cette année, sa maman Parveen Banon a été admise à l’hôpital psychiatrique de Brown Sequard. Les médecins l’ont internée et elle ne sortira pas de sitôt. Mohammad Tasmur doit chercher seul de la nourriture pour apaiser sa faim.

Le visage pâle, les traits tirés, il peut à peine dire quelques mots quand il pleure sur son sort. Il raconte que des gens font des fausses allégations contre lui et l’accuse de tous les maux. « Parski mo misère dimoune ti faire la police arrête moi pou fausse allegation de vol », nous dit-il. Mais après vérification, le même jour il est relâché. Il a un oncle qui habite à St. Pierre mais ce dernier ne peut l’héberger par manque d’espace dans sa maison.

Admis à l’hôpital psychiatrique

Chaque soir, Mohammad Tasmur rôdait autour des échoppes des marchands de nourriture à Plaine-Verte. « Ena ene marchand grillade  la croisée Vallée-des-Prêtres ki donne moi manger le soir », dit-il. Vers 21h30, il grimpait dans un autobus de la compagnie Apollo garé sur un terrain vague et s’installait sur un sofa pour dormir. Mais la roue semble avoir finalement tourné pour cet adolescent.

En effet, Rita Venkatasawmy de l’Ombudsperson for Children s’est déplacée dans les locaux de Radio Plus ce lundi où l’adolescent était venu réclamer de l’aide. La défenseure des droits de l’enfant a déclaré qu’on « ne peut rester les bras croisés lorsqu’un enfant dort dans la rue.» Il est bon de souligner que la Child Development Unit (CDU) a indiqué que le cas de Mohammad Tasmur était compliqué car le  magistrat a donné l’ordre de le faire admettre à l’hôpital psychiatrique de Brown-Séquard la semaine dernière.

Au final, Tasmur a été admis à l’hôpital de Beau-Bassin, conformément à l’ordre du magistrat.

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