dimanche , 21 janvier 2018
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Meurtres, accidents fatals, actes d’incivisme…La société mauricienne est-elle malade ?

C’est une première semaine noire qu’ont vécue les Mauriciens en 2018. Plusieurs familles ont perdu des êtres chers dans des circonstances dramatiques. Si certains sont d’avis qu’il ne faut pas généraliser la tendance, d’autres estiment que la société mauricienne est en train d’évoluer d’une très mauvaise façon…

La transition d’une année à une autre se fait généralement dans la gaieté et la bonne humeur. Mais celle de 2017 à 2018 risque d’être un très mauvais souvenir pour de nombreux concitoyens. En effet, la nouvelle année a débuté par une série de drames qui a marqué à jamais la vie de plusieurs parents et proches. Les accidents de la route ont joué les trouble-fêtes alors que les actes de violence ont coûté la vie à d’autres Mauriciens. La situation est-elle si alarmante surtout qu’on vient de débuter la nouvelle année ? S’ils sont nombreux à dire que notre société est malade, le sociologue Ibrahim Koodoruth ne partage pas cet avis. Selon lui, la société mauricienne n’est guère malade mais certaines personnes le sont. « Il ne faut, en aucun cas, généraliser cette situation en ce début d’année. Il est vrai que plusieurs personnes ont perdu la vie mais ces actes criminels n’ont été perpétrés que par une poignée de gens. Il existe des problèmes au sein des cellules familiales à Maurice mais la situation n’est pas à ce point alarmante », souligne-t-il.

Néanmoins, pour Allia Syed Hossen-Gooljar, directrice du Centre des Dames Mourides (CDM) et membre exécutive du MACOSS, la situation devient préoccupante avec le nombre croissant de cas de violence rapporté au quotidien. « Oui, il me semble que la société est malade. Les gens deviennent de plus en plus agressifs. Ils n’arrivent pas à gérer leur colère. Mais, il ne faut pas négliger le fait qu’il y a également beaucoup d’actions positives qui se font sur le terrain mais qui ne sont pas suffisamment médiatisées », dit-elle. Même son de cloche du côté du président de la Century Welfare Association, Fouad Uteene, qui avance que la société mauricienne présente des symptômes qui poussent à croire qu’il existe une certaine instabilité et un sentiment d’insécurité dans le pays. « Il y a certes quelque chose qui ne tourne pas rond chez nous. Tous ces actes de violence et d’incivisme fait que les Mauriciens ne se sentent plus en sécurité. En tant que père de famille, je me fais du souci et je déconseille à ma fille de prendre le volant le soir. Tout ça pour dire qu’on a peur pour nos proches », dit-il.

 Allia Syed Hossen-Gooljar : «Notre système d’éducation a failli dans son rôle de formation»

Société de consommation

À l’ère de la modernité et du développement économique, l’île Maurice est devenue une société de consommation à outrance. Et cela n’est pas sans conséquence. « Dans le but de vouloir toujours améliorer sa qualité de la vie, le Mauricien a négligé d’autres aspects élémentaires. Mais c’est aussi le prix à payer du développement économique et social. La perte des valeurs ancestrales est visible à travers les actes de certaines personnes », soutient Ibrahim Koodoruth. Allia Syed Hossen-Gooljar est également d’avis que les Mauriciens veulent toujours avoir plus et cela peut avoir de mauvaises répercussions. « Nous ne sommes qu’à la première semaine de 2018 qu’on assiste à des actes violents au sein de la société mauricienne. Depuis plusieurs années, nous constatons que les Mauriciens deviennent de plus en plus agressifs.  Nous vivons dans  une société où il y a une forte compétition tant sur le plan éducatif, économique et social. Il y a des gens veulent tout avoir dans le plus bref délai et quand ils n’y arrivent pas, certains d’entre eux expriment leur colère et leur frustration par des actes violents qu’ils n’arrivent pas à contrôler », fait ressortir la travailleuse sociale.

De son côté, Raouf Bundhun, ancien vice-président de la République et actuel vice-président d’honneur du MACOSS, met en garde contre l’isolement des membres de la famille dans la vie quotidienne. Il argue que la course effrénée vers le matérialisme comporte plusieurs risques. « Aujourd’hui, tout le monde veut avoir la plus grande maison, la plus belle voiture, le plus joli bungalow entre autres. Tout le monde veut devenir riche. Mais cela a un prix. Nous voyons qu’il n’existe plus de dialogue entre les membres de la famille et au sein du couple. La communication ne passe plus et il y règne un sentiment de frustration dans de nombreuses familles mauriciennes. Il ne faut pas généraliser mais quand nous voyons les actes perpétrés, il y a lieu de s’inquiéter », avance-t-il. Selon l’ancien vice-président, l’usage abusif de la technologie a également contribué au mal-être de notre société. « De nos jours, chacun est sur son smartphone ou tablette. Chacun vit dans sa propre bulle. Mais il est triste de dire qu’il y a un manque de la responsabilité parentale aujourd’hui. Chacun est tellement préoccupé par sa quête matérielle qu’on oublie les valeurs essentielles de la vie », ajoute-t-il.

Raouf Bundhun : «La communication ne passe plus au sein de la famille et il y règne un sentiment de frustration»

Personnes émotionnellement fragiles

090118_familleDepuis le début de l’année, plusieurs actes de violence ont été commis et ceux-ci ont fini en bain de sang et ont coûté la vie à des personnes. Or, les familles des auteurs de ces actes sont sous le choc estimant qu’elles ne s’attendaient pas à un tel comportement de leurs proches. Bien souvent, on entend même dire que le « meurtrier » était quelqu’un de « doux » et « gentil ». Quelles explications à cela ? Pour Ibrahim Koodoruth, il existe des personnes qui sont émotionnellement fragiles. « Cela n’est pas naturel mais c’est plutôt un processus qui a débuté depuis un certain moment ou même depuis l’enfance. Par exemple, bien souvent au sein des cellules familiales, il existe des tensions entre les couples et les parents. Les enfants qui grandissent dans ce genre d’environnement vont développer une personnalité. En grandissant, face à un conflit qu’elles n’arrivent pas à gérer, ces personnes émotionnellement fragiles sont vulnérables et peuvent commettre des actes inexplicables comme ôter la vie d’une personne », nous explique le sociologue. Il ajoute aussi que les conflits au sein du couple peuvent amener un partenaire à faire des choses horribles. « Quand quelque chose ne marche pas dans un couple, il y a une fragilité qui se créé et la confiance entre les partenaires n’est plus au rendez-vous », ajoute-t-il.

Pour sa part, Fouad Uteene est d’avis qu’il n’existe plus de « feel good factor » à Maurice et qu’il y a un sentiment d’insécurité financière parmi une bonne majorité de la population. « Les gens ont tendance à prendre la loi entre leurs mains et ce n’est pas une bonne chose car cela se traduit par des actes de violence ou de meurtres. 2018 a très mal débuté car certaines personnes ont voulu se faire justice par elles-mêmes. Peut-être n’ont-elles pas confiance en la police ? Mais les gens sont devenus comme des marmites à pression et au moindre contact, ils explosent de rage. C’est regrettable », estime le président de la Century Welfare Association.

Fouad Uteene : «Les gens ont tendance à prendre la loi entre leurs mains»

Comment renverser la vapeur ?

090118_examsSi 2018 a débuté par une semaine noire, beaucoup estiment qu’il y a encore du temps pour remédier aux problèmes de la société. Allia Syed Hossen-Gooljar estime qu’il y a plusieurs actions à prendre pour pouvoir venir à bout de ces problèmes d’incivisme et de violence, que ce soit à l’école, à la maison ou au sein de la société. « Les autorités et les ONG doivent organiser des campagnes de sensibilisation pour attirer l’attention de la population sur ce problème.  Mais, attention, sensibiliser les gens de suffit pas. Il faut agir. Il faut éduquer les enfants dès la maternelle sur le civisme et cette éducation doit se faire jusqu’à l’université.  Il faut aussi leur apprendre comment gérer les conflits. La maman est la première éducatrice de l’enfant. Malheureusement, les horaires de travail ne permettent pas aux mamans de jouer pleinement ce rôle », avance-t-elle.

« Les parents ont un rôle à jouer dans la formation de la personnalité de leurs enfants qui deviendront des adultes de demain. Les autorités doivent mettre sur pied des structures pour réhabiliter les agresseurs.  Il faut prendre du temps pour aller à la racine du problème et voir la raison de l’agressivité d’un individu et ensuite prendre des mesures pour l’aider à combattre cette violence en lui. La punition ne suffit pas », estime-t-elle.

De son côté, Ibrahim Koodoruth avance qu’il est essentiel de venir de l’avant avec une structure de médiation afin de trouver des solutions aux problèmes et résoudre les conflits d’une manière à l’amiable au lieu d’avoir recours aux instances judiciaires en premier lieu. « Au lieu d’avoir recours à la police où ensuite les sanctions s’en suivront de la cour de justice, il est préférable d’avoir une structure de médiation pour tomber à des arrangements et cela éviterait aussi d’avoir un casier judiciaire si la nature du conflit n’est pas très grave », préconise le sociologue.

Fouad Uteene est, lui, d’avis qu’il est impératif que chaque personne puisse avoir un logement, un travail et un salaire décent. « Ce sont trois éléments de base que chaque individu doit avoir pour vivre. Or à Maurice, il existe toujours des problèmes de logement et de chômage. Cela débouche naturellement sur autant de conflits dans la société », laisse-t-il entendre.

Ibrahim Koodoruth : «Certaines personnes sont émotionnellement fragriles»

Érosion des valeurs

L’érosion des valeurs ancestrales et familiales a fait que la violence et l’incivisme soient devenus monnaie courante de nos jours. Ibrahim Koodoruth rappelle également que les valeurs morales et religieuses ont tendance à disparaître aujourd’hui.

« Auparavant, les parents veillaient à ce que leurs enfants aillent à l’église, à la madrassah ou autres baïtkah afin d’apprendre les valeurs ancestrales. Mais dans notre île Maurice dite moderne, nous avons tendance à trop nous focaliser sur l’éducation académique surtout au niveau du SC et du HSC. Les parents mettent beaucoup d’emphase sur ces examens mais en même temps, ils oublient d’inculquer aux enfants les valeurs essentielles de la vie. Le comment vivre et le savoir vivre dans la société sont des aspects complètement négligés à présent d’où les nombreux problèmes et fléaux qui rongent le pays », souligne le sociologue. Pour sa part, Raouf Bundhun estime que la jeune génération ne fait plus montre de respect envers les aînés. « Je pense qu’il y a encore un gros travail à abattre dans les écoles concernant l’éducation des jeunes. C’est certainement une très bonne chose de bien travailler et de réussir aux examens, mais quid de la formation pour vivre en société, en famille et en couple ? », se demande-t-il.

Dans le même ordre d’idées, la présidente du Cercle des Mourides (CDM), Allia Syed Hossen-Gooljar, estime qu’il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer l’érosion des valeurs à Maurice. Selon elle, notre pays a fait beaucoup de progrès sur le plan économique et technologique mais sur le plan social, « c’est le chaos. » « D’abord, notre système d’éducation a failli dans son rôle de formation. On s’est concentré sur l’excellence académique alors que le système passe à côté des valeurs qu’on devrait inculquer aux étudiants. De plus, les parents ne font pas l’effort nécessaire pour pallier à ce manquement concernant la formation du caractère de l’individu à l’école en inculquant suffisamment de valeurs morales à la maison », soutient-elle.

Allia Gooljar ajoute aussi que certains religieux ont failli dans leur tâche en mettant plus d’accent sur les rites et rituels que sur les valeurs spirituelles et morales.  « Il y a aussi l’influence des médias qui échappe au contrôle des parents. Les gens développent un point de vue déformé des réalités de la vie que ce soit de leur éducation sexuelle ou sociale. Il y a aussi la frustration de ne pas pouvoir satisfaire tous ses désirs et besoins matériels », fait-elle ressortir.


Alain Jeannot, président de PRAT : «Tous les usagers de la route sont concernés par l’éducation»

090118_accidentLes accidents de la route continuent à faire des morts en 2018. Plusieurs personnes, dont deux frères, y ont laissé la vie en ce début d’année aux petites heures du lundi 1er janvier à St Jean. Malgré les mesures et les campagnes de sensibilisation, les accidents continuent. Alain Jeannot, président de Prévention Routière Avant Tout (PRAT), estime qu’il y a plusieurs facteurs à risques ou des conjonctions de facteurs à risques qui favorisent cette situation.

« Chaque accident a sa spécificité. Mais, en gros, nous pouvons dire que l’augmentation de la flotte est accompagnée d’une hausse dans le nombre de collisions. Par exemple, l’année 2015 s’est clôturée avec 486,144 véhicules motorisés et 28,476 collisions alors que l’année 2016 comptait 29,277 accidents pour 507,676 véhicules. Puis, il y a aussi le style de vie qui favorise la fatigue, le manque de concentration, l’excès de vitesse, l’abus d’alcool, le stress et autres distractions », souligne-t-il. Il ajoute qu’il y a certains manquements infrastructurels comme l’absence de trottoirs  ou panneaux de signalisation et marquages de routes mal entretenus à certains endroits qui favorisent les accidents. « De plus, certains véhicules sont mal entretenus et malgré les campagnes de sensibilisation, certains chauffeurs conduisent encore avec des pneus lisses qui se révèlent encore plus dangereux en ces périodes pluvieuses », poursuit notre interlocuteur.

Si 2017 a été marqué par un nombre important d’accidents de la route, 2018 a débuté avec plusieurs morts sur nos routes. Alain Jeannot se dit attristé par cette situation car selon lui, les accidents n’arrivent jamais par accident. « Nous pouvons les prévenir dans la plupart des cas. Malheureusement, nous avons une mauvaise lecture de la liberté qui se conjugue toujours avec responsabilité », fait-il ressortir. « La route est un reflet de notre société : manque de discipline, de respect pour autrui, hédonisme dangereux, sexisme, incapacité de prévoir et autres hypertrophies des droits au détriment des devoirs. De plus, le stress nous rend malade, c’est ce qui a été évoqué au World Mental Health Day. 200,000 personnes souffrent de troubles mentaux à Maurice. Combien de chauffeurs parmi eux ? », se demande-t-il. Alain Jeannot ajoute que  le nombre d’infractions ne se compte plus mais la force policière enregistre une contravention toutes les deux minutes. « C’est énorme ! », dit-il.

Selon le président de PRAT, il ne faut pas sous-estimer l’influence du gros pourcentage des deux-roues motorisés que compte notre flotte. « 40%, c’est beaucoup et les risques sont proportionnelles. Espérons que les motos écoles viendront mitiger les risques accrues des motocyclistes qui sont de 20 à 25 fois plus vulnérables que les automobilistes », avance-t-il.

Mais comment expliquer l’incivisme à fleur de peau sur les routes mauriciennes ? « Martin Luther King Jr disait que la morale ne peut être légiférée mais que le comportement peut être régularisé. Poursuivant sa pensée, il ajoute que la loi ne peut obliger une personne à vous aimer, cela relève du domaine de l’éducation et de la religion. Par contre, la loi peut empêcher une personne à vous lyncher. Ces réflexions résument tout le problème de l’incivisme qui, sur la route, n’est qu’un échantillon de la paupérisation de nos normes morales que la religion arrive difficilement à contrôler parce qu’elle fait face à la rude compétition de l’uniformisation d’une mentalité égoïste basée sur le ‘moi, maintenant, tout de suite’ et que l’éducation peine aussi adresser. Il faudrait à la fois une révolution morale et un durcissement de la loi contre l’incivisme », nous répond Alain Jeannot.

En ce qui concerne l’éducation des automobilistes mauriciens, il est d’avis que tous les usagers de la route y sont concernés et non seulement les automobilistes. « On n’est jamais trop éduqué pour partager la route en toute sécurité », dit-il. Sinon au niveau de PRAT, les interventions sont axées sur la sensibilisation. « Nous organisons des campagnes de prévention et des ateliers de travail. Nous marquons aussi des événements clés de la sécurité routière comme la semaine mondiale de la sécurité routière, la journée de la courtoisie au volant et la journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route. Nous avons récemment marqué la journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route par une messe à la Cathédrale St Louis », nous dit encore Alain Jeannot.


Karuna Rajiah, psychologue : «Certains cas de violence prouvent que les gens sont malades»

090118_karunaLa psychologue Karuna Rajiah estime que notre société n’est pas malade mais qu’une poignée de gens le sont. Selon elle, un durcissement des lois et l’accélération des procès aideraient à diminuer le nombre des délits car plusieurs Mauriciens ont tendance à prendre la loi entre leurs mains.

Pensez-vous réellement que notre société est malade vu le nombre de crimes et autres actes d’incivisme perpétrés ?
Je ne dirais pas que c’est la société qui est malade parce que  l’amitié et la fraternité continuent toujours de perdurer. On ne peut pas généraliser la situation à cause d’une poignée de personnes qui agissent sans réfléchir.

D’un point de vue psychologique, comment expliquer le comportement de certains Mauriciens qui ont recours à la violence?
Il existe plusieurs facteurs pouvant expliquer cela : l’orgueil, la colère incontrôlée, les sentiments étouffés qui refont surface, entre autres. Je pense personnellement que les Mauriciens sont en train de prouver dans leur milieu ou à leurs proches qu’ils sont forts, voire qu’ils sont des super héros et qu’ils n’ont peur de rien. Mais en voyant le revers de la médaille, cela sous-entend que les gens sont en train de prendre la loi entre leurs mains. On a déjà vu des films qui montrent comment certains personnages prennent la loi entre leurs mains face à une injustice. Le film de Gérard Butler, intitulé « Law Abiding Citizen », en est l’exemple parfait. On se demande alors si certains un font de même. Mais certains cas de violence prouvent que les gens sont psychologiquement malades.

Peut-on prévenir ce genre de comportement comme celui de cet homme qui  lance son  véhicule  sur ses voisins ?
On ne peut pas prévenir un comportement qui entraîne des conséquences graves ou pas. Seuls les témoins pourront confirmer ce qui s’est réellement passé. Il y aura des hypothèses mais seuls les témoins pourront aider à comprendre ce qui s’est vraiment passé.

Selon vous, qu’est-ce qui ne tourne pas rond actuellement à Maurice avec autant de délits?
Je pense que si la loi était un peu plus sévère et que les procès étaient plus rapides, peut-être que le nombre de délits aurait diminué.

Que préconisez-vous comme solution pour remédier à la situation?
Je pense qu’il faudra un peu plus de patrouilles dans différents endroits et pas uniquement sur les autoroutes pour des contrôles routiers. De temps à autre, les policiers doivent faire remarquer leur présence dans différents endroits du pays. Des ateliers de travail au profit des gens dans chaque région pour refaire leur éducation civique les aideront à mieux se comprendre. Vu que les gens sont très occupés avec le travail, des pamphlets pourront aider à mieux communiquer avec eux, à les sensibiliser, pour qu’ils sachent que tout le monde, ensemble, est impliqué dans le combat contre la violence.


Première semaine noire de la nouvelle année

La nouvelle année a été marquée par une série d’accidents et de meurtres. C’est une semaine noire qu’ont vécue de nombreuses familles mauriciennes depuis le 1er janvier. Retour sur ces drames qui ont coûté la vie à 9 personnes en l’espace de cinq jours.

1er janvier

Deux frères unis dans la mort

Unis dans la vie comme dans la mort. Les deux inséparables frères, Zinedeen et Falahuddeen Phutully, 19 et 24 ans respectivement, habitants de Stanley, ont été tués alors qu’ils étaient à bord d’une berline obtenue en cadeau pour le Nouvel An. Leur cousin Shaheel, 19 ans, est toujours aux soins intensifs.

C’est dans un accident de la route à St-Jean, Quatre-Bornes, aux petites heures de lundi, jour du Nouvel An. Zinedeen et  Falahuddeen et leur cousin Shaheel se trouvaient dans une BMW. Celle-ci a percuté un arbre et s’est embrasée sous la violence de l’impact. Les deux frères n’ont pas survécu à leurs blessures. Quant à leur cousin, Shaheel, il est admis à l’unité des soins intensifs.

Ils laissent derrière eux des parents inconsolables qui n’avaient que deux enfants. Une double tragédie dont ils ne pensent pas pouvoir en remettre. Axen et sa femme n’ont plus goût à la vie depuis qu’ils ont appris le décès tragique de leurs deux fils.

Axen explique que son fils Zinedeen était un passionné de voitures. «Mon épouse et moi avons offert la BMW à Zinedeen pour le Nouvel An et il était tellement ravi qu’il ne cessait de nous remercier. C’était un de ses rêves d’avoir une berline. Mais aujourd’hui, Zinedeen et Falahuddeen ont péri dans cette BMW. Sak Nouvel an pourann moi ditor», dit Axen.

Selon le rapport de l’autopsie, les deux jeunes hommes sont morts des suites de leurs multiples blessures. Leurs funérailles ont eu lieu lundi. Plusieurs proches sont venus leur rendre un dernier hommage.

2 janvier

Un noyade, double meurtre et  chute mortelle d’un nourrisson

Le deuxième jour de l’année a fait quatre morts. Pierre-Yves Sheik Adam (61 ans), un habitant d’Engrais Martial, est mort noyé au Morne. Le drame s’est produit vers 12h30. Le sexagénaire s’est retrouvé en difficulté en mer. Son corps a été repêché par des volontaires. À l’arrivée de la police et d’une ambulance du Samu (Service d’aide médicale d’urgence) vers 13 h,  il avait déjà rendu l’âme.

Également le 2 janvier, un drame s’est produit à Tamarin autour d’une affaire de garde d’enfant. Lelio Zephir, 65 ans, a tué son ex-femme, Doris L’Enflé, 38 ans, en lui tirant deux coups de feu à la tête mardi après-midi vers 16 h 40 avec un fusil de chasse. Puis, le sexagénaire s’est donné la mort en se tirant une balle à la tête. Doris s’est rendue au domicile de ce dernier pour voir son fils. Sur place, une dispute a éclaté entre Lelio et Doris. Dans un accès de colère, Lelio, gardien de son état, a pris un fusil de chasse et a tiré deux coups de feu sur Doris. Après avoir commis l’irréparable, il s’est donné la mort en se tirant une balle à  la tête. Après avoir entendu des coups de feu au domicile de Lelio, des voisins ont accouru et ont alerté la police. Plusieurs unités de la police, dont la CID de Rivière-Noire et la police scientifique se sont rendues sur les lieux du drame.

Le fusil de chasse a été retrouvé entre les mains de Lelio, qui baignait dans son sang. La police est arrivée rapidement à la conclusion que Lelio Zephir s’est suicidé après avoir tué Doris.

Par ailleurs, durant la nuit à Flic en Flac,  Kelione Noah Kedaree, un bébé de 18 mois, a fait  une chute mortelle. La famille Kedaree et des proches s’étaient retrouvés sur la plage de Flic-en-Flac le matin pour célébrer le Nouvel An. Tard dans la soirée, ils ont regagné leur domicile. C’est un dénommé Gerald qui tenait le petit Kelione, les autres membres de la famille étant occupés. Arrivé à la maison, Gerald a remis le nourrisson à sa grand-mère Peggy, 38 ans. En lui remettant le nourrisson, enveloppé dans un molleton, Gerald aurait recommandé à la grand-mère de laisser l’enfant dormir et de ne pas le perturber. Quand Peggy a déposé l’enfant dans son lit, elle devait constater des traces de blessure sur son corps. C’est la panique dans la famille, d’autant que le bébé ne respirait plus. Peggy téléphone aussitôt à Gerald, lui réclamant des précisions sur ce qui s’est vraiment passé. Gerald devait lui répondre qu’en route vers la maison, alors qu’il tenait l’enfant dans ses bras, le petit Kelione a fait une chute dans un caniveau. Et ce n’est pas tout. Gerald lui-même serait tombé sur l’enfant. Le dénommé Gerald a été arrêté par les policiers de Flic-en-Flac et  inculpé d’homicide involontaire par imprudence.

3 janvier

Double meurtre à Fond du sac

Un conflit entre voisins s’est terminé en drame dans la nuit de mardi à mercredi à Fond du sac. Vijayanand Ghoorbin, surnommé Ootam par ses proches, 37 ans, a été percuté par un tout-terrain conduit par Akshay Baboolall, 26 ans, après une dispute. Anand Ghoorbin, 62 ans, le père du défunt qui l’accompagnait, a été blessé et hospitalisé avant de rendre l’âme lui aussi. Quant à Akshay Baboolall et son frère Varun, ils ont été arrêtés sous une accusation provisoire de meurtre.

Les membres de la famille célébraient le Nouvel An chez eux, à Fond-du-Sac, mardi soir. Vers 23 heures, un tout-terrain s’est arrêté en face de leur résidence. « Zot finn met zot laparey for e zot ti pe larg zot lafime dan nou lakour », explique Gawtam Ghoorbin. Toujours selon sa version, ses proches ont demandé au chauffeur du tout-terrain, en l’occurrence Akshay Baboolall, qui habite le même chemin, de cesser ce bruit. Le chauffeur est parti mais il est revenu en compagnie de son frère Varun et un de ses cousins. Selon Gawtam Ghoorbin, ils étaient munis d’un morceau de bois doté de clous. « Zot finn koumans kraz nou laport e finn koumans bate. Monn resi kal enn ladan. Après enn ti moman, Akshay finn pran so 4×4 e li finn roule lor mo frer Ootam ek mo papa. Après linn sove », ajoute-t-il. Ootam a rendu l’ame le même jour alors que son père qui était admis aux soins intensifs a poussé son dernier souffle le 5 janvier.

4 janvier

Un poids lourd se renverse et tue l’aide-chauffeur

Jeudi le 4 janvier, Ramdass Poliah, 55 ans, un aide-chauffeur, était à bord d’un poids lourd lorsque le véhicule s’est renversé. Cet habitant de Britannia n’a pas survécu. Il reprenait son travail après les festivités du Nouvel An. Le poids lourd, conduit par Louis Mario M., 60 ans, habitant Grand Bois, transportait du charbon. Vers 4 h30, le véhicule et ses deux occupants ont quitté Port-Louis pour se rendre à St-Aubin. C’est à hauteur du Caudan que le malheur a frappé. Jean Louis M. a perdu le contrôle de son véhicule qui a heurté les mains courantes avant de se renverser sur le flanc gauche.

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