mercredi , 24 juillet 2019
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Sarah Benazir

Meurtre de Sarah Benazir Khoreissa : «Ma fille n’était pas amoureuse d’Abhishek»

Sarah Benazir, une enseignante de 25 ans habitant d’Epinay,  a trouvé la mort dans des circonstances effroyables. Mithileshwarsing (Abhishek) Dhunsoo, un mécanicien de 25 ans habitant Ilot, a avoué l’avoir étranglée et jetée dans un ravin parce qu’elle voulait mettre fin à leur amitié.

La victime,  qui était enseignante de français au collège DAV à Morcellement St-André, portait une blessure à la bouche quand la police a retrouvé son cadavre le vendredi 14 septembre au bord d’une rivière à Les Mariannes. La veille, sa mère, Bibi Khoreissa Gheesa, 58 ans, avait rapporté sa disparition au poste de police de Pamplemousses.

Elle nous raconte que sa fille et son fils Irfaan avaient sept et six ans respectivement quand leur père, Ally Mootoosa Gheesa, est décédé à l’âge de 47 ans. Pour gagner sa vie et élever les enfants, Khoreissa tenait un commerce  devant sa porte. Elle nous dit avoir fait d’énormes sacrifices pour leur donner une bonne éducation et pour  s’assurer qu’ils ne manquent de rien. « Benazir était une fille merveilleuse », nous dit sa mère. Après le secondaire, elle a entrepris des études supérieures en langue française. Depuis deux ans elle a été employée comme enseignante au collège DAV.  Ses collègues ainsi que les élèves qui l’ont côtoyée louent sa générosité, sa disponibilité et son dévouement. Dans sa localité, les habitants gardent d’elle l’image d’une fille polie, affable et bien éduquée qui forçait  le respect et l’admiration de tout le monde. « Li toujours content koze avec tout dimoune. Li pas ti ene dimoune sournois », fait ressortir sa mère.

Une cour assidue

Ce serait son penchant naturel à se lier d’amitié avec ceux qui l’entouraient qui lui aura coûté la vie. Car, pour les proches de Benazir, il était impossible pour elle d’avoir eu une liaison amoureuse avec Abhishek. Benazir aurait en effet confié à sa mère et à son frère qu’Abhishek lui faisait la cour et avait même proposé de se convertir à l’islam pour se marier avec elle. « Benazir fine dire moi net li harcèle li, li dire li amoureux de li et si li pas accepté li, li pou suicide li.  Mo kone sa garçon-là. Li habitué vine fer servicing et répare-nous l’auto. Parfois li vine acheter kitsoz dans nous la boutik li allé. Ene jour mo koze avec li et dire li arrêté fatigue Benazi. Li dire nous ki li content Benazir. Nous fine objecté. Li présente so excuse et li dire laisse li continuer seulement so l’amitié kuma kamarad avec mo tifi. Mo tifi pas ti intéressé marié. Li ti envie poursuive so l’étude », raconte Khoreissa.

Pour les proches de Benazir, le suspect invente n’importe quoi pour justifier son acte meurtrier. Pour Irfaan, 24 ans, Abhishek tente de maquiller ce meurtre en crime passionnel en disant que sa sœur l’a connu pendant cinq ans et qu’ils étaient amoureux. Il fait ressortir que cinq ans de cela sa sœur était à université et trouve étrange qu’aujourd’hui son entourage corrobore ses dires. « Li pe dire aussi ki mo sœur fine dire li ena ene l’autre dimoune dans so la vie et sa même li en colère et touille li. Moi et mo sœur nous kuma plisse ki deux camarades.  Li confier moi tout kitsoz. Zamais li fine dire moi ki li content sa bougue là et ni ene l’autre. Abhishek pas capave kone mo sœur plisse ki moi. Li pe koze menti. Sa kalite dimoune la, la justice bizin met li pendi.  Li tire la vie ene innocent après pe fer scène peu rode alle suicider »,  dit-il .

Revenant sur la disparition de sa fille, Khoreissa nous raconte que ce jour-là comme à l’accoutumée, elle s’est réveillée tôt et après avoir accompli la prière du matin, elle est partie travailler. D’habitude, même  si elle a raté le bus, c’est à 16h qu’elle est de retour à la maison.  « Li donne leçon lacaz.  Ti ena zélève ti pe atanne. Mo trouve li depi 4h pas rentré. Mo téléphone li li pas vini.

Lerla sa garçon-là so bane famille vine kot moi zot pe rode mo tifi. Zot pas dire moi kifer. Zot fine allé. Mo pas pensé ki li pou arrive ziska tire la vie mo zenfan », nous dit-elle en larmes.

Benazir était comme une fée bienfaisante dans la vie de sa mère et de son frère. Elle contribuait au budget familial et avait aidé son frère financièrement pour qu’il construise sa maison à l’étage.  « Li même fine fer monte mo lakaz, met dalle et li avec mo madame zot inséparables. Zot meme habille pareil. Sa weekend-là li ti pou garde roza akoz Muharram. Li même tifer projet pou avoye mo mama faire Umra en janvier 2019 », nous indique Irfaan.

Pour rappel, le rapport de l’autopsie pratiquée par le médecin légiste attribue le décès de la victime à une compression du cou. Quant au suspect, il est déjà passé aux aveux et a même conduit les enquêteurs de la police sur le lieu où il  s’est débarrassé du corps de Benazir. La police pour l’instant semble écarter la thèse d’un crime passionnel et penche plutôt pour la thèse d’un meurtre avec préméditation.

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