mercredi , 22 mai 2019
Accueil / Actualités / Mehjabeen, sa mère : «La mort de mon fils est un mystère»
Abdur Rahmaan

Mehjabeen, sa mère : «La mort de mon fils est un mystère»

Muhammad Abdur Rahmaan Korim, 11 ans, connu comme « Zoli garçon » dans son quartier, a quitté ce monde le dimanche 21 avril dans des circonstances mystérieuses. Il était sur un terrain de football à Vallée-Pitot quand il s’est écroulé devant ses amis et son coach durant la session d’échauffement.

Le temps s’est arrêté chez la famille Roze à Vallée-Pitot. Abdur Rahmaan Korim a quitté ce monde dimanche dernier, le jour du Shab-e-Baraat. Ce gamin de 11 ans qui est connu dans son entourage comme un garçon sage, ne ratait jamais ses namaz et donnait même l’azan à la mosquée Zil Bijadein.  Sa mère Mehjabeen et sa grand-mère Najma sont inconsolables. Fils aîné, Abdur Rahmaan est décrit par sa mère comme un fils « très obéissant » et « serviable » et « mature pour son âge ». « C’est lui qui m’emmenait sur son scooter électrique pour faire des emplettes et mes livraisons de Roze Handbags dans le quartier », raconte-t-elle, les yeux remplis de larmes. La perte soudaine de son fils adoré est une douleur atroce.

« C’est un vide total chez nous. Sans lui notre vie n’aura plus de sens. La mort de mon fils est un mystère. Mais, c’est la décision du Créateur, je l’accepte », dit Mehjabeen, le cœur lourd. Nous montrant le dernier message qu’il lui avait envoyé sur WhatsApp (voir capture d’écran), Mehjabeen nous raconte qu’Abdur Rahmaan est parti sur le terrain ce jour-là en lui indiquant qu’il devait jouer pour être sélectionné pour l’inter-régional dans son club de foot. Elle ne voulait pas qu’il aille jouer car il souhaitait jeûner le lendemain.

La disparition d’Abdur Rahman était  aussi un coup très dur pour sa grand-mère car il était son petit-enfant préféré. « Il savait que je ressentais des douleurs aux pieds et il m’aidait tous les jours en allant à la boutique à chaque fois que j’avais besoin de lui. C’était lui d’ailleurs qui achetait le pain le matin après le namaz fajar », relate Najma. Ateequr Rahmaan, 6 ans, le frère d’Abdur Rahman, était  très proche de son aîné. D’ailleurs, il nous dit que son frère lui apprenait plein de choses et lisait toujours ses dua en sortant de la maison. Son père Yashin se rappelle que la dernière chose que son fils lui a demandée c’était une boîte de raisins qui est encore dans le réfrigérateur. « Son père lui donnait tout ce dont il  avait besoin et il l’aimait beaucoup », ajoute Mehjabeen.

Le jour de l’incident

Après le namaz Fajar, Abdur-Rahman a mangé une pizza avant de partir. Vers 7h, il est allé sur le terrain de football seul. Vers 8h, sa maman a reçu  un appel qui l’a informée qu’Abdur Rahmaan était sans connaissance sur le terrain et qu’il le transportait d’urgence à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo. Sans perdre de temps, Mehjabeen a retiré sa voiture du garage et a pris la direction de l’hôpital. Entretemps, à l’hôpital le médecin a constaté le décès d’Abdur Rahmaan. En apprenant la funeste nouvelle à son arrivée à l’hôpital, Mehjabeen s’est effondrée.

Elle ne pouvait digérer le fait que son fils pouvait mourir si subitement sans aucun antécédent médical. Mettant sa peine de côté, elle a consenti à l’autopsie pour savoir dans quelles circonstances il a perdu la vie. Le rapport d’autopsie attribue son décès à un « acute cerebral edema ». C’est dans trois semaines, qu’elle aura un rapport complet sur les circonstances du décès du jeune garçon. « Mon fils n’avait jamais été admis à l’hôpital et ne souffrait d’aucune maladie », dit-elle. Mehjabeen demande à la population de prier pour qu’Allah donne à son fils une place au paradis.

Nizam Nusroollah, son coach: «J’ai essayé de le réanimer mais en vain»

Nizam Nusroollah, son coach de football, est également sous le choc. Abdur Rahmaan s’est écroulé devant lui sur le terrain de football. « Il s’échauffait comme d’habitude avec son équipe quand soudainement il s’est agenouillé et a perdu connaissance. J’ai essayé de le réanimer mais en vain », nous raconte le travailleur social. Devant cette situation inexplicable et inattendue, Nizam Nusroollah a demandé à un parent et à un élève d’informer Mehjabeen pendant que lui-même allait transporter le petit garçon à l’hôpital dans un taxi. Selon le coach, Abdur Rahmaan était un excellant joueur et un enfant très discipliné. Il n’arrive pas à croire qu’il ait pu mourir à un si jeune âge. « Je prie pour lui mais il est certain qu’il va nous manquer sur le terrain de football », dit-il.

Commentaires

A propos de Ahmad Fakuddeen Jilani

Ceci peut vous intéresser

240517_ramadan

Loin de leur terre natale : le Ramadan des Mauriciens vivant à l’étranger

Nombreux sont les Mauriciens qui ont quitté leur terre natale pour aller travailler ou étudier …