mercredi , 24 juillet 2019
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Riad Peeroo, Suhaib Peeroo et Jaabir Peeroo
Riad Peeroo, Suhaib Peeroo et Jaabir Peeroo

Mehendi Peeroo : la fraternelle concurrence

Il existe plusieurs variétés de mehendi Peeroo sur le marché local provoquant de ce fait une certaine confusion chez les acheteurs. Que choisir entre le Genuine Peeroo Mehendi, le Peeroo Dulhan Mehendi, le Mehendi Cornet Jaune ou encore le Hinna Mehendi ? Pour éclairer nos lecteurs, STAR est parti à la rencontre des principaux distributeurs du henné.

Riad Peeroo, le pionnier dans ce domaine

250918_peeroo1Aujourd’hui âgé de 45 ans, Riad Peeroo nous raconte que c’est à l’âge de 17 ans qu’il a découvert pour la première fois un cornet de mehendi qu’utilisait une Indienne pour appliquer du henné à une de ses proches. À cette époque, les Mauriciens appliquaient le henné avec un bâton d’allumette, une épingle ou une aiguille. « J’étais émerveillé par la façon dont la dame maniait ce cornet de mehendi. Par la suite, j’ai effectué plusieurs essais avec des feuilles de mehendi pour tenter d’en faire un cornet similaire. Mais cela a été sans succès »,  d’emblée nous raconte Riad.

Essuyant des revers à chaque tentative, Riad ne voulait cependant pas baisser les bras. C’est en 1989 qu’il est parti pour la première fois en Inde pour faire des recherches sur la confection du mehendi. Pour un premier essai, Riad a passé une commande de 500 kilos de poudre de henné de Bombay. Avec un peu de difficulté, il est parvenu néanmoins à tout vendre. À l’époque, son père lui filait un coup de main après ses heures de travail. « J’allais livrer les cornets de mehendi chez des grossistes. Au début, c’était vraiment difficile de faire connaître aux Mauriciens l’art de poser du henné avec un cornet. Très peu de gens pouvaient manier un cornet », explique-t-il.  Riad cumulait ainsi plusieurs boulots  pour arrondir ses fins de mois. C’était uniquement durant ses heures libres qu’il préparait la pâte de henné.

En 2001, Riad décide de faire cavalier seul en allant habiter Vallée-des-Prêtres pour y lancer son propre business. Quant à son père, il assurait toujours la production du mehendi à Vallée-Pitot. En vue d’améliorer la qualité de son produit, Riad repart en Inde à la recherche d’autres usines de fabrication en Rajasthan. Et depuis, il y retourne chaque année pour faire davantage de recherches sur l’application du henné. En 2004, il ouvre le Peeroo Mehendi Plaza Ltd à la rue Magon. « La demande pour mes cornets de mehendi augmentait et je devais me concentrer plus sur la production afin de pouvoir assurer la continuité de l’offre », fait ressortir Riyad.  « Je fabrique principalement deux types de cornets : le Genuine Mehendi  Peeroo  et le Peeroo Dulhan Mehendi. Celui-ci est principalement destiné aux nouvelles mariées », précise notre interlocuteur.

Par ailleurs, en 2004, son épouse, Mufiidah Peeroo, lance le Peeroo Institute of Mehendi dans sa maison où elle dispense des cours de pose de mehendi. Sa fille Oumaira lui a emboîté le pas. Riad entrevoit l’avenir avec optimisme et il compte bientôt acquérir ses propres véhicules pour assurer la livraison personnellement à travers le pays.

Le Cornet jaune de Suhaib Peeroo

250918_peeroo2Suhaib, le cadet des frères Peeroo, nous a accueillis chez lui à la rue Mamelon-Vert, à Vallée-Pitot. C’est lui qui a pris la responsabilité de gérer le business familial de ses parents, à savoir la commercialisation du mehendi « Cornet jaune ». En dépit du fait que le « Cornet jaune » existe depuis plus de 25 ans, il n’a jamais songé à diversifier ses activités. La raison en est bien simple : il ne veut pas pénaliser ses clients. « Tout le monde veut que le mehendi ait une bonne coloration. Pourquoi donc leur offrir différents cornets? » nous fait-il comprendre. Il importe ses matières premières de l’Inde. Il précise qu’avant chaque importation, le henné passe par un laboratoire certifié en Inde pour vérifier qu’il corresponde aux critères de qualité. Il nous confie qu’il assume la responsabilité également de tester le mehendi sur lui, son épouse et ses travailleurs avant de faire une quelconque livraison.

Selon lui, le henné est désormais prisé pour toutes les communautés. Même les touristes qui séjournent à Maurice se laissent tenter par une pose de mehendi. Les feuilles de mehendi sont aussi connues pour leurs valeurs médicinales. « À Maurice, personne ne peut aussi envisager un mariage sans la traditionnelle pose de mehendi. C’est devenu presque une culture mauricienne », explique-t-il.

Il ne songe pas à ouvrir un magasin pour l’instant car les livraisons à travers l’île se font de manière efficace. Il exporte aussi ses « cornets jaunes » sur une petite échelle. Les clients étrangers passent leurs commandes en ligne à travers les réseaux sociaux. Ceux-ci sont majoritairement de l’Afrique du sud, de Madagascar, de la Réunion et d’Allemagne.

Jaabir innove avec le Hinna mehendi

250918_peeroo3Jaabir Peeroo, 29 ans, est le benjamin de la famille. Il a pour sa part songé à apporter une touche plus jeune à son mehendi, soit avec le design du cornet, les couleurs attractives et une cohérence parfaite des matières premières pour un mehendi plus foncé. Jaabir a pris l’an dernier un des emplacements de son père, Ahmad Hossen Peeroo, pour mettre sur pied sa propre entreprise et a nommé son cornet de mehendi « Hinna Mehendi ».

Bien que des années de cela, il gérait son propre magasin de chaussures à Port-Louis, l’envie de faire partie de ce ‘Family business’ a eu raison de lui. À présent, son père l’aide au quotidien dans la préparation du mehendi.  Pour qu’on différencie son mehendi de ceux sur le marché, il utilise une boîte  pour livrer le mehendi dans les salons afin de donner à ses cornets de henné un coup d’œil professionnel. Dans une boîte, on peut compter une douzaine de cornets de mehendi. « Moi, je vise plutôt les jeunes avec mon produit. J’ai réalisé que cette coutume est très prisée surtout chez les jeunes», avance-t-il. D’autres nouveautés à son actif : il livre des cartons de mehendi fraîchement fabriqué pour toutes les occasions pour qu’on fasse l’économie de les acheter dans les magasins. Actuellement, le Hinna Mehendi se vend dans les boutiques, les hôtels ainsi que dans des salons.

Il importe sa matière première principalement de l’Inde et du Pakistan. « Vu que c’est un produit saisonnier, je préfère importer de la poudre fraîche tout au long de l’année », affirme-t-il.

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A propos de Ahmad Fakuddeen Jilani

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