jeudi , 23 mai 2019
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Meeting du 1er Mai

Meeting du 1er Mai : des grands moyens pour une guerre psychologique

Le mercredi 1er Mai, les quatre principaux partis politiques – MSM, PTr, PMSD et MMM – se livreront à une guerre des foules à coups de millions de roupies. Le résultat ne sera pas un passeport pour la victoire aux prochaines élections générales. L’histoire l’a amplement prouvé. Ce ne sera qu’une guerre psychologique !

Les meetings du 1er Mai revêtent une importance capitale pour les quatre principaux partis politiques durant cette année électorale. La bataille des foules redessinera le rapport des forces qui d’ailleurs sera déterminant dans les négociations d’alliance en vue des prochaines élections générales. Du coup, les dirigeants de ces quatre partis politiques ne lésineront pas sur les moyens pour réunir le maximum possible de partisans.

Selon une enquête de Le Défi-Plus dans son édition d’hier, le MSM, le PTr, le MMM et le PMSD ont réquisitionné un millier d’autobus, au coût d’environ Rs 5 millions. L’approvisionnement en nourriture aux partisans et les dépenses des agents oscillent autour de Rs 8 millions. Les partisans de ces 4 principaux partis convergeront vers les régions urbaines : le MSM à Vacoas, le PTr à Port-Louis, le MMM à Rose-Hill et le PMSD à Ebène. La répartition des autobus par circonscription se fait en fonction de leurs assises et de la distance. Par exemple, le MMM accordera plus d’autobus à Mahebourg/Plaine-Magnien (No 12) qu’à Piton/Rivière-du-Rempart (No 7). Le MSM mobilisera plus d’autobus à Quartier-Militaire/Moka (No 8) qu’à Savanne/Rivière-Noire (No 14).

Sans l’ombre d’un doute, l’enjeu de la bataille des foules sera de taille à deux niveaux. D’une part, il y aura une lutte acharnée entre le MSM et le PTr pour s’imposer comme la locomotive gagnante de toute future alliance en vue des prochaines élections générales. Le parti qui parviendra à réunir la plus grosse foule s’autoproclamera le « winner-in-waiting » et prendra une avance dans la conquête de la masse silencieuse qui a augmenté constamment d’élection en élection. Mieux, son « bargaining power » sera très élevé par rapport aux potentiels partenaires minoritaires à la table des négociations. Par contre, le perdant de la guerre des foules du 1er Mai partira avec un handicap dans la campagne électorale pour les législatives. Sans pour autant dire qu’il ne fera pas bonne figure. Rappelons que l’Alliance Lepep avait démarré la campagne 2014 avec un très lourd handicap mais elle avait atteint sa vitesse de croisière durant la dernière quinzaine. Pour beaucoup d’observateurs politiques, le clip « Viré Mam » était son turbo.Par conséquent, la campagne de l’alliance PTr-MMM qui avait démarré sur les chapeaux de roue s’était écroulée dans la ligne droite.

D’autre part, les deux potentiels partenaires minoritaires, à savoir le MMM et le PMSD, devront batailler dure pour une raison évidente. Le MMM est condamné d’attirer une plus grosse foule que le PMSD pour démontrer qu’il n’y a pas eu d’hémorragie de ses supporters vers le PMSD, le MP et le PM. Bref, qu’il n’est pas en chute libre. Sans une foule raisonnable, Paul Bérenger n’aura pas suffisamment de la poigne pour insister sur un partage équitable d’investitures, de ministères et d’ambassades avec le MSM ou le PTr. De toutes les façons, ce MMM qui ne cesse de se dégarnir – les démissions – au fil des ans ne pourra pas aspirer à avoir autant d’investitures que dix ans de cela. En 2014, rien que pour s’assurer de rester au pouvoir, le leader du PTr, Navin Ramgoolam, avait conclu un accord que même le MMM n’avait pas espéré. Le résultat de cette alliance contre nature a été fatal pour les deux. Il est peu probable que le leader du MSM, Pravind Jugnauth, commette cette même erreur.

De son côté, après sa débâcle à l’élection partielle au No 18 en décembre 2017, le PMSD est tenu à prouver que sa base est restée intacte… et mieux s’est accrue. Au cas contraire, Xavier-Luc Duval aura toutes les peines du monde pour pouvoir arracher plus de 10 tickets lors des négociations au PTr ou même avec au MSM. Le leader du PMSD a la lourde tâche de démontrer que depuis qu’il a accédé au poste de Leader de l’Opposition son parti est parvenu à attirer des sympathisants des autres partis.

À quelques mois des élections générales, il sera très intéressant d’observer, mercredi prochain, la composition des quatre foules sous tous ses angles.

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