mardi , 21 mai 2019
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Me Nargis Bundhun

Me Nargis Bundhun, présidente du Bar Council : «Comme tout citoyen, l’avocat a droit à la présomption d’innocence»

La Senior Counsel, Nargis Bundhun, est la nouvelle présidente du Bar Council. Dix-neuf ans après, elle accède à ce poste à nouveau. Dans l’entretien accordé à Star, l’avocate fait le point sur la situation au sein de la profession et s’étend sur ses projets au cours de son présent mandat.

Dix-neuf ans après avoir été présidente du Bar Council, vous avez, à nouveau, accédé à ce poste en janvier de cette année. Quels sont vos sentiments ?
Ce ne sera pas tout à fait la même chose car les membres sont plus nombreux ; les défis et enjeux plus importants mais avec le soutien du « Council », nous devons y arriver.

En tant que présidente, quels sont vos priorités et vos projets au cours de ce mandat ?
Le conseil a convenu qu’il y aura les actions habituelles telles que la protection des intérêts de nos membres et la représentation de la profession auprès de  différentes instances  telles que les Cours et tribunaux, le Council of Vocational and Legal Education et l’Institute for Judicial and Legal Studies.  Nous comptons être partie prenante dans la réforme de la profession ainsi que dans des études menant aux métiers du droit. Cela se fera en consultation avec tous nos membres. D’ailleurs, un courrier à cet effet leur a déjà été envoyé. Ensuite, nous travaillerons pour la réunification du barreau et l’assainissement des relations entre les uns et les autres.

Je ne pense pas que c’est la profession d’avocat qui a besoin d’être modernisée mais plutôt l’administration de la justice»

Pensez-vous qu’il faut plus de consultations auprès du Bar Council avant tout projet de loi ?
Pas forcément ! Sauf quand il s’agit d’un projet de loi qui change les choses de manière fondamentale ou qui concerne directement les intérêts de la profession.

Le conseil est habilité à passer des règlements. Un exercice qui ne fait cependant pas l’unanimité au sein du conseil. Faut-il revoir la façon dont est fait cet exercice ?
En effet, le conseil a le pouvoir de faire des règlements. Cependant la question est de savoir comment les rendre efficaces et exécutoires. Ce sont des questions que le conseil de l’ordre des avocats se propose de soumettre au comité qui sera présidé par Lord Philips.

Sinon, vous comptez 30 ans de carrière comme avocate. Quel est votre regard sur cette profession ?
C’est une profession passionnante qui est en évolution constante où l’on peut apprendre quelque chose de nouveau tous les jours.

Comment peut-on ainsi moderniser la profession d’avocat ?
Je ne pense pas que c’est la profession d’avocat qui a besoin d’être modernisée mais plutôt l’administration de la justice.

La population a beaucoup évolué au cours de ces trente dernières années. Elle est devenue plus processive»

Année après année, de nombreux jeunes embrassent la profession d’avocat. Doit-on craindre une saturation du métier ?
Le nombre d’avocats a beaucoup augmenté. Pour toute l’année 1989, nous étions deux seulement à prêter serment. Aujourd’hui, nous pouvons compter jusqu’à une soixantaine par année. Ce n’est pas pour autant qu’on devrait dire que la profession est saturée. La population a beaucoup évolué au cours de ces trente dernières années. Elle est devenue plus processive. Les spécialisations sont aussi de plus en plus pointues. Ensuite, il y des confrères et consœurs qui prennent leur retraite ou qui nous quittent. Je reste optimiste car il y a toujours de la place au sommet.

Vous vous êtes taillée une réputation de « dame de fer ». Pensez-vous que d’autres femmes peuvent se forger une telle réputation dans ce monde souvent dominé par les hommes ?
Je ne sais pas d’où me vient cette réputation et je ne sais même pas si c’est un compliment ou pas ! Mais la profession se féminise et les femmes n’ont pas toutes besoin de sortir du même moule. Elles doivent se faire respecter et je pense que cela passe en premier lieu par une bonne connaissance du droit, bien travailler son dossier et être passionnée par ce que l’on fait.

Par ailleurs, êtes-vous d’avis qu’il faut un système de réglementation des honoraires pour les avocats, voire un barème ?
Je ne suis pas pour cette idée car le propre de la profession libérale est que chaque professionnelle doit pouvoir fixer librement ses honoraires en tenant compte bien sûr de ses compétences et son expérience

Ces derniers temps, plusieurs avocats ont été pointés du doigt. Qu’est-ce qui pousse un avocat à violer le code de déontologie ?
Je ne suis pas sûre qu’ils ont été pointés du doigt pour manquement au code de déontologie. Comme tout citoyen, l’avocat a droit à la présomption d’innocence.

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