dimanche , 19 novembre 2017
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Me Jamsheed Peeroo – Sa mission : internationaliser sa pratique de l’arbitrage et du droit des affaires

Me Jamsheed Peeroo, fils de l’ancien Speaker et ministre Razack Peeroo et de la juge à la retraite, Shaheda Peeroo, est désormais titulaire d’un doctorat en droit d’arbitrage international et droit international de l’École de droit de la Sorbonne, Université Paris 1. Il compte désormais se concentrer pleinement sur son métier d’avocat et d’arbitre. Rencontre…Me Jamsheed Peeroo, 37 ans, est un homme comblé. Il a tout récemment complété son doctorat en droit d’arbitrage international et droit international. Il nous confie que c’était un formidable défi à relever. « Ce n’était pas facile de faire un doctorat à la Sorbonne tout en travaillant au cabinet et en enseignant le droit. Ma femme, Aleksandra, m’a bien encouragé puisqu’elle-même est docteur de la Sorbonne, en économie. C’était aussi un grand défi intellectuel puisque j’ai proposé une solution, en droit français, à un problème concret pouvant affecter l’efficacité des arbitrages internationaux. Ce défi intellectuel surmonté, la pratique dans le domaine de l’arbitrage m’en lance suffisamment d’autres pour ne pas être ennuyé », dit-il.

Me Peeroo projette maintenant de se concentrer pleinement sur son métier d’avocat et d’arbitre. Il avance que la plupart des clients qui ont retenu ses services à Maurice sont des étrangers. Donc, il envisage d’internationaliser encore plus sa pratique de l’arbitrage et du droit des affaires. Il est d’ailleurs actif à la Chambre de Commerce International en tant que Rapporteur pour l’île Maurice en matière d’exécution des sentences arbitrales.

Sur le plan personnel, maintenant qu’il a terminé sa thèse, il veut passer du temps avec sa famille. « J’en profite pour voir grandir mes filles, Noura (5 ans) et Ameena (1 an), et aussi pour réaliser des projets DIY à la maison, ce qui est un peu mon passe-temps », affirme l’avocat.

Mieux connaître Me Jamsheed Peeroo

Jamsheed a fréquenté l’école primaire Notre Dame des Victoires puis le collège Royal de Curepipe. « Je m’intéressais surtout à la science. J’envisageais même de faire des études dans ce domaine. En même temps, naturellement, le droit m’attirait autant puisque j’y baignais depuis ma prime enfance », avance l’homme de loi.

Après ses études de droit à la Cardiff Law School, à l’University College London et à la Sorbonne où il s’est spécialisé en arbitrage international, il a commencé à travailler à Freshfields Bruckhaus Deringer à son département d’arbitrage. « J’ai eu la chance de travailler sur un projet très prestigieux sous la direction de Jan Paulsson, praticien et arbitre prééminent, sur la révision du Règlement d’arbitrage de la CNUDCI (UNCITRAL) – qui reflète le standard international en la matière », fait-il ressortir.

Jamsheed se rend ensuite à Londres pour effectuer son pupillage à 3 Verulam Buildings, un des Chambers les plus reconnus en matière de droit commercial bancaire et financier. Parallèlement, il avait déjà commencé à travailler sur sa thèse de doctorat. « Comme vous le constatez, le monde de l’arbitrage me fascinait déjà à cette époque. J’ai enseigné à l’École de droit de la Sorbonne avant de revenir à Maurice pour exercer au sein de Peeroo Chambers ces dernières années, où j’ai consacré la grande partie de mon temps aux litiges et arbitrages internationaux. J’ai aussi enseigné l’arbitrage et la médiation aux étudiants souhaitant passer l’examen des professions légales à Maurice », dit-il.

Choix de profession

Fils des ténors de la profession légale à Maurice, Jamsheed avance que ses parents ne l’ont pas poussé vers la profession légale et lui ont laissé le libre choix de sa profession. Néanmoins, il soutient que ses parents ont indirectement eu une influence sur son choix. « Je m’intéressais à la science, notamment à la biologie et à la physique. En même temps, j’assistais à des débats sur des questions juridiques à la maison. Cela a certainement nourri mon amour pour le droit puisque je pouvais bien comprendre les implications réelles du droit, un domaine qui peut sembler très sec et théorique à première vue. Dans ce sens-là, je pense qu’avoir des parents dans le domaine du droit a influencé mon choix de profession », confie le jeune avocat.

Pourquoi Jamsheed Peeroo s’est-il spécialisé en arbitrage international. « Le fait que des parties privées puissent chercher des solutions privées, en dehors du cadre traditionnel des tribunaux étatiques, est fascinant et en même temps un vrai défi puisqu’il faut quand-même, ou plutôt justement pour cette raison, un cadre juridique extrêmement rigoureux. L’arbitrage doit offrir un système souple, rapide, vraiment à l’écoute des besoins des acteurs du commerce international et des investisseurs. Ce sont ce charisme de l’arbitrage et ses challenges qui m’ont captivé », affirme Me Jamsheed Peeroo.

Ce dernier indique qu’exercer dans ce domaine, tant comme conseiller que comme arbitre et avoir même la possibilité de participer, en tant que spécialiste, à divers projets faisant progresser le droit de l’arbitrage international est intellectuellement très gratifiant.

Son message aux jeunes

« Le métier d’avocat est un métier très noble puisque ce sont souvent des parties en détresse qui se retournent vers l’avocat pour qu’il leur apporte une aide valable, et il doit beaucoup sacrifier et travailler dur pendant de longues heures pour pouvoir le faire. Ses actions affectent non seulement la vie de ses clients, mais aussi celle de leurs proches, collègues ou employés. Si c’est l’argent qui pousse les jeunes à ce choix de métier, ce sera le mauvais choix », soutient Me Jamsheed Peeroo. Et d’ajouter qu’il y a le risque de rester un avocat moyen, vu le nombre important d’avocats à Maurice. « Par contre, quand on aime véritablement ce qu’on fait, on peut tout faire, avec l’aide d’Allah. Je conseillerais donc aux jeunes de bien écouter leur coeur pour être sûrs de faire le bon choix. Par ailleurs, je dois faire ressortir que les qualités essentielles d’un bon avocat sont son intégrité et son respect de la déontologie », conclut-il.

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