mercredi , 16 octobre 2019
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Xavier-Luc Duval , Alan Ganoo et Navin Ramgoolam
Xavier-Luc Duval , Alan Ganoo et Navin Ramgoolam en pleine conversation

En marge des prochaines élections : une alliance PTr-PMSD-MP en gestation

L’heure est aux alliances. Certains dirigeants politiques commencent à se faire désirer ouvertement et d’autres en catimini. Leurs attitudes diffèrent… l’un se montre docile, l’autre conciliant et deux autres indomptables.

Partage de tickets : la formule 40 : 20 évoquée

Il y a des signes qui ne trompent pas. En est-il ainsi de la présence côte à côte de Navin Ramgoolam, Xavier-Luc Duval et Alan Ganoo, dimanche dernier, lors d’une cérémonie religieuse dans le Sud et pour le compliment « Mille fois Bachoo » lancé par le leader de l’Opposition à l’Assemblée nationale, mardi? C’est la question que l’on se pose dans le milieu politique et dans la population.

« C’est trop tôt ! » C’est la réponse commune que nous a donnée la direction de ces trois partis. « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », nous dira un membre influent du PMSD.

« La table des négociations n’est pas encore dressée car d’ici le Nomination Day des élections générales beaucoup d’eau peut passer sous les ponts politiques », avance un ancien ministre travailliste. Cependant, un dirigeant du Mouvement Patriotique laisse glisser une expression lourde de sens dans la conjoncture actuelle : « Il n’y a pas de fumée sans feu. » Effectivement, Xavier-Luc Duval n’aurait pas dit à l’Assemblée nationale, au sujet de la construction des drains : « Mille fois Bachoo » s’il n’avait pas eu sa petite idée en tête.

On devrait y lire une véritable opération de blanchissage de l’ancien ministre des Infrastructures publiques qui avait été diabolisé par le pouvoir en place après l’effondrement d’une partie de la nouvelle route Terre-Rouge/Verdun. Il a fallu plus de Rs 300 millions pour réparer cette route qui a coûté environ Rs 4 milliards. Comme quoi, le leader du PMSD donne à Anil Bachoo un certificat de compétence pour reprendre ce portefeuille au cas où le PTr revienne au pouvoir. A contrario, le leader du PMSD ne cesse d’octroyer des certificats d’incompétence aux ministres mis sur le gril par la Private Notice Question (PNQ) chaque mardi.

Quoi que puissent dire ouvertement les dirigeants du PTr, du PMSD et du MP, en secret on évoque la formule 40 : 20 pour le partage des investitures. Sans l’ombre d’un doute, le PTr s’adjura de 40 tickets. Les 20 restants seront partagés entre le PMSD, le MP, la Plateforme Militante de Steeve Obeegadooo et sans compter le député indépendant Kavi Ramano. Tout indique que le PMSD souhaite obtenir au minimum 14 tickets comme en 2014 avec le MSM et le ML dans l’alliance Lepep.

Cette alliance prendra forme durant la campagne électorale en vue de la partielle dans la circonscription No 7. Tout de même, les leaders ne seront à la table des négociations qu’après la dissolution du Parlement.


Les énigmes d’une alliance MSM-MMM

Remake 2000
Au bon vieux temps du Remake 2000

Alors que l’entente se dessine entre PTr-PMSD-MP-PM, l’écart ne se resserre pas entre le MSM et le MMM. Et cela principalement en raison de deux pierres d’achoppement : Paul Bérenger et Ivan Collendavelloo.

D’un côté, un fort courant au sein du MSM est réfractaire à l’idée d’avoir le leader du MMM, Paul Bérenger, au sein du cabinet des ministres. L’option privilégiée est de l’envoyer à Réduit. Mais le leader du MMM ne veut pas en entendre parler. Selon son entourage, Paul Bérenger a déjà fait une croix sur la formule à l’israélienne. En d’autres mots, pas de partage du mandat du Premier ministre. Si l’accord est conclu, Pravind Jugnauth sera présenté comme Premier ministre pour cinq ans. Toutefois, Paul Bérenger insiste pour être présenté comme Deputy Prime Minister.

De l’autre côté, le MMM n’est pas chaud à l’idée de garder le ML d’Ivan Collendavelloo dans une alliance avec le MSM. Reste à savoir si Pravind Jugnauth jettera son Premier ministre adjoint comme une vieille chaussette. Voire, lui vouer le même sort que Navin Ramgoolam avait accordé à Xavier-Luc Duval en 2014 en s’alignant avec le MMM de Paul Bérenger.

Face à une alliance PTr-PMSD-MP-PM, ni le MSM et non plus le MMM ne pourra se permettre de briguer les suffrages en solo. Le risque de défaite est trop élevé. Ce sera une occasion gâchée par Pravind Jugnauth pour se faire élire comme Premier ministre. Et cela pourrait être le début de la fin du MMM compte tenu de l’âge de Paul Bérenger et de la longue série de défaites électorales des mauves.


Élection partielle : Attente nerveuse du ‘Writ of Election’

Élection partielleContre le souhait de tous les leaders des partis de l’Opposition, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a maintenu que l’élection partielle dans la circonscription No 7 (Piton/Rivière-du-Rempart) aura bel et bien lieu. Mais à ce jour, Anne, ma chère Anne, ne vois-tu pas le ‘Writ of Election’ à l’horizon ? « Non, même pas une lueur », répond-elle. Au fait, d’après les Representation of the People Regulations, le président de la République a jusqu’au 19 juin pour l’émettre.

Compte tenu du fait que le mandat de ce gouvernement se termine le 20 décembre, on s’attend à ce que l’élection partielle se tienne au plus vite. Sinon le nouvel élu ne siègera que quelques semaines, sauf si le Premier ministre a l’intention d’organiser les élections générales à mi-2020. C’est pour cette raison que les leaders des partis de l’Opposition insistent unanimement  que cette partielle n’a pas sa raison d’être. Dans une interview à Le Défi Plus, hier, Jean-Claude de l’Estrac observe une hésitation dans l’approche du Premier ministre : « Après avoir vraiment envisagé de tenir cette partielle, il me semble que Pravind Jugnauth hésite maintenant. Et plus le temps passe, plus il deviendra aberrant et onéreux de faire élire un député pour quelques mois de mandat. »

L’ancien ministre des Finances et rédacteur-en-chef observe aussi que l’alliance gouvernementale semble vouloir tenir le plus longtemps possible. « Si cela va jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale en décembre, on ne pourra rien lui reprocher. Si elle cherche à se maintenir au-delà, même en se prévalant des dispositions constitutionnelles, elle sera sous très forte pression. À voir la montée croissante des récriminations, je ne crois pas que ce jeu en vaut vraiment la chandelle », prévient-il.

Cette partielle a pour but de remplacer, à l’Assemblée nationale, Vishnu Lutchmeenaraidoo qui avait soumis sa démission le jeudi 21 mars 2019. Soit  cinq jours avant la rentrée parlementaire. Et de surcroît en l’absence du Premier ministre qui était en mission en Grande-Bretagne.

Quoi qu’il en soit, l’attente est nerveuse pour les politiciens, surtout pour les rouges qui sont déterminés à aligner un candidat.

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