mercredi , 16 octobre 2019
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Feroze Abdoolah

Marchand de samoussas : Feroze Abdoolah perpétue une tradition familiale

Feroze Abdoolah, qui vend des samoussas en arpentant les rues de la capitale, doit surtout veiller à ne pas attirer sur lui l’attention des inspecteurs municipaux et des policiers. Gagner sa vie est devenu pour lui un exercice périlleux.

Jeune déjà, Feroze filait un coup de main à son père, Aboobakar, en abandonnant l’école pour préparer les samoussas à la maison. Il venait pourtant d’être reçu aux examens de VIe (l’équivalent du CPE). Il avait 13 ans et il se lançait dans une nouvelle aventure. «Franchement je ne pensais pas qu’un jour j’allais moi aussi vendre les samoussas. Au fait je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire, car à mon époque la vie était différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Ce sont nos parents qui décidaient pour nous », nous dit-il.

Son père avait de bonnes raisons pour le déscolariser : l’éducation n’était pas gratuite et les frais de scolarité au collège étaient hors de portée de sa bourse et surtout une nouvelle paire de bras allait être bénéfique à son business. Ainsi donc, le petit Feroze est resté à la maison pour préparer les samoussas. Il a vite fait ses gammes et est passé maître dans la confection de samoussas.
Cependant, ce n’est qu’après son mariage avec Shireen qu’il allait enfin se mettre à son compte. Il allait à son tour se faire aider par son épouse pour préparer les samoussas. Avec le recul, il se dit reconnaissant envers son regretté père qui lui a appris les ficelles du métier.

Les temps ont changé et Feroze n’a pas la partie facile pour écouler ses samoussas. «Il est difficile de trouver une place pour travailler à Port- Louis. Alors deux à trois fois par semaine je sillonne les rues pour vendre mes samoussas. Heureusement que mes clients me connaissent et retournent vers moi. Et ça me soulage», nous laisse-t-il entendre.

Feroze se réveille chaque matin à 4 heures du matin pour commencer à préparer ses beignets triangulaires. Il est épaulé dans sa tâche par son épouse, Shireen. Après avoir accompli la swalaat Fajr, il met la main à la pâte de nouveau pour finalement quitter son domicile à Terre-Rouge à 9 heures du matin sur sa vielle bicyclette qu’il pédale jusqu’à Port-Louis. C’est devenu sa routine. Des fois il se sent très fatigué mais il a besoin de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille.

À notre question s’il ne se sent pas persécuté par la police ou les officiers de la municipalité,  Feroze nous répond qu’il les comprend. « Franchement, je n’ai rien contre les officiers de la municipalité ou contre les policiers. Ces gens reçoivent des ordres de leurs supérieurs. Et je ne suis là pour leur créer des problèmes », dit-il. Feroze aurait souhaité trouver un lieu convenable pour travailler pour ne pas avoir des problèmes. Il veut seulement gagner sa vie honnêtement.

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