vendredi , 15 décembre 2017
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Le Dr Moussa en compagnie de son épouse et ses enfants
Le Dr Moussa en compagnie de son épouse et ses enfants

Maladies cardiovasculaires – Dr Fazil Moussa : «La communauté musulmane est plus à risque»

La mauvaise hygiène de vie, le stress et l’alimentation désordonnée sont les principales causes des maladies cardiovasculaires à Maurice. C’est le constat du Dr Mohammad Fazil Moussa, cardiologue attaché à l’hôpital Dr Jeetoo. La communauté musulmane plus à risque.

Le Dr Moussa note un rajeunissement de personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires. L’ampleur de la maladie cardiovasculaire est assez conséquente à l’île Maurice. Le Dr Moussa indique qu’il y a une forte prévalence  des facteurs de risque cardiovasculaire chez les personnes qui souffrent de diabète. « 35% de la population est diabétique et l’obésité  provoque davantage les risques de maladies cardiovasculaires », souligne-t-il.

Le Dr Moussa fait ressortir que les maladies cardiovasculaires viennent en 2ème position derrière le cancer au classement des causes de mortalité. Auparavant cette maladie affectait les sujets âgés mais de nos jours la tendance s’est inversée car beaucoup de jeunes au-dessous de 30 ans sont touchés. La cigarette, le stress, le manque d’activité physique sont des facteurs de risque cardio-vasculaire chez les jeunes.

Le Dr Moussa indique que le premiers  symptômes qui indiquent qu’une personne est cardiaque sont la douleur à la poitrine, une douleur aiguë au bras gauche et à la mâchoire. Il existe aussi des symptômes de forte douleur, de sueurs froides et d’essoufflement après une activité poussée.

Le taux de mortalité pas élevé

Le Dr Moussa constate que l’île Maurice a fait un pas de géant dans le traitement des maladies cardiovasculaires. Avec les traitements qui sont prodigués par les médecins dans les hôpitaux, le centre de cardiologie à Pamplemousses et dans les cliniques privées, le taux de mortalité lié aux problèmes cardiovasculaires n’est pas alarmant. « Le centre de cardiologie à Pamplemousses est bien équipé pour permettre des opérations cardiaques à risque. Le gouvernement a investi énormément pour le traitement interventionnel », indique le Dr Moussa.

Outre le traitement interventionnel, il existe aussi des facilités pour le dépistage des maladies cardiovasculaires. L’île Maurice peut se vanter d’avoir des cardiologues pouvant rivaliser avec les meilleurs médecins étrangers.

Le Dr Moussa précise que dans des cas d’artères obstruées, l’angioplastie est recommandée. Il s’agit de la dilatation des artères du cœur avec la pose  d’un stent (ou ressort). Quand le médecin découvre que l’artère d’un patient est obstruée, où s’est rétrécie, une opération d’angioplastie est recommandée pour placer un stent pour ouvrir l’artère afin de faciliter la circulation du sang. Par contre une opération est recommandée  lorsqu’il s’agit de lésion connue comme «Left  Main». Les médecins interventionnels ont recours au pontage coronaire et c’est assez risquant. Mais le Dr Moussa précise qu’avec les technologies avancées au centre de cardiologie il y a moins de risques qu’auparavant. Pour éviter d’être un malade cardiaque il faudra une modification de mode de vie, un contrôle plus strict du diabète, moins de sel dans le repas et une perte de poids. Si en 2013 les maladies cardiovasculaires étaient la première cause de mortalité à l’île Maurice. Quatre ans après, la prévalence de la maladie cardiovasculaire est en 2ème position après le cancer. Beaucoup plus de personnes meurent de cancer que de troubles cardiaques.

La communauté musulmane plus à risque

Le Dr Moussa indique que c’est un fait que davantage de patients cardiaques proviennent de la communauté musulmane et que donc ce groupe ethnique est le plus à risque.  La faute au manque d’activité physique  et à de mauvaises habitudes  alimentaires :   repas à base d’huile et de graisse et consommation de boissons gazeuses. Résultat : taux de cholestérol élevé  et  surpoids.

Le Dr Moussa indique que les femmes  avant l’âge de la ménopause sont plus protégées que les hommes face aux maladies cardiovasculaires. Mais après la ménopause, une femme court le même risque qu’un homme d’être atteinte  d’une maladie du cœur. Il conseille une alimentation saine : plus d’apport de fibres, plus de salades et  moins d’hydrates de carbone ainsi que l’abandon de la cigarette et des boissons gazeuses et surtout de gérer le stress et l’insatisfaction. Il conseille aux patients diabétiques de se soumettre chaque année à des tests de dépistage de maladies cardiaques et surtout de suivre les conseils de leurs médecins.

Portrait duDr Fazil Moussa

Natif du ward 4 dans la capitale, le Dr Mohammad Fazil Moussa a connu la joie de participer à des matches de football au Champ de Mars et à la Marie Reine de la paix. Étudiant à l’école primaire Raoul Rivet (ex-Champ de Lort) le jeune Moussa, élève très doué, décroche la petite bourse en 1979. Son père, Carrim Moussa, ex-charge nurse à l’hôpital Jeetoo, et sa mère, étaient des gens modestes qui avaient une croyance absolue que seule l’éducation pouvait ouvrir la porte du succès. Fazil Moussa a connu une enfance heureuse entouré de sa famille et de ses amis de la rue De Courcy.

En 1980, il fait son entrée au collège du St Esprit. Il se souvient de son premier jour pour la rentrée accompagné de son père qui était fier de  lui. Fazil Moussa,  eu comme recteur un certain Cyril Leckning un homme discipliné. Il se souvient des conseils de Michaël Glover, professeur d’éducation physique et sportive qui lui avait conseillé de pratiquer le sport et de ne pas négliger les études. En 1986  il est brillamment reçu aux examens de la Higher  School Certificate (HSC).Ses parents étaient fiers de son succès et son père n’a pas hésité à financer ses études à  l’étranger.

En effet  Fazil voulait emboîter le pas à son père et soigner les malades. En attendant le début des cours, il avait pris de l’emploi à l’imprimerie du gouvernement. En 1993 il s’envole pour le Pakistan pour être admis à l’université de Quaid -e -Azam Medical College afin d’entreprendre des études en médecine. En 1999, il retourne au pays pour faire son internat à l’hôpital Jeetoo sous la responsabilité de l’actuel ministre de la Santé,  le Dr Anwar Husnoo et de l’actuel directeur de l’hôpital Jeetoo, le Dr Ismet Nawoor. « Ce sont eux qui m’ont guidé et m’ont montré comment prendre soin d’un malade », dit-il.

En 2003 il est recruté comme médecin généraliste à l’hôpital Jeetoo. De 2003 à 2009  il est posté à l’hôpital Victoria à Candos. En 2007 il a l’opportunité de suivre un cours sur la santé publique au Mauritius Institute of Health. La soif de connaissances et l’envie d’apprendre l’emmènent en Chine en 2009 pour sa spécialisation en cardiologie à la Dalian Medical University.

En 2013, il est nommé cardiologue et est posté à l’hôpital Jeetoo. Le Dr Fazil Moussa travaille aussi dans les cliniques privées. Son approche humanitaire l’a propulsé au rang des médecins qui sont très appréciés par les malades. Malgré un emploi du temps chargé, il s’adonne au travail social et ne refuse jamais de se déplacer pour ausculter les patients au domicile. Très souvent il le fait gratuitement et participe à des activités médicales organisées par des clubs et organisations.

En 2000 il découvre l’amour et ne peut résister au sourire de la Pakistanaise Fatima Zehra Ansari. Cette dernière est enseignante au collège Notre Dame. Le couple a trois enfants. Fareeha est étudiante en form V au QEC, Wardah est en forme III au QEC et le dernier Rehan Muhammad Fazil.

Fazil Moussa a des mots élogieux pour ses parents, son épouse, ses enfants, ses collègues et ses professeurs d’université qui occupent tous une place spéciale dans son cœur.

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