samedi , 18 novembre 2017
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Leur combat en 2017

Véritables éveilleurs de conscience, travailleurs sociaux et syndi­calistes ont été actifs sur tous les fronts en 2016. Certains d’entre ceux qui ont été sous le feu des projecteurs, Salim Muthy, George Ah-Yan, Ally Lazer, Shamima Patel Teeluck, Rashid Imrith et Ali Jookun, comptent redoubler d’ardeur en 2017 pour faire avancer encore plus loin leur noble cause.

Ali Jookun président de U -Link : « Pour plus de respect envers les personnes handicapées »

Ali Jookun, l’infatigable président de U-Link, association qui s’occupe des handicapés mentaux et physiques, sera plus présent dans les forums pour faire entendre sa voix afin de donner plus d’impulsion à la lutte en faveur des enfants en situation de handicap. Ali Jookun militera pour plus de respect pour les personnes vulnérables. Il compte solliciter le ministère de la Sécurité sociale pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de barrière quand il s’agit de venir en aide à ces personnes. Ali Jookun fait ressortir avec un brin de fierté que son association a mis l’île Maurice sur la carte mondiale avec des photos qui ont été primées au quartier général des Nations unies lors d’une exhibition. Le président de U-Link ne compte pas baisser les bras malgré les moyens limités. Il lance un appel aux firmes privées pour considérer avec sympathie les demandes d’aide en faveur des personnes en situation de handicap.

Dr Wassim Ballam, président de la Medical & Health Officers Association : « Obtenir la révision des modalités du shift-system »

Le président de la Medical & Health Officers Association (MHOA), le Dr Wassim Ballam, ne dormira pas sur ses lauriers en 2017. Le combat de son association sera axé sur la révision des modalités du shift-system. Selon le Dr Ballam, la situation est pire qu’auparavant et pour les 81 médecins concernés, la vie familiale et sociale est inexistante. Depuis le mois d’avril 2016, date à laquelle le shift-system a été appliqué, l’absentéisme est en hausse. L’association a déjà déposé devant la Commission for Conciliation and Mediation au ministère du Travail et une réponse est attendue le 25 janvier 2017. « Au cas où les médecins n’obtiennent pas satisfaction, un recours en cour suprême n’est pas à écarter. Une action syndicale est à l’étude mais rien n’est encore décidé. Une dictature s’est installée au niveau du ministère de la Santé. Le principal combat de l’association sera de forcer le gouvernement à trouver une solution et revoir les modalités du shift-system », dit-il. Le président de la MHOA avance que l’année 2017 sera cruciale pour le secteur médical. « Une année cruciale parce que tout est possible en 2017. Nous avons ce cas devant la Commission de Conciliation et de Mediation et un autre cas en Cour. Le procès se poursuivra en 2017 et nous verrons ce qui va se passer», dit-il.

Selon le Dr Ballam, des développements et des projets d’infrastructures sont attendus en 2017. « L’année s’annonce positive surtout avec les projets annoncés par le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie. Si les projets se concrétisent, ce sera salutaire pour le secteur. Ce n’est pas seulement les médecins qui vont en bénéficier mais la population en général», affirme le médecin. Notre interlocuteur dit également souhaiter que l’année 2017 soit l’année du recrutement des médecins. « Notre association a toujours été pour le recrutement des médecins. Nous en avons grand besoin. Si nous avons plus de médecins, nous pourrons offrir un meilleur service aux patients. La charge de travail des médecins va par conséquent grandement diminuer », avance-t-il.

Sajeda Dauhoo, présidente de SOS Poverty: « Chercher d’urgence des fonds d’aide »

Sajeda Dauhoo, la présidente de SOS Poverty, ne compte pas baisser les bras malgré les difficultés financières qui se profilent à l’horizon après la création d’une National CSR Foundation qui privera l’association de fonds conséquents. « À partir de 2017, 50% de l’argent de la CSR ira dans les caisses de la Fondation et en 2018, ce sera 75%. Or, c’est avec l’argent de la CSR que SOS Poverty finançait ses activités », fait ressortir Sajeda Dauhoo. Elle ajoute qu’elle n’est pas sûre de garder les employés attachés à la crèche pour des enfants défavorisés dont les mères travaillent. D’autre part, avec l’argent recueilli, SOS Poverty payait les salaires des employés de l’école maternelle et offrait aussi un repas chaud à chaque enfant. « 2017 sera une année cruciale pour SOS Poverty », dira Sajeda Dauhoo. « La lutte continue mais elle sera difficile », dit-elle. Dès l’entame de 2017, elle s’attellera à trouver des fonds pour financer les activités. Au cas contraire, elle devra se résoudre à mettre la clef sous le paillasson. Elle lance ainsi un appel d’aide à des philanthropes pour financer les activités de son organisation. «Si j’ai une personne par famille qui est disposée à sponsoriser un enfant défavorisé, je pourrai au moins continuer le combat contre la pauvreté », dit-elle.

George Ah-Yan, travailleur social : « Je serai sur tous les fronts »

L’inoxydable George Ah-Yan indique qu’il sera présent sur tous les fronts en 2017. George Ah-Yan, qui se définit comme un militant de la justice sociale, est satisfait de son combat en 2016 qui a atteint ses objectifs. Ses amis et lui ont remporté 5 affaires en cour de justice:

  • Les magistrats ont fait stopper les travaux à la Cambuse.
  • Verdict en faveur des pêcheurs à Trou d’eau douce.
  • Les chauffeurs de taxis des villages peuvent aller chercher des clients à leur demande dans les hôtels.
  • La cour a ordonné à Pandit Sunkur de faire démolir son restaurant sur une parcelle de plage à Trou aux Biches.
  • Verdict en faveur des plaisanciers.

George Ah-Yan réaffirme mener son combat comme un citoyen et insiste que ses actions et ses prises de position sont apolitiques et sont menées en toute indépendance. En 2017, il sera sur le terrain pour faire bloquer le projet à Pomponnette où le ministère du Logement et des Terres veut octroyer 928 mètres de plage au secteur privé à St-Felix. Une campagne de sensibilisation débutera auprès des citoyens pour qu’ils ne se laissent pas berner. D’autre part, George Ah-Yan multipliera ses efforts dans son combat en faveur des victimes du “Sale by Levy”. Il interviendra auprès des institutions bancaires pour essayer de rechercher le rééchelonnement des paiements des prêts.

Jameel Peerally, militant écologiste : « Toujours présent contre l’injustice »

Le militant écologiste, Jameel Peerally, malgré son absence sur le terrain, garde un oeil vigilant sur tout ce qui se passe dans le pays. S’il a pris du recul c’est parce qu’il a constaté que les Mauriciens ne sont pas encore prêts pour mener le combat qu’il prône. Il affirme qu’il sera toujours présent pour combattre l’injustice et s’il faut descendre dans la rue il le fera tout comme dans l’affaire Toofany et la mobilisation en faveur de la Palestine. On se souvient que Jameel Peerally a été l’un des premiers militants écologistes à manifester et à faire entendre sa voix dans l’affaire CT Power. Jameel Peerally fait ressortir que la méritocratie doit primer sur le communalisme. « Mo pas fine abdiquer ni mo pas fine jette zarmes », dit-il. Jameel Peerally nous a fait comprendre que son silence n’est pas synonyme de capitulation ni de recul, mais plutôt une sorte de mise en retrait volontaire pour réfléchir quelle forme donner à son nouveau combat.

Rashid Imrith, président de la FSSC : « Faire concrétiser les attentes des fonctionnaires »

Rashid Imrith ne veut pas tirer des conclusions hâtives. Pour lui, le gouvernement n’étant qu’à mi-mandat, une analyse de la situation s’impose plutôt. En 2017, son combat sera de concrétiser les attentes des fonctionnaires. Il compte entamer des discussions sur les chiffres qui détermineront le salaire minimal. Rashid Imrith dit avoir constaté que les relations industrielles se sont dégradées et que le gouvernement a pris les fonctionnaires « for granted ». «Il n’y a pas de « meaningful discussion » entre l’État et les associations au niveau du service civil», souligne-t-il. Il dit aussi avoir constaté que depuis que le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a annoncé le projet Vision 2030, il y a un manque de dialogue et que l’État « has disregarded » le secteur public. « L’État n’accorde pas l’attention voulue à la fonction publique. Sans une collaboration étroite avec la fonction publique, le gouvernement souffrira . Il faut un  » competency need analysis » pour évaluer les compétences et chercher les failles.' »Bizin guetter dans ki secteur bizin compétences », laisse-t-il entendre. Le président de la FSSC trouve absurde que l’État ne discute pas non plus de la formation avec le syndicat. Il est d’avis que le Civil Service College est un « training provider ». «Pour qu’il fonctionne à plein régime, le syndicat doit avoir son mot à dire en ce qui concerne les formations requises sinon cela signifiera la mort lente pour le collège», estime-t-il. Rashid Imrith dit noter aussi que beaucoup de projets annoncés ne sont en vérité que des effets d’annonce. « Ancien régime ti conne même problème depuis 2006 », dit-il encore. Pour lui, il ne fait aucun doute que l’abolition du ministère de l’‘Economic Planning’ a fait beaucoup de tort. « Tous les projets annoncés sont des flops, car nous ne les regardons pas d’une façon holistique », conclut-il.

Salim Muthy : « Former des jeunes pour prendre la relève »

Salim Muthy veut former des jeunes pour prendre la relève et moraliser la vie politique. Il dit être en contact avec des jeunes universitaires et des professionnels pour les former à mener un combat socio-politique. « Ces jeunes suivent l’actualité de près et connaissent par coeur la façon de faire des politiciens. Il veulent redonner à la politique ses lettres de noblesse », nous dit le travailleur social. Ainsi, il lance un appel aux jeunes qui ont à coeur l’intérêt du pays de se joindre à ce groupe pour moraliser la classe politique. « Tout nouvel adhérent à ce groupe ne doit avoir aucune affinité avec un parti politique actuel », précise-t-il. Salim Muthy est d’avis qu’il faut insuffler du sang nouveau au sein de la classe politique « pou casse barrière communalisme » et « combatte corruption ». « Ces jeunes seront bientôt présentés à la presse », indique-t-il.

Ally Lazer, président des Travailleurs Sociaux de Maurice : « On va changer de stratégie dans notre combat contre la toxicomanie »

Ally Lazer, le président des Travailleurs Sociaux de Maurice, compte adopter une nouvelle stratégie dans son combat contre la toxicomanie. Pour lui, il n’est plus question de prêcher et de crier dans le désert et de faire des dénonciations à la police. Son combat en 2017 consistera à apporter un démenti à ceux qui disent que la situation de la drogue à Maurice n’est pas alarmante. « Avec d’autres travailleurs sociaux, nous avons mis au point une stratégie qui fera date dans les annales », dit-il. En effet, Ally Lazer compte demander à un parent dont l’enfant est mort d’une overdose de déposer le cadavre de celui-ci devant le parlement pour attirer l’attention du gouvernement sur le gros problème de la drogue synthétique. « Mo pou faire zotte trouve la réalité du problème la drogue synthétique », promet-il. Ally Lazer qui lutte contre le trafic de la drogue depuis 30 ans dit être fatigué des discours et dénonciations qui sont sans résultats. Il remercie la presse qui l’a toujours soutenu dans son combat. Il dit n’avoir pas peur de dire la vérité et que son action pour 2017 aura un effet positif sur la population.

Shamima Patel Teeluck, présidente de la Breast Cancer Care Association : « Une maison d’accueil pour les Rodriguaises »

Shamima Patel Teeluck, présidente de l’association Breast Cancer Care, s’inquiète du nombre élevé de femmes atteintes de cancer. Selon elle, environ 13 % de femmes à Maurice sont sûres d’avoir le cancer dans leur vie. Le travail sur le terrain continue et le maximum de personnes sont atteintes pour une campagne de sensibilisation. L’objectif principal de l’association c’est l’ouverture d’un centre d’accueil résidentiel pour les Rodriguaises qui viennent se faire soigner à Maurice mais qui n’ont pas de lieu d’hébergement. Malgré des moyens limités, Shamima Patel Teeluck fera en sorte que le centre d’accueil ouvre ses portes au début de janvier 2017 à côté de l’hôpital Victoria. Shamima s’envolera pour Rodrigues bientôt et aura une session de travail avec le commissaire à la Santé. Elle lance un appel au secteur privé pour participer à ce projet en faveur des femmes qui viennent se faire soigner chez nous et qui n’ont aucun toit. Dans beaucoup de cas, les femmes rodriguaises préfèrent ne pas venir à Maurice pour se faire soigner. D’autre part, dépendant du fonds dont disposera l’association, ,un deuxième psychologue sera employé pour aider à la réinsertion sociale et professionnelle des femmes atteintes de cancer.

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